"Le mois de septembre a été tout aussi intense que positif pour le football international et la FIFA. En résumé et presque en deux mots, je dirais qu'il a été question de bonnes nouvelles et de grands défis.

Bonnes nouvelles car j'ai pu constater les énormes avancées des préparatifs pour la Coupe du Monde 2010 lors de mon voyage en Afrique du Sud, et bonnes nouvelles également car, en allant rencontrer les ouvriers sur les chantiers des stades, j'ai été témoin de leur identification aux enceintes et à la compétition elle-même. Pour cette raison, je me suis engagé à ce que les vingt mille ouvriers qui travaillent à la construction ou à la rénovation des dix stades de la Coupe du Monde reçoivent chacun deux billets ; ils pourront ainsi assister avec leurs proches aux premiers matches disputés dans "leurs" stades.

Même pour le président d'une grande organisation comme la FIFA, rencontrer Nelson Mandela, Prix Nobel de la paix et ancien président de la République d'Afrique du Sud, est quelque chose d'exceptionnel. J'ai eu le privilège de m'entretenir avec cette personnalité au charisme incroyable à plusieurs reprises mais c'est à chaque fois un grand moment d'émotion que de se retrouver en face de cet homme qui a lutté durant sa vie entière pour l'égalité et la paix dans le monde. Ce que Nelson Mandela a fait pour son pays est à nul autre pareil.

Parmi les bonnes nouvelles, je citerais aussi ma rencontre avec le président de l'ANC, Jacob Zuma. C'est en effet dans une atmosphère très conviviale que nous nous sommes entretenus et j'ai alors pu constater avec plaisir que la Coupe du Monde de la FIFA reçoit le soutien de tous les partis politiques d'Afrique du Sud.

Fort heureusement, la Coupe du Monde n'est pas la seule source de bonnes nouvelles. D'autres aspects du football ont été porteurs d'espoirs, comme par exemple les avancées réalisées dans les négociations portant sur le principe du "6+5", résolution prise par le Congrès de la FIFA 2008 dans le but de renforcer les équipes nationales, ou encore la semaine de réunions qui a vu de nombreuses commissions de la FIFA se réunir à Zurich et faire avancer le football et nos compétitions au terme de fructueux débats.

En dix ans de présidence, je n'ai jamais cessé de clamer que le football peut rapprocher les peuples. Dernier exemple édifiant : le match qualificatif pour la Coupe du Monde qui a opposé la Turquie à l'Arménie et à l'occasion duquel le président turc Abdullah Gül s'est rendu à Erevan. Et bientôt, il nous sera donné d'assister fin octobre à un autre match historique : le premier disputé en Palestine, dans un stade cofinancé par la FIFA.

Mais toutes ces bonnes nouvelles ne seraient rien sans la grandeur des défis qui les accompagnent. Le football est à l'image de notre société, et il n'est pas toujours rose. Il connaît la tricherie, les paris illégaux, le racisme, autant de choses qui n'ont pas leur place dans notre sport. C'est pourquoi la FIFA se doit de justement relever tous ces défis pour un football juste, propre et sain. Le jeu en vaut la chandelle.

Pour le jeu. Pour le monde."

Joseph S. Blatter