L'arbitrage est une activité exigeante, tant physiquement que mentalement, et la prévention des blessures est primordiale. Un arbitre doit être en forme, en pleine forme, d'autant qu'il n'est pas professionnel à plein temps, qu'il a souvent vingt ans de plus que les joueurs, et qu'il n'est pas d'usage de le remplacer en cours de match. Et à cette sollicitation physique s'ajoute un stress de quatre-vingt-dix minutes qu'il faut gérer sous les yeux des bancs de touche, des spectateurs et des téléspectateurs.
Conscient de l'importance de l'arbitrage, le Centre d'Évaluation et de Recherche Médicale de la FIFA (F-MARC) s'est penché sur les blessures et les maux des arbitres, publiant notamment Blessures des arbitres amateurs : enquête représentative sur des arbitres suisses de tout niveau, étude analysant les types et la gravité des blessures contractées par les arbitres.
Mario Bizzini, collaborateur du F-MARC et physiothérapeute à la clinique Schulthess, centre médical d'excellence de la FIFA à Zurich, est pleinement concerné par la santé des arbitres : "Ces dix dernières années, de nombreuses études ont analysé l'entraînement et les performances des arbitres, mais très peu se sont occupées des blessures et des pathologies musculo-squelettiques".
Un étude menée par le F-MARC s'était précédemment concentrée sur les blessures des arbitres suisses d'élite. Cependant, les soixante-et-onze arbitres des deux premières divisions du pays représentaient seulement un faible pourcentage des arbitres enregistrés en Suisse pour la saison 2005/06, ce qui soulignait la nécessité qu'avait le F-MARC de se pencher aussi sur les 489 arbitres officiant au niveau amateur.
"Il ne faut pas perdre de vue que les arbitres de la Coupe du Monde de la FIFA sont principalement des professionnels et que ces derniers ne représentent que 0,02% des arbitres du monde entier. En 2006, la FIFA totalisait plus de 840 000 arbitres et arbitres assistants enregistrés. Nous devons nous occuper aussi de ces centaines de milliers d'arbitres amateurs car nous savons, grâce à des études similaires réalisées sur des joueurs, que la fréquence des blessures varie en fonction du niveau de jeu", a expliqué Mario Bizzini.
Les résultats de l'étude montrent que les blessures des arbitres de haut niveau surviennent près de deux fois sur trois à l'entraînement (39% des blessures sont contractées en match), alors que les arbitres amateurs se blessent à 80% en cours de match. De plus, 44% des arbitres de haut niveau ont connu au moins une blessure durant leur carrière, contre 23% des arbitres amateurs.
Une autre différence entre les deux catégories est la fréquence des douleurs musculo-squelettiques : 86% des arbitres de l'élite s'en sont plaint comme conséquence directe de leur activité d'officiel de match, alors que ce chiffre n'est que de 25% chez les arbitres amateurs. Élongation des ischios-jambiers et entorse de la cheville sont les blessures les plus fréquentes chez les hommes - élite ou amateur - mais la grande majorité des blessures diffèrent de celles des joueurs car elles ne sont pas causées par contact.
