CIES : deux étudiants égyptiens comblés
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Grâce à une interview croisée, faites la connaissance de deux étudiants égyptiens qui ont suivi la 4ème édition du Programme FIFA/CIES organisé en coopération avec l’Université du Caire. Il s’agit de Safia Abdel Dayem et Karim Fathi, deux jeunes gens passionnés de sport, auquel ils consacrent une grande partie de leur vie professionnelle, de leurs temps libre et même de leurs études…

Au travers de leurs réponses, Safia et Karim font part de leurs doutes et de leurs espoirs sur le management sportif de leur pays. Ils expliquent également comment les connaissances acquises avec le Programme FIFA/CIES pourront peut-être - demain - faire la différence.

Cursus académique
Safia: Jusqu’au Programme FIFA/CIES, mes études n’avaient rien à voir avec le sport. Auparavant, j’ai achevé un bachelor en communication liée au marketing et en psychologie à l’Université Américaine du Caire… Vous pourrez toujours me dire qu’il faut être un bon communiquant et un fin psychologue pour évoluer dans le sport actuel….

Karim: Pour ma part, j’ai mélangé des études classiques en administration commerciale et marketing - également dans les salles de classe de l’Université Américaine - et une formation  dans le sport. En effet, j’ai obtenu la Licence C de la CAF en management sportif l’été dernier.

Activités professionnelles
Safia: En ce qui concerne mes activités professionnelles, alors oui, je baigne dans le sport, ce qui me plaît énormément. Je suis entraîneur de football diplômée et deviendrai prochainement la première femme à la tête d’une équipe masculine en Egypte. C’est une réussite dont je suis très fière.

Karim: En fait, je suis encore un étudiant. Mais pas le profil à être toujours penché sur ses livres ou planté devant son ordinateur, loin de là ! Je m’implique dans plusieurs activités non-académiques au sein de mon université. J’effectue également un stage auprès d’une entreprise active dans l’éducation. Sans oublier un projet que je mène avec quelques amis. 

Activités sportives
Safia: Inutile de dire que je joue au football ! Mais je ne suis pas exclusive. Dans la mesure du possible, j’aime aussi varier mes activités physiques. J’apprécie la course à pied. Récemment, je me suis mise à la boxe, au volleyball et à la natation. Il faut savoir éviter la routine.

Karim : Parlons plutôt de mes activités dans le sport. Actuellement, je suis manager du Système de Régulation des Transferts (TMS) de la FIFA pour le Zamalek Sporting Club. Je suis aussi le responsable des transferts de joueurs. A ce titre, je travaille principalement dans les domaines du "scouting", du marketing, de la recherche et du développement. J’épaule aussi le département des relations publiques du club.

Sports favoris
Safia: Sur un terrain, le football. A la télévision, toujours le football mais aussi le tennis et l’athlétisme. 

Karim : Je pourrais presque répondre la même chose. Le football, en long et en large, sous toutes ses formes. J’ajouterais le tennis de table et le volleyball, surtout lors des Jeux Olympiques.

Loisirs
Safia: Courir. Mais je sais aussi m’ouvrir à d’autres choses que le sport. La lecture, la peinture. J’aime aussi les voyages, découvrir d’autres horizons, d’autres manières de penser. Sans oublier rencontrer de nouvelles personnes, se faire de nouveaux amis. 

Karim: Ce que j’apprécie le plus ? Lire des essais sur le sport, l’histoire et la politique. Je me tiens aussi informé de tout ce qui touche de près ou de loin au football. Ça vous étonne ? De manière plus générale, je m’intéresse à ce qui est nouveau, à ce qui bouge dans le vaste monde. Et, en digne enfant du XXIème siècle, je suis un fanatique des jeux vidéo. Actuellement, je passe la plupart de mon temps avec FIFA 2013, et il me tarde de pouvoir m’immerger dans Football Manager 2013.

Pour quelle raison la ville du Caire vous plaît-elle ?
Safia: Je vais être très pragmatique : j’aime le Caire parce que j’y ai ma famille et la plupart de mes amis.

Karim: Le Caire me plaît parce que la plupart de ses habitants sont amicaux, savent encore ce que signifie s’entraider. C’est particulièrement vrai en périodes difficiles, lors de crises, comme la récente révolution.

Et qu’est-ce qui fait du Caire une ville difficile à vivre?
Safia: Cela tient en deux mots : le trafic automobile et la pollution ! Avec ces deux plaies, on ne parle plus de vivre mais de survivre.

Karim: Je partage l’avis de Safia. Les rues constamment encombrées font du Caire une ville souvent insupportable. Un Cairote passe en moyenne la moitié de ses journées dans la rue, empêtré dans les bouchons entre sa maison et son bureau, le supermarché ou n’importe quel autre endroit où il doit se rendre.

Chanteur favori
Safia: Je suis prise au dépourvu. En fait, je ne suis pas très branchée musique, ou plutôt j’aime bien la musique mais n’ai pas d’idole absolue parmi les chanteurs. Je ne suis pas très groupie…

Karim: Faut-il vraiment répondre ? Alors peut-être Maroon 5.

Animal favori
Safia: Les chiens. Ils sont proches de nous et loyaux. En un mot, le meilleur ami de l’homme, qui n’est certainement pas le meilleur ami de lui-même…

Karim: Je dirais les dauphins. Ce sont des créatures amicales, intelligentes, qui apprennent rapidement. Et, par-dessus tout, qui sont prêtes à nous aider en cas de difficultés en mer. Oui, je pense qu’ils savent être de vrais amis pour nous. 

Pays de rêve
Safia: Il n’y a pas à hésiter. Si je mets mes habits de sportive, ce sont les Etats-Unis. Pour la simple et bonne raison que ce pays offre un extraordinaire programme de formation pour le football féminin. Celui-ci encourage l’éducation en dehors des terrains de jeu. Il est ouvert à toutes les filles de 4 ans et plus sur tout le territoire. C’est simplement fantastique, sans limites…

Karim: Certainement un pays anglophone. Je pourrais facilement m’y adapter car je maîtrise la langue. Je citerais les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Avec un grand faible pour l’Angleterre, le pays numéro 1 du football qui est pour beaucoup de ses habitants - comme pour moi - une seconde religion…

Plus grande qualité
Safia: Sans hésitation, mes qualités de leader. Ce qui est parfait car j’avoue que j’aime bien diriger...

Karim: Je pense que je sais mener à bien la plupart de mes tâches et assumer mes responsabilités, même si cela demande un grand investissement en temps, en énergie, à la recherche de la meilleure solution. Je ne suis pas quelqu’un qui renonce facilement. J’aime le mot “persévérance” qu’il faut se garder de confondre avec “obstination”.

Plus grand défaut
Safia: Il faut n’en énumérer qu’un seul ? Alors disons mon caractère colérique. Je peux exploser très facilement. Et malheur à ceux qui ne prennent pas leurs jambes à leur cou…

Karim: Ca peut paraître paradoxal par rapport à ce que je viens de vous dire. Mais mon plus grand défaut est de m’attacher rapidement à quelque chose, pendant très peu de temps. Ensuite, il me faut tourner la page, passer au chapitre suivant, faire une autre découverte…

En qui ou en quoi aimeriez-vous être réincarné ?
Safia: Certainement un oiseau. Je pourrais prendre mon envol, voyager à travers le monde, explorer des contrées inconnues, apprécier des cultures différentes autant que possible.

Karim: Une fois de plus, je reste dans l’univers du football. Sir Alex Ferguson !Faut-il encore présenter l’entraîneur du Manchester United ? Ce qui me fascine le plus, c’est sa longévité et son énergie, sa passion. Entraîner la même équipe pensant si longtemps et conserver un enthousiasme intact, comme si chaque jour était son premier au sein du club...

Un principe fondamental dans la vie
Safia: L’intégrité. Les personnes qui sont intègres basent leur vie sur de forts principes moraux. Je crois que cela mène au succès dans beaucoup de domaines, même s’il faut parfois faire preuve de patience. 

Karim: Je citerais deux phrases : "Traite les autres comme tu aimerais être traité toi-même" et "Si tu fais le bien, tu seras récompensé par le bien."

Comment avez-vous entendu parler du Programme FIFA/CIES ?
Safia: C’est Amr Moheb, le coordinateur CIES en Egypte, qui a attiré mon attention sur le Programme lors d’un cours pour les entraîneurs de football féminin organisé par la FIFA. Amr sait faire une excellente publicité. Et j’en fais aussi, puisque mon frère a commencé le Programme cette année. 

Karim : De la bouche d’un autre membre du Réseau Universitaire International FIFA/CIES, Zohair Ammar, qui est le manager du Programme en Egypte. J’ai aussi lu des articles en surfant sur internet. 

Quelles sont les bénéfices du Programme?
Safia: Les premiers bénéfices viennent évidemment des contenus des modules et de l’enseignement. Mais les avantages d’un tel Programme sont bien plus vastes. Le réseau qu’il vous permet de créer est incroyable, dépasse ce que d’autres cours ou diplômes peuvent vous offrir. Il suffit de considérer toutes les personnes - étudiants, professeurs, conférenciers - qui interagissent entre eux. La plupart viennent de l’industrie du sport et partagent leurs connaissances, leurs expériences. Que désirer de plus ?

Karim: J’ai pleinement profité du Programme. Il m’a permis de réunir de nombreuses informations pratiques de la bouche de personnes actives dans le sport. C’est très différent de ce que proposent les autres cours, essentiellement basés sur la théorie. En un mot, un des aspects le plus important est la création et le développent d’un réseau. Les autres participants du Programme ne sont pas seulement des étudiants sagement assis en classe. Ils peuvent devenir vos futurs partenaires au plan professionnel. 

Avez-vous pu utiliser certains des enseignements du Programme ?
Safia: Oui, sans aucun doute. J’ai déjà pu employer de nombreux outils dans les domaines allant du droit à la planification stratégique. Pour ma part, j’utilise surtout les nouvelles connaissances acquises en marketing et management. Et pas seulement au travail mais également dans ma vie sociale.

Karim: Le Programme m’a permis de découvrir de nouvelles techniques et m’a donné accès à des informations qui m’étaient inconnues. En particulier, je garde d’excellents souvenirs des modules de marketing et de droit, mes deux domaines de prédilection.

Une anecdote à mentionner?
Safia et Karim : Oui. Lorsque les étudiants ont décidé d’organiser un match de football. La rencontre était très internationale, avec des joueurs venant d’Egypte, du Qatar, du Nigeria et du Soudan. L’occasion de nous divertir et de resserrer nos liens. Mais ce qui nous a surtout impressionnés,  c’est de voir combien le sport pouvait réunir et unir tout le monde sur le même terrain. Un moment d’entente privilégié, sans même prononcer la moindre parole.

Karim : Et en plus, j’ai marqué trois buts…

Quel est le principal défi auquel doit faire face le sport en Egypte?
Safia: Clairement, c’est la corruption. Non seulement en Egypte mais partout dans le monde. Il y énormément d’argent dans le sport d’aujourd’hui. Ce qui favorise les intérêts personnels. Pour changer les choses, il faut que la jeune génération, avec sa passion et ses connaissances, puisse accéder à des responsabilités au sein des organisations sportives. C’est le seul moyen de pouvoir un beau jour arrêter la corruption ou, pour le moins, la freiner, en diminuer l’emprise.

Karim: Pour moi, en Egypte, le principal défi réside dans la dépendance des clubs. Ils doivent commencer à s’émanciper de la tutelle du gouvernement. Il faut également se débarrasser des personnes qui ont dominé et perverti le sport et le football pendant des décennies. Il est temps de faire de la place aux jeunes qui pourront travailler efficacement grâce à leur éducation, à des connaissances et informations pertinentes. L’intuition a fait long feu ! A titre personnel, je favoriserai aussi la venue d’investisseurs étrangers dans le sport égyptien pour le rendre plus compétitif, pour passer d’un niveau local à un niveau global.

Un conseil pour les futurs managers sportifs en Egypte
Safia : Ne soyez pas aspirés par le système. Au contraire, créez votre propre environnement, honnête, sans place pour la corruption.

Karim: Les futurs managers doivent être conscients d’une chose: le ciel est leur seule limite ! Ne vous arrêtez pas en chemin, après avoir récolté vos premiers résultats. Continuez car vous pouvez accomplir davantage. Ne cessez jamais de vous informer sur votre sport: lisez et plongez-vous dans l’internet. Ecoutez les conseils des professionnels de l’industrie. Donnez le meilleur de vous. Ne baissez jamais les bras car un jour vous réaliserez vos rêves sportifs !