Par sa performance remarquée à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2007, l'Australie a prouvé que le football des antipodes possédait du talent à revendre. Si certaines joueuses de cette génération ont mis un terme à leur carrière internationale, de jeunes filles pleines de classe font déjà parler d'elles sur la scène mondiale avec les Matildas. L'une des plus en vue est la jeune attaquante Kyah Simon.
Tout juste âgée de 18 ans, la native de Sydney compte déjà une douzaine de sélections à son actif et a participé à deux campagnes qualificatives pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Au fil de ses apparitions, elle s'est montrée capable d'évoluer avec autant de bonheur aux postes d'attaquante et de milieu offensive. Simon possède ce que Tom Sermanni, l'entraîneur des Matildas, appelle un "sens inné" du jeu. Après avoir fait ses débuts internationaux chez les seniors à 16 ans, elle s'est rendue célèbre lors de la Peace Cup 2008 en inscrivant le but de la victoire à la dernière minute contre le Brésil.
Fière de ses origines, Simon est entrée dans le cercle étonnamment restreint d'aborigènes australiens ayant porté les couleurs nationales, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Parmi les autres cas, citons le défenseur des Socceroos Jade North, le capitaine d'Adelaide United Travis Dodd et Harry Williams, qui a disputé la Coupe du Monde de la FIFA 1974. Simon est donc devenue une sorte de modèle pour la communauté de plus en plus importante de jeunes femmes aborigènes s'essayant à la discipline.
Une affaire de famille
Ils sont nombreux les jeunes aborigènes à se consacrer à l'Australian Rules ou au rugby à XIII. Chez les filles, la situation est en train de changer. La gardienne des Matildas Lydia Williams, une autre jeune star montante, est elle aussi une aborigène issue de l'intérieur des terres, à l'ouest du pays.
Simon n'est pas la seule sportive de haut niveau de sa famille. Titulaire des Newcastle Jets en W-League, sa cousine Gema a également évolué à ses côtés avec les Young Matildas cette année. De l'autre côté de sa famille, son cousin Kyle Vander Kuyp, hurdler qui a participé à deux Jeux Olympiques, est une figure de la communauté aborigène. Ajoutez à cela les nombreux joueurs de rugby à XIII qui peuplent cette grande famille et vous comprendrez que le sport fait partie du patrimoine génétique de Kyah.
Malgré son jeune âge, Simon a récemment eu le privilège d'officier en tant qu'ambassadrice de l'Indigenous Football Festival, qui connaissait sa première édition à Townsville. "C'était super de voir tous ces jeunes aborigènes jouer au foot. C'est une bonne chose pour moi d'être considérée comme un modèle à suivre, cela a vraiment éveillé quelque chose chez moi. C'est clair qu'à ce festival, j'ai vu beaucoup de gamins qui ont de belles prédispositions."
Nouvelle vague
Les Matildas ont beau avoir atteint les quarts de finale de Chine 2007, elles n'auront pas la tâche facile pour se qualifier dans l'une des zones les relevées du football féminin. Au mois de mai prochain, l'Australie sera opposée à la Chine, à la RDP Corée et au Japon dans le tournoi qualificatif pour Allemagne 2011. La sélection aussie est en pleine reconstruction, mais la nouvelle vague s'est aguerrie et a pris confiance en disputant la W-League. Les U-20 ont manqué la qualification pour Allemagne 2010 avec dans leurs rangs de nombreuses joueuses ayant déjà évolué avec les Matildas, au premier rang desquelles Simon.
Bien que naturellement douée pour son sport, la jeune fille a su garder une modestie rafraîchissante, elle qui ne considère rien pour acquis, surtout pas en équipe nationale. "Tout d'abord, (mon objectif est de) consolider ma place dans le onze titulaire pour continuer à faire mon chemin", dit-elle humblement. Interrogée sur ses objectifs, elle glisse : "Et peut-être qu'un jour j'irai jouer aux Etats-Unis".
Simon a vu sa magnifique saison couronnée par la distinction de Meilleur joueuse U-20 de l'année 2009 reçue aux Australian Football Awards. Malgré cette reconnaissance, la jeune fille veut garder les pieds sur terre. "C'est vraiment un privilège d'être une sportive de haut niveau dans mon pays. Je prends vraiment plaisir à évoluer au sein d'un groupe. C'est bien simple, j'adore ce que je fais."
