Youssou N'Dour fait sans doute partie des artistes les plus connus au monde. Le célèbre chanteur sénégalais, récompensé par un Grammy Award, a multiplié les succès tout au long de sa carrière. Ses compositions aux côtés de musiciens reconnus comme Peter Gabriel ou Wyclef Jean sont encore dans toutes les têtes. En 1994, le tube "7 Seconds", interprété en duo avec la Suédoise Neneh Cherry, s'installe pour de longues semaines en tête des hit-parades du monde entier.
Parallèlement à ses activités musicales, N'Dour s'est engagé depuis de nombreuses années sur le terrain social en finançant divers projets. Au fil des ans, il s'est également associé à diverses œuvres caritatives : les concerts Live-8, la lutte contre la malaria avec la tournée "Africa Live" ou encore la campagne "Ta voix contre la pauvreté". On le retrouve fréquemment aux côtés d'Amnesty International, des Nations Unies ou de l'UNICEF afin de lutter pour de grandes causes.
Mais le football n'est pas totalement étranger à la renommée internationale de cet artiste hors du commun. A l'occasion de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998, il interprète la chanson officielle de la compétition, "La Cour des Grands", en duo avec Axelle Red. Ce mardi 25 mars, Youssou N'Dour était en visite au Siège de la FIFA de Zurich pour y rencontrer Joseph S. Blatter. FIFA.com est allé recueillir ses impressions à l'issue de cet entretien.
Monsieur N'Dour, qu'est-ce qui vous amène ici
?
Deux choses. En premier lieu, ma tournée européenne. En
effet, je suis ce soir en concert à Zurich. Mais également le grand
honneur d'avoir été reçu à la Maison de la FIFA par le
Président Joseph S. Blatter en personne. C'est une bonne
nouvelle, car je souhaitais faire part à la FIFA de certaines idées
concernant la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Entre le
football et la musique, nous disposons de deux superbes outils pour
rassembler les gens et réaliser de grandes choses sur le plan
social. J'ai amené avec moi quelques idées concernant des
projets un peu différents dont j'ai pu discuter avec M.
Blatter.
Tout le monde se souvient de la chanson officielle de la
Coupe du Monde de la FIFA 1998. Mais, vous-même, êtes-vous un
passionné de football ?
Je suis un fan de football. Ce sport possède un pouvoir
unique, celui de rassembler des personnes venues d'horizons
très divers autour d'une même passion. Lorsqu'on m'a
demandé si je voulais chanter la chanson officielle de France 98,
j'étais comme un fou ! Le football et la musique sont mes deux
passions. J'avais toujours rêvé d'assister à un match de
Coupe du Monde. Après avoir reçu cet appel, je crois bien avoir
pleuré de joie. Je suis extrêmement reconnaissant à la FIFA de
m'avoir offert une telle opportunité. Je sais aussi que la FIFA
s'est engagée dans de nombreux projets à vocation sociale et
j'aimerais moi aussi apporter ma pierre à l'édifice.
Quel souvenir gardez-vous des concerts organisés lors de la
Coupe du Monde de la FIFA 1998 ?
C'était magnifique. Lorsque j'ai chanté pour le
match d'ouverture, j'ai eu l'impression de représenter
mon pays. Le Sénégal n'était pas qualifié mais, grâce à moi, il
a tout de même participé à la fête. Sans doute ai-je fait office de
porte-bonheur car, en 2002, le Sénégal fut l'une des
révélations du tournoi. Voilà ce dont je me souviens lorsque je
repense à 1998.
Quel est votre plus beau souvenir en football ?
Sans hésiter, la Coupe du Monde 2002. Je m'étais levé
à 5 heures du matin pour assister au match d'ouverture contre
la France. Je me rappelle encore de la joie que j'ai ressentie
au coup de sifflet final. Je crois que tous les Sénégalais étaient
euphoriques, même le président de la république ! C'était
incroyable. Le lendemain, j'avais un concert à Madrid. Ce
n'est qu'en voyant les gros titres dans les journaux et à
la télévision que j'ai vraiment pris conscience de
l'ampleur de l'événement. Même le douanier à l'aéroport
m'a dit : "Bravo, le Sénégal !" Incroyable !
Avez-vous un joueur favori ?
La première fois que j'ai vraiment suivi une Coupe du
Monde, c'était en 1978. C'était un véritable événement, car
tous les matches étaient retransmis à la télévision au Sénégal, ce
qui n'était pas le cas auparavant. C'était une expérience
unique. Le joueur qui m'a le plus marqué était sans doute Diego
Maradona. Il n'a pas eu la fin de carrière qu'il méritait,
mais il reste l'un de mes joueurs favoris. J'ai aussi
beaucoup aimé Zinédine Zidane, George Weah ou encore Michel
Platini. Tous ces footballeurs étaient de grands champions, chacun
dans son style et à son époque.
Le Sénégal a été éliminé dès le premier tour de la Coupe
d'Afrique des Nations, Ghana 2008. Comment vos compatriotes
ont-ils vécu cet échec ?
La déception était immense et je crois que le pays ne
s'en est pas encore complètement remis. Quel dommage que tous
les efforts consentis par nos joueurs n'aient pas été payants !
Maintenant, il faut oublier ce triste épisode et nous concentrer
sur l'avenir. Il faut que les Sénégalais se rassemblent
derrière leur équipe pour l'aider à progresser. Après notre
échec au Ghana, il faut relever la tête pour retrouver des
résultats plus conformes à notre rang.
Dans les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA,
Afrique du Sud 2010, le Sénégal a été versé dans le groupe de
l'Algérie, du Liberia et de la Gambie. Quelles sont vos
chances, selon vous ?
C'est un groupe difficile, mais tout est possible. Sur
le papier, le Sénégal est évidemment favori. Cependant, nous allons
devoir très vite sortir de cette mauvaise passe, si nous voulons
assurer notre qualification.
Pour la première fois en 2010, la Coupe du Monde de la FIFA
se disputera sur le sol africain. Est-ce une échéance importante
pour ce continent ?
C'est un événement formidable et très excitant. Il
faut remercier la FIFA et le Président Blatter pour ce merveilleux
cadeau. De mon côté, j'espère qu'une équipe africaine
remportera la finale, même si la compétition s'annonce très
difficile. Nos représentants vont devoir travailler encore plus dur
pour avoir une chance de remporter cette première Coupe du Monde
africaine.
