L'Australie entre dans une nouvelle ère
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Janvier 2013 marque un tournant important dans l'histoire du football féminin en Australie. Le sélectionneur le plus expérimenté de la scène internationale s'apprête à passer le relais à une nouvelle venue à ce niveau. Tom Sermanni prendra en effet bientôt la tête des États-Unis pour laisser sa place sur le banc australien à l'ancienne internationale néerlandaise Hesterine de Reus.

En l'espace de huit ans, l'entraîneur d'origine écossaise a propulsé le football féminin australien et les Matildas dans une autre dimension. Longtemps considérée comme quantité négligeable au niveau mondial, l'équipe nationale figure désormais régulièrement parmi les dix premières du Classement mondial féminin de la FIFA. Cette progression spectaculaire s'est accompagnée d'une augmentation constante du nombre de licenciées à travers tout le pays.

Pour sa première sortie avec l'Australie, Sermanni avait frappé un grand coup en dominant l'Allemagne, alors championne du monde en titre. Par la suite, l'Australie a remporté la Coupe d'Asie Féminine de l'AFC et atteint par deux fois les quarts de finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Depuis le ralliement de l'Australie à la Confédération Asiatique de Football (AFC) en 2005, une seule sélection australienne a inscrit son nom au palmarès d'une compétition continentale : les Matildas. L'exploit est d'autant plus remarquable que l'Asie abrite plusieurs équipes féminines de premier plan, à l'échelle planétaire.

De beaux souvenirs
À en croire Sermanni, les premières apparitions de l'Australie en Coupe d'Asie Féminine de l'AFC 2006 et en Coupe du Monde Féminine de la FIFA, RP Chine 2007™ ont beaucoup compté. "Au cours de ces tournois, les filles ont compris que nous avions les moyens d'attaquer, de gagner et de faire le jeu", explique le technicien au micro de FIFA.com. "Notre style et notre cohésion ont achevé de les convaincre que nous pouvions rivaliser avec les meilleurs."

Au fil des ans, Sermanni a noté de profondes évolutions dans le football féminin australien. "Je vois deux grands changements", poursuit-il. "Désormais, les joueuses ont le sentiment d'être capables de battre n'importe qui. Auparavant, notre équipe se souciait surtout d'éviter la défaite. Par ailleurs, l'Australie a la chance de produire des footballeuses très douées sur le plan technique. Dans ce domaine, nos joueuses n'ont pas à rougir de la comparaison avec les autres pays du monde, à l'exception de certaines nations asiatiques. C'est le résultat de la mise en place d'un système de détection qui s'appuie sur la volonté d'identifier des joueuses capables de progresser jusqu'au plus haut niveau international."

Depuis la qualification pour RP Chine 2007, le football féminin bénéficie d'une meilleure exposition médiatique, grâce notamment au lancement de la W-League en 2008. La diffusion libre des rencontres de championnat a beaucoup contribué à la popularité de la discipline. La participation est en progression constante et les joueuses de l'équipe nationale jouissent d'une plus grande notoriété.

"De plus en plus de jeunes filles se mettent à la pratique du football", constate Sermanni. "Cela a contribué à faire rentrer ce sport dans les mœurs. Dans les années 90, le football féminin était encore très confidentiel en Australie. Cette transformation n'a pas tardé à se faire sentir au plus haut niveau. Les joueuses qui arrivent en équipe nationale évoluent en club depuis l'âge de six ou sept ans. La qualité individuelle augmente et les internationales sont plus exposées. À l'autre bout de l'échelle, les jeunes comprennent que le football offre des perspectives intéressantes sur le plan professionnel."

De nouveaux horizons
Celle qui sera amenée à remplacer Sermanni a déjà fait ses preuves dans le domaine du développement. En effet, Hesterine de Reus a longtemps travaillé dans le cadre des programmes de formation proposés par la Fédération néerlandaise de football. Sélectionnée à 43 reprises chez les Oranje Leeuwinnen, la technicienne a effectué un bref passage au PSV FC Eindhoven, après avoir occupé pendant deux ans les fonctions de directrice technique et de sélectionneuse de la Jordanie.

La nouvelle venue aura sous ses ordres un groupe jeune et ambitieux. Lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2011™, l'Australie affichait la plus faible moyenne d'âge, avec dans ses rangs plusieurs joueuses de moins de 20 ans.
"J'ai eu l'occasion de suivre certains matches des Matildas en Allemagne et j'ai trouvé leur style très agréable", avoue Reus. "Nous nourrissons de grands espoirs pour cette équipe, dans les années à venir. Si nous agissons de concert, je suis convaincue que nous pourrons atteindre le niveau auquel nous aspirons."