Wambach-Sundhage, reines du sport roi

L'année 2012 a été placée sous le signe du football féminin. Ce lundi 7 janvier 2013, elle a connu son apogée avec le couronnement de la meilleure joueuse et du meilleur entraîneur de football féminin lors du Gala FIFA Ballon d’Or 2012. Avec Abby Wambach et Pia Sundhage, qui ont conquis ensemble l'or olympique sous les couleurs des Etats-Unis, ce sont deux grandes dames du ballon rond qui ont été récompensées.

Cependant, Sundhage et ses joueuses ne sont pas liées uniquement par un titre. Les spectateurs présents à Zurich ont pu s'en rendre compte lorsque l'ancienne sélectionneur des États-Unis, désormais à la tête de la Suède, a entonné l'air de If not for you (une chanson de Bob Dylan) en s'adressant à Abby Wambach et Alex Morgan, juste après avoir reçu son trophée.

"Je ne suis pas surprise qu'elle se soit mise à chanter pendant son discours, c'est elle tout craché. Elle est comme ça. Elle n'est pas seulement une technicienne fantastique, comme en témoigne ce prix qu'elle a reçu. Elle a aussi beaucoup de courage, comme de monter sur scène et de chanter devant ce public. Elle est comme elle est, peu importe le public qu'elle a face à elle", confie Wambach à FIFA.com.

Avec le cœur
Sundhage a dirigé les footballeuses américaines lors de 107 rencontres. Durant quatre années sur le banc de touche des États-Unis, elle a non seulement largement contribué à faire progresser l'équipe nationale, mais elle a aussi grandement influé sur le parcours de Wambach.

"Il y a tellement de choses qu'elle fait au quotidien et qu'on ne sait pas. C'est ça qui a fait d'elle la championne qu'elle est devenue. Je l'adore. Elle a été tellement géniale pour moi. C'est à elle que je dois les opportunités qui se sont présentées à moi au cours de ces dernières années, y compris la chance d'être présente ici, à Zurich", avoue l'Américaine de 32 ans. "Mais au bout du compte, si j'ai de l'affection pour Pia, c'est simplement parce que c'est quelqu'un de bien. Elle entraîne avec son cœur, elle est tellement passionnée par le jeu qu'elle nous transmet cette passion. On a toutes été contaminées par le virus Pia lorsqu'elle était là."

"Pia avait une énorme influence sur notre équipe", analyse encore la Joueuse Mondiale de l'Année 2012. "Elle est arrivée après la Coupe du Monde 2007, que nous venions de perdre, et c'était un peu la pagaille dans la sélection. Elle a réussi à nous rassurer et sa manière de travailler a été, de loin, la meilleure que j'ai jamais connue. Je parle non seulement des résultats mais aussi de la façon dont elle s'y est prise avec les différentes personnalités au sein du groupe. Cela montre à quel point elle est talentueuse."

"Nous n'avons pas d'Abby Wambach"
Ce grand respect et cette gratitude, on les retrouve également dans les propos de Sundhage, pleine de fierté en voyant Wambach repartir avec un trophée dans ses bagages. "Je suis contente qu'Abby ait été élue meilleure joueuse de l'année. J'aime la manière dont elle joue. En plus, c'est vraiment un beau modèle pour le football féminin", résume la Suédoise au micro de FIFA.com.

En 2013, la technicienne de 52 ans devra toutefois faire sans Wambach. À peine trois semaines après le sacre olympique de Londres, Sundhage annonçait son départ de l'équipe nationale américaine. Le 1er décembre 2012, elle a pris en main les destinées de son pays natal, la Suède. "Le travail avec l'équipe suédoise est totalement différent de celui que je faisais avec la sélection américaine. Déjà, nous n'avons pas d'Abby Wambach parmi nous", plaisante Sundhage. Mais la nouvelle sélectionneuse suédoise a déjà prouvé de quoi elle était capable avec les États-Unis. Nul doute qu'elle s'appuiera sur cette expérience et ses acquis américains pour mener à bien sa nouvelle mission.

"Nous étions tristes de la voir partir. Mais c'est la vie, chacun d'entre nous veut aller de l'avant. Elle rêvait d'entraîner l'équipe nationale de son pays. Je respecte ce choix et je lui souhaite le meilleur dans cette nouvelle aventure", conclut Wambach dans un dernier hommage.