Vidarsdottir, l'île croit en elle
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"Elles continuent d'écrire l'histoire", pouvait-on lire en une d'un journal après la qualification de l'Islande pour le Championnat d'Europe féminin de l'UEFA 2013. En effet, on imagine la difficulté pour une nation de 300 000 habitants, isolée en plein milieu de l'océan Atlantique, de se faire une place dans un football mondial toujours plus compétitif.  

Pourtant, l'équipe nationale féminine y est parvenue : quatre ans après leur première apparition parmi l'élite continentale, les Islandaises participeront cet été à leur deuxième EURO d'affilée. "Ce sont les joueuses et le staff qui nourrissent les plus grandes ambitions", explique Margret Lara Vidarsdottir, son attaquante phare, lorsque FIFA.com l'interroge sur l'évolution des attentes islandaises depuis quatre ans.

"Ce n'est un secret pour personne : nous n'irons pas en Suède les mains dans les poches. Nous avons placé la barre très haut et mettons tout en œuvre pour la franchir", enchaîne-t-elle. "Mais je dois reconnaître que l'on se sent soutenues par la population islandaise. L'enthousiasme ne cessera de grandir à mesure que le tournoi approchera."

Une génération en or
En 1997 et en 2005, l'Islande s'était hissée jusqu'aux barrages mais sa première qualification pour un tournoi majeur est intervenue en 2009 sous la houlette de Siggi Eyjolfsson, nommé à la tête de la sélection deux ans plus tôt. Le tacticien était alors entré dans l'histoire du football islandais en devenant le premier entraîneur à qualifier le pays pour une compétition majeure, toutes sélections masculines et féminines confondues.

Après avoir dominé la Norvège lors des préliminaires, l'Islande a finalement terminé deuxième de son groupe, derrière les Championnes du Monde 1995. Repêchées suite aux matches de barrage face à l'Ukraine, les Islandaises ont été versées dans un groupe relevé, où elles retrouveront les Norvégiennes ainsi que les Pays-Bas et l'Allemagne. 

Malgré le calibre de ses adversaires, Vidarsdottir est convaincue que l'Islande aura une carte à jouer. "J'ai pleinement confiance en l'équipe et le staff. Nous avons construit un groupe très soudé et l'équipe travaille bien ensemble ces sept dernières années, c'est-à-dire depuis l'arrivée de Siggi Eyjolfsson au poste de sélectionneur. Plusieurs joueuses se côtoient depuis l'âge de 15 ans et elles se connaissent bien. Selon moi, l'équipe est arrivée à maturité."

Pour la buteuse, un bon parcours en phase finale pourrait entraîner des retombées extrêmement favorables. "En Islande, le football féminin s'est rapidement développé ces dernières années", reconnaît-elle. "Aujourd'hui, pratiquer ce sport quand on est une femme a une connotation positive et les filles travaillent très dur pour aller loin dans le football. C'est important que les plus jeunes puissent avoir des modèles auxquels s'identifier et des rêves pour leur avenir." 

Buteuse prolifique
Blessée en 2012, Vidarsdottir a néanmoins joué un rôle clé lors de la campagne de qualification islandaise. Avec 11 réalisations supplémentaires au compteur à la fin de la compétition préliminaire, l'attaquante affiche une moyenne impressionnante de pratiquement un but par match depuis ses débuts en sélection, il y a dix ans. La prolifique attaquante de 26 ans avait terminé meilleure réalisatrice islandaise lors de la phase qualificative en 2009 et meilleure buteuse de l'édition 2011 du championnat de Suède, à égalité avec la Néerlandaise Manon Melis. Comme plusieurs de ses compatriotes évoluant en Damallsvenskan, Vidarsdottir sera un peu chez elle en Suède.

Affûtée comme jamais, la joueuse de Kristianstads est en outre bien décidée à profiter au maximum de la chance qui est offerte à l'Islande de se faire un nom sur la scène internationale. "Mon objectif est d'arriver au top physiquement et d'aider l'équipe à aller le plus loin possible", confie-t-elle. "Si j'arrive à éviter les blessures, je pense pouvoir être au sommet de ma carrière et participer à quelque chose de grand avec la sélection islandaise. Je me donne toujours à 100 % et je suis extrêmement fière de représenter mon pays."