Dimanche 13 mai à Levallois, dans la banlieue parisienne, la Fondation Gol de Letra - dirigée par les deux vainqueurs de la Coupe du Monde de la FIFA 94 avec le Brésil - organisait son cinquième trophée de futsal. L'occasion de réunir d'importants fonds pour venir en aide aux enfants des favelas de Rio de Janeiro et São Paulo.

"La pauvreté est l'absence d'opportunité de développer ses propres talents". Si cette phrase provient des nombreux écrits humanistes de l'auteur brésilien Jorge Amado, Rai et Leonardo l'ont fait leur depuis maintenant près de dix ans. En 1998, c'est avec ce constat en tête qu'ils ont créé la Fondation Gol de Letra. A l'époque, ils avaient 100 enfants à leur charge…

"Le Brésil représente la 15ème économie de la planète. 50 millions de personnes y vivent en-dessous du seuil de pauvreté, dont 27 millions d'analphabètes", rappelle Leonardo dans un entretien exclusif avec FIFA.com. "Notre but n'est pas de former des professionnels de la culture, mais d'ouvrir les enfants à ces alternatives de l'éducation et de les faire se découvrir citoyens".

Au vu des chiffres, le pari est réussi. "Aujourd'hui, Gol de Letra comptent 1400 enfants répartis sur nos deux centres de São Paulo et Rio de Janeiro et 70 salariés pour s'occuper d'eux", nous explique Guillaume Cabanes, responsable de l'antenne française de la Fondation, principal relais en Europe avec celle bien plus petite installée en Italie. "Ces chiffres représentent environ 7000 familles".

La scolarisation comme condition
Car le but de Gol de Letra est large et ne visent pas uniquement à aider les enfants en difficultés. "Nous travaillons beaucoup auprès des mères de ces quartiers difficiles", explique Rai pour FIFA.com. "L'objectif n'est pas de se substituer à l'école mais de mener une véritable action sociale auprès de la communauté". La condition sine qua non pour que les enfants soient accueillis par les centres est leur scolarisation. Les familles y sont donc encouragées, non pas par le versement d'une bourse, mais par la prise en charge de leurs soins de santé.

Ainsi, si l'on constate une multiplication par trois de la scolarisation des enfants à risques des quartiers où se trouve la Fondation, il est également important de signaler une même augmentation de 45% chez les adultes, et une diminution de 30% des violences conjugales. Le taux de violence en général chute lui de 30 à 40%.

Concrètement, les enfants sont encadrés trois heures et demi par jour - l'école publique au Brésil est suivie par demi-journée - et pratiquent des activités aussi bien sportives que culturelles (littérature, peinture, théâtre…). Le projet de base s'étend pour chaque enfant sur sept ans. "Mais notre pari sera vraiment réussi quand nos chiffres d'accueil diminueront", précise Guillaume Cabanes.

Car même si un nouveau centre devrait très prochainement ouvrir ses portes dans l'une des favelas les plus défavorisées de Rio, le but n'est pas de se disséminer : l'idée de Rai et Leonardo est de développer un savoir-faire et d'en faire profiter d'autres associations. Symbole de son extraordinaire réussite, la Fondation Gol de Letra a été reconnue en 2001 par l'UNESCO comme modèle mondial d'éducation. La Fondation est actuellement en évaluation à la FIFA pour être éventuellement intégrée au Programme Football For Hope .

"Les Fondations Cafu, Seedorf, Bebeto et Milan se sont montées en partie sur notre modèle", avoue Leonardo. "Nous disposons même d'un siège au Conseil de la Jeunesse de l'Etat brésilien", poursuit son ancien coéquipier en Seleçao.

Grâce au trophée disputé ce week-end, la Fondation a pu dégager 15% de son budget annuel (1,5 millions d'euros). Une somme non négligeable dont on connait déjà l'affectation, comme chacun des dons faits à Gol de Letra, pour une transparence complète.

Pour plus d'informations, visitez le site officiel de la Fondation Gol de Letra et de l' antenne française .