À quelle heure les bus de chaque équipe doivent-ils quitter l’hôtel pour laisser aux joueurs suffisamment de temps pour s’échauffer une fois au stade ? Comment faut-il positionner les agents de sécurité pour bien contrôler les différentes zones d’accès ? En cas d’urgence médicale, quel itinéraire l’ambulance doit-elle emprunter ? Comment prendre soin du terrain pour que celui-ci soit en parfait état en vue de la rencontre ?

Pour veiller au bon déroulement d’une compétition, quelqu’un doit être en mesure de répondre à ces questions et disposer de l’autorité suprême pour prendre les décisions qui s’imposent. Lors des compétitions FIFA, c'est au coordinateur général qu'il incombe de prévoir tout ce qui est susceptible d'arriver avant, pendant et après le match.

Pour s’assurer que les coordinateurs généraux se conforment tous au même ensemble de principes et de directives, la FIFA convoque chaque année les hommes et les femmes chargés de chapeauter les différents tournois pour un séminaire intensif. Ainsi, du 18 au 20 mai 2016, Zurich accueillera les 17 coordinateurs généraux de la FIFA venus des six confédérations, qui œuvreront lors du Tournoi Olympique de Football de Rio de Janeiro, de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA en Colombie, de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA en Jordanie, de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA en Papouasie-Nouvelle-Guinée et de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA au Japon.

L’espace de trois jours, les coordinateurs généraux participeront à des séances théoriques et pratiques approfondies, afin de veiller à ce que toutes les opérations et procédures détaillées dans le manuel de 96 pages deviennent pour eux une seconde nature.

"Une grande part de la mission du coordinateur général consiste à s’adapter aux spécificités d’un site ou d’une situation. Néanmoins, l’adoption d’un cadre organisationnel solide demeure un gage de réussite essentiel. Voilà pourquoi nous organisons des séminaires tels que celui-ci", résume le directeur des compétitions de la FIFA Colin Smith. "La FIFA ne cesse d’organiser des tournois dans de nouvelles destinations, comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou la Jordanie cette année. Le travail des coordinateurs généraux garantit en quelque sorte une continuité. Au contact de ces professionnels expérimentés, les organisateurs locaux apprennent les meilleures pratiques opérationnelles, connaissances qu’ils peuvent ensuite appliquer dans le cadre de leurs compétitions locales."

Des parcours différents
Malgré ses apparitions régulières au sein de l’équipe du Ghana, Anthony Baffoe n’a jamais eu la chance de disputer le moindre match lors de l’épreuve mondiale. Cela ne l’a pas empêché de contribuer au bon déroulement d’un grand nombre de rencontres mondialistes, notamment la finale de l’édition brésilienne en 2014.

Coordinateur général de la FIFA depuis 2010, l’ancien défenseur des Black Stars fait partie des participants les plus aguerris de ce séminaire 2016. Pourtant, même pour les vieux briscards comme lui, les présentations effectuées au siège de la FIFA et les séances pratiques organisées au Letzigrund de Zurich se révèlent riches en enseignements. "On n’a jamais fini d’apprendre dans ce métier. Il y a tellement de facteurs et de scénarios possibles", explique le Ghanéen, qui foulera à nouveau la pelouse du Maracanã deux ans après la Coupe du Monde de la FIFA 2014™ pour superviser les rencontres du Tournoi Olympique de Football. "Nous sommes en quelque sorte les tauliers du site. À ce titre, c’est nous qui prenons les décisions majeures, même si l’une de nos principales qualités reste le soin du détail. Pour chaque situation et chaque élément de notre liste, nous devons prévoir un plan A et un plan B. Ça implique un tel niveau de concentration qu’une fois la partie terminée, on a le sentiment d’en avoir été l’un des acteurs."

De nouvelles recrues sont également présentes au séminaire, à l’image d’Erika Zaar. Âgée de 32 ans, cette dernière travaille pour le compte de la fédération suédoise de football (SvFF) depuis neuf ans et opère sur les compétitions depuis cinq ans. Durant cette période, elle a pris part à de nombreux tournois internationaux, en tant que membre de la délégation suédoise et auprès des Comités organisateurs locaux. Erika interviendra pour la première fois en tant que coordinatrice générale FIFA dans le cadre de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA en Jordanie, où elle mettra en pratique ses connaissances déjà acquises.

"Il est fascinant de devoir appliquer systématiquement les même critères d’exigence, indépendamment de l’importance de la compétition et du pays dans lequel celle-ci est organisée", explique l’intéressée à l’issue des premières sessions du séminaire. "Le nombre de spectateurs et de téléspectateurs est très variable et cela reste naturellement un facteur important. Mais il est impératif de suivre à chaque fois un ensemble de règles immuables. Il très appréciable de pouvoir s’appuyer sur un cadre organisationnel solide."

La prochaine fois que vous verrez un individu vêtu d’un uniforme FIFA placé devant les arbitres avant un match, ouvrez donc l’œil : vous pouvez être certain que chacun de ses pas au moment d’entrer sur la pelouse est rigoureusement synchronisé. Et tout cela n’est que la partie visible d’une mission bien plus vaste.