
C’est l’un des fers de lance de la FIFA. Le programme grassroots - ou "football de base" - de la FIFA est un élément-clef dans le développement du football, puisque son objectif principal est "d’amener le public le plus vaste possible au football afin d’en partager les valeurs humaines, et surtout, de faire prendre du plaisir à jouer à tous les participants". Un séminaire suivi d’un festival grassroots se sont tenus les 19, 20 et 21 juin à Zurich, au Siège de la FIFA.
Le 19 juin, le séminaire était consacré aux professionnels, puisqu’il s’adressait aux instructeurs grassroots. Le but de ces journées était d’échanger les expériences, de découvrir les nouveaux matériels, d’optimiser le concept originel du programme et discuter du rôle et des responsabilités des instructeurs. Une activité grassroots se compose en général d’un cours de quatre jours pour entraîneurs-éducateurs suivi d’un festival pour enfants, filles et garçons entre 6 et 12 ans, organisé par l’Association du pays. La FIFA participe en fournissant les instructeurs, mais aussi un soutien financier pour les cours et le festival et enfin en donnant équipement et matériel pour l’événement.
A Zurich, les responsables du Développement de la FIFA ont mis à jour les 40 instructeurs grassroots venus de tous les coins du monde, sur la philosophie, les composantes, la structure, l’aide apportée par la FIFA et le matériel d’apprentissage disponible pour les projets grassroots. "Après quatre années de grassroots, c’était le moment de faire un bilan sur le contenu et sur les améliorations à apporter. Il nous fallait aussi aborder les défis à relever et nous l’avons fait. L’un des challenges les plus importants est le suivi des projets. Nous devons franchir une étape supérieure et responsabiliser les Associations membres bénéficiaires pour qu’elles continuent ce programme grassroots que nous avons initié", a notamment déclaré Jurg Nepfer, en charge des cours à la division du Développement de la FIFA.
S'adapter aux sensibilités
"Nous avons eu des bonnes discussions entre participants sur les choses à améliorer ou à changer dans le programme, nous avons partagé nos expériences. C’est une première étape importante, je crois que nous avons besoin de plus de ce type d’échanges entre instructeurs", se réjouissait le Suisse Sam Schweingruber.
Ses mots prenaient toute leur dimension par la suite, lorsque qu’étaient présentés quelques projets par les instructeurs présents sur place. Maurice, la Colombie, St. Kitts and Nevis, les Emirats arabes unis, le Groenland, la Nouvelle-Calédonie, le Cambodge, autant de territoires aux cultures, traditions et histoire footballistique très différentes. "J’étais en Palestine il y a peu de temps", racontait par exemple le Marocain Jamal Eddine Lahrache. "C’est évidemment une région très sensible, nous avons fait trois activités grassroots dans trois régions différentes et nous avons adapté les cours à chaque fois, en fonction des sensibilités. Mais je peux vous dire que l’accueil très chaleureux, que ce soit de la Fédération, des ligues ou des participants, prouve l’énorme besoin de ce type d’activités."
Pour Schweingruber, qui est installé au Cambodge depuis 9 ans et est instructeur grassroots depuis 2009, "par ces activités grassroots, vous pouvez changer plus que les individus, des cultures entières. Au Cambodge, il n’était pas pensable au départ d’intégrer les filles dans le grassroots. Nous l’avons fait et maintenant c’est vécu comme quelque chose de normal. Et je crois que cela contribuera à donner confiance et importance aux jeunes femmes cambodgiennes".
Il est vrai qu’une activité grassroots a également un but à long terme. Le principe est d’initier et consolider une coopération entre l’Association membre et les autorités du pays sur le football à l’école. "Nous travaillons en collaboration étroite avec la Fédération du pays évidemment, mais aussi le Ministère de l’Education et des organisations non-gouvernementales. C’est fondamental pour instaurer des programmes dans les écoles", soulignait d’ailleurs Schweingruber.
Pas de vainqueur, tous gagnants
Lahrache, qui travaille dans toute l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, renchérissait en expliquant que le but est "d’élargir la base de la pyramide du football. Il est donc crucial de promouvoir ces activités auprès des Ministères des Sports et de l’Education et des organisations non-gouvernementales, pour qu’ils mettent en place des programmes basés sur le grassroots".
Le 20 juin, c’était le jour du festival. Deux groupes d’enfants, ceux de l’école MIES de Versoix et les Letzikids de Zurich, soit une soixantaine d’enfants, ont joué tout l’après-midi durant sur les terrains de la FIFA. Le festival consiste en un mélange entre petits matches et exercices ludiques pour travailler la technique.
Le festival n’offre pas de vainqueur et c’est un point fondamental. Chaque équipe participante joue le même nombre de matchs, entrecoupés d’exercices. "A la fin de la journée, tous les participants ont pu jouer de façon égale, et repartent avec un sentiment positif", expliquait Jurg Nepfer.
Le lendemain 21 juin, dernière réunion entre instructeurs pour faire un bilan constructif, établir des groupes de travail et des responsabilités et définir les étapes suivantes.
"Ces programmes sont très importants pour la FIFA car ils initient les enfants aux valeurs de base du football : discipline, fair-play, respect de l’autre. Mais en prenant en considération les particularités et les cultures footballistiques de chaque pays, un principe que nous défendons depuis 1975, lorsque nous avons commencé le développement dans le monde", a rappelé le Président Joseph S. Blatter, passé voir les enfants taper dans le ballon.
Mais qui mieux qu’un des enfants présents sur les terrains du Siège de la FIFA à Zurich pouvait résumer le sentiment général qui se dégageait de ces activités grassroots ? Yannick, de Versoix, trouvait les mots exacts : "Les exercices et les petits matches, c’est super mais ce que j’ai trouvé le plus sympa, c’est de rencontrer des enfants d’un autre club, d’une autre région. On ne parlait pas la même langue c’est vrai, mais on s’exprimait avec les mains et puis de toutes façons, au football, on n’a pas besoin de mots !"







