Les dames du Ghana ont leur championnat
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Les dames d'abord. Au Ghana, le dicton s'applique au fotball depuis que l'équipe nationale féminine du pays a été la première à se qualifier pour la phase finale d'un grand tournoi mondial. Les Black Queens ont participé à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, États-Unis 1999™, sept ans avant que les Black Stars ne fassent leur première apparition sur la scène mondiale. Par la suite, les Ghanéennes ont enchaîné trois participations consécutives à l'épreuve suprême.    

Depuis le week-end dernier, le football féminin a fait un nouveau pas avec le lancement de la National Women’s League. Avec le soutien de la FIFA et de la CAF, la Fédération ghanéenne s'est énormément investie dans ce projet. Le championnat national rassemble les 12 meilleurs clubs du pays. "Cette compétition va avoir un impact très positif sur le développement du jeu", annonce Leanier Addy, présidente du comité directeur du championnat féminin. "Elle va également nous permettre de faire progresser les joueuses des différentes sélections", ajoute l'ancienne footballeuse, qui se trouve être également la seule femme à siéger au Comité exécutif de la GFA.

Dans un premier temps, la FIFA a dirigé trois séminaires de formation pour le football féminin, afin de susciter l'intérêt des participants et de développer leurs compétences. "Tous les niveaux, basique, intermédiaire et avancé, étaient représentés. Ces stages ont réuni environ 18 entraîneurs, venues des quatre coins du pays. Les réactions ont été très positives. La plupart de ces techniciennes travaillent désormais dans le football de base", souligne Francis Oti Akenteng, directeur technique de la GFA.

Dora Zutah, sélectionneuse adjointe des Black Queens, Adjoa Agyeiwaa (Ashtown Ladies), Comfort Akapko (Sekondi Navy team) et Gladys Akakpo (Map Baya FC, une équipe masculine de troisième division) figuraient au nombre des stagiaires. "Ces stages ont fait bouger mes idées, en me familiarisant avec certains aspects plus techniques du football féminin", confie Agyeiwaa, entraîneur adjointe d'Ashtown Ladies, un club de Kumasi. "J'ai le sentiment d'avoir progressé et j'espère que le savoir acquis va aider mon équipe dans la course au titre.".

Des débuts prometteurs
À quelques jours du coup d'envoi du championnat, la FIFA est venue en aide à la GFA en offrant des équipements sportifs. Des ballons, des tenues d'entraînement, des protège-tibias, des gants et des chaussures ont ainsi été distribués aux équipes. "Ces équipement seront précieux pour les clubs qui participent au championnat. Ils vont pouvoir réaliser d'importantes économies et réaffecter cet argent à d'autres secteurs prioritaires", remarque Addy.   

Les 12 équipes en lice ont été réparties en deux groupes géographiques. Cape Coast Ghatel Ladies, Soccer Intellectuals, Hasaacas Ladies, Ayoola Ladies, Immigration Ladies et Volta Amalga Ladies ont été versés dans le groupe sud, tandis que Bolga Ghatel, Reformers, Lepo Ladies, Ampem Darkoa Ladies, Fabulous Ladies et Ashtown Ladies se mesureront au sein du groupe nord.

À l'issue d'un championnat classique, les premiers de chaque groupe se disputeront le titre de champion sur un match. Parallèlement, les deux équipes qui termineront aux dernières places seront reléguées en deuxième division. Ce nouveau championnat réunit plusieurs internationales ghanéennes d'hier et d'aujourd'hui dont la capitaine des Black Queens Adjoa Bayor. En se dotant d'un championnat féminin national, le Ghana emboîte le pas à d'autres grands pays de football comme l'Afrique du Sud, le Nigeria et le Cameroun.  

Ce week-end inaugural a été l'occasion de constater que le football féminin n'avait rien à envier à son homologue masculin pour ce qui est du spectacle. En effet, les six premiers matches ont produit 19 buts et on ne recense qu'un seul nul vierge. Hasaacas Ladies a signé le carton de la première journée aux dépens d'Ayola Ladies (7:0). Avec l'avènement de cette nouvelle compétition, le football féminin ghanéen peut s'attendre à vivre encore beaucoup de grands moments.