Le mouvement Football for Hope est la concrétisation de la vision de la FIFA consistant à "Développer le jeu - toucher le monde - bâtir un meilleur avenir" (Develop the game - touch the world - build a better future). L'organe dirigeant du football mondial avance à grands pas dans son utilisation du football en tant que catalyseur du changement social.

Ainsi, un partenariat avec l'association Special Olympics Afrique a vu le jour afin de permettre aux handicapés mentaux de reprendre confiance en eux-mêmes et de se faire accepter dans la société grâce au pouvoir positif du football.

L'association Special Olympics a pour but de promouvoir l'intégration des handicapés mentaux et de leur permettre de devenir des membres productifs, acceptés et respectés de la société. L'Organisation mondiale de la santé estime à trois pour cent la proportion de la population mondiale atteinte d'un handicap mental, soit 190 millions de personnes dont le QI est en deçà de 70.

Le projet de développement FIFA-Special Olympics Afrique permettra de former des entraîneurs, d'impliquer les familles, d'offrir aux athlètes de meilleures conditions sanitaires et d'entraînement et de les inclure dans la grande famille du football. Le Dr. Mathews Phosa, président de Special Olympics Afrique du Sud, est catégorique : les handicapés mentaux devraient "avoir accès au football, comme tout le monde".

Le projet
Le partenariat entre la FIFA et Special Olympics remonte à décembre 2005, avec des programmes pilotes lancés en Tanzanie, au Botswana et en Namibie. La FIFA voulait être impliquée dans le développement humain et le partenariat avec Special Olympics semblait tout naturel.

Au cours des neuf premiers mois, le projet a recruté et formé 60 entraîneurs et permis à 500 joueurs handicapés mentaux de s'entraîner régulièrement. La FIFA souhaitait promouvoir le football en Afrique et faire découvrir le jeu à un plus grand nombre de personnes, en particulier ceux qui n'y ont pas accès. Le Dr. John Dow Jr., responsable africain de Special Olympics, voit cette collaboration comme un moyen "d'utiliser le football pour permettre aux athlètes de démontrer leurs capacités et leurs talents sur le terrain."

Le Dr. Dow estime que les projets pilotes ont été une vraie réussite. "Les entraîneurs et les athlètes ont reçu d'excellentes formations. Les familles ont été impliquées et le programme s'est révélé tellement positif que la FIFA a décidé de l'appliquer à d'autres pays. J'espère que grâce au sport et à l'exposition qu'il offre, nous pourrons changer le monde et l'attitude des gens."

Grâce au succès des projets pilotes, sept nouveaux programmes ont été lancés dans le cadre de ce partenariat. L'Afrique du Sud, le Ghana, le Rwanda, l'île Maurice, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Bénin mettront en œuvre leur programme en 2007.

Une partie du projet consiste en un programme de formation d'entraîneurs adjoints Special Olympics, dans le cadre duquel on forme des handicapés mentaux au métier d'entraîneurs adjoints de football. Le programme se concentre autour du développement d'une grande variété d'aptitudes cognitives et sociales. Ils reçoivent également une légère rémunération qui leur montre que les handicapés mentaux peuvent aussi contribuer de manière significative aux besoins de leur famille.

Football for Hope et les athlètes
Ephram Mohlakane, détenteur de deux médailles Special Olympics, est le président du Congrès des athlètes Special Olympics. Il a déclaré à FIFA.com que via le sport, "les gens commenceront à mieux nous (les handicapés mentaux) respecter et ils verront que nous sommes des gens comme eux. Je souhaite remercier la FIFA pour son soutien. Ce n'est pas une question d'incapacité mais de capacité et j'espère que les Special Olympics vont continuer à grandir. Les personnes atteintes d'un handicap mental sont des personnes comme les autres. Via votre soutien, vous nous donnez le pouvoir."

Football for Hope revêt une importance capitale pour Lucas Radebe, le patron de l'édition sud-africaine du programme. L'ancien capitaine de l'équipe nationale d'Afrique du Sud et de Leeds United sait le pouvoir que peut avoir le football pour les moins favorisés. Dans le cadre de Football for Hope, il a participé à un match disputé à Barcelone au profit des victime du tsunami qui a ravagé l'Asie du sud-est en 2004.

"C'était incroyable de pouvoir contribuer à cette cause et de me servir de mon talent pour éveiller les consciences. Ce sont des moments qui n'ont pas de prix", a-t-il confié à FIFA.com.

Radebe croit en l'effet positif que le football peut avoir sur la vie des handicapés mentaux. "J'espère attirer l'attention sur cette cause, en particulier chez ceux qui, comme nous, sont conscients des difficultés que l'on rencontre lorsque l'on est issu d'un milieu historiquement marginalisé."