En 2006, tandis que la France et l'Italie s'affrontaient en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 sous le feu des projecteurs, la FIFA s'engageait aux côtés de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) pour mettre fin au travail illégal des enfants au Pakistan. Une fois de plus, dans cette affaire, le football a permis de faire évoluer la situation dans le bon sens. Après avoir cousu des ballons pendant des années, les petits Pakistanais peuvent aujourd'hui se livrer des parties endiablées sur le terrain, comme tous les enfants de leur âge.   

Les rêves de gloire et de liberté ont remplacé les ateliers mal éclairés et les travaux harassants. Pendant trop longtemps, les enfants du nord-ouest du pays ont été contraints de coudre les ballons vendus aux quatre coins du monde. Désormais, le football et ses joies simples leur permettent d'oublier ces heures difficiles. Les travailleurs d'hier peuvent aujourd'hui s'adonner librement au plus populaire des sports et tant pis si les poteaux ne sont pour l'instant que de simples briques posées à même le sol ou si les lignes qui délimitent le terrain sont à peine visibles. Il suffit de voir la joie sur leurs visages pour mesurer la différence.   

Le match organisé en 2006 à Sialkot (Pendjab) est devenu une compétition annuelle, considérée comme le fer de lance du Programme International pour l'Abolition du Travail des Enfants (IPEC). Grâce aux efforts de l'OIT, les horreurs liées à l'exploitation des enfants ne sont plus qu'un mauvais souvenir au Pakistan. L'éducation remplace petit à petit le travail forcé. En l'espace de quelques années, ce tournoi s'est imposé comme le symbole mondial de la lutte contre toutes les formes d'exploitation.   

Depuis 1997, l'OIT travaille avec le gouvernement pakistanais, la FIFA, la fédération internationale de l'industrie des équipements sportifs (WFSGI), les syndicats, les fabricants, l'UNICEF et plusieurs ONG afin de mettre un terme au travail des enfants.

La dernière édition de ce tournoi sponsorisé a réuni 20 équipes venues de toute la région. Malgré la chaleur étouffante, les enfants ont pleinement profité de l'événement. Le football a vite pris une place prépondérante dans les différents programmes d'éducation mis en place dans ce secteur. L'objectif de ces initiatives consiste à éradiquer les circonstances qui ont conduit à l'exploitation des enfants. Très appréciée des plus jeunes, la pratique du football représente donc la deuxième phase du projet "Abolition du Travail des Enfants dans l'Industrie du Ballon à Sialkot".   

La PFF Youth Cup a rassemblé vingt formations composées de joueurs de moins de 13 ans. L'édition 2009 a été remportée par Sargodha, une équipe venue du district voisin de Punjabi. Les visiteurs se sont imposés en finale face à Sialkot, la ville où s'est déroulé le tout premier match organisé conjointement par la FIFA et l'OIT. En plus du trophée, l'équipe de Sargodha a empoché la somme de 15 000 roupies.    

A travers le plus simple et le plus universel des jeux, la FIFA participe à l'évolution de la situation dans la région. Les jeunes peuvent enfin oublier l'enfer des ateliers pour se concentrer sur des problèmes autrement plus passionnants : maîtriser les rebonds du ballon, par exemple.