Le 29 juillet 2007 a marqué le coup d'envoi de la cinquième édition de la Coupe du Monde des Sans-abri. D'une durée d'une semaine, ce tournoi international vise à aborder le problème de l'exclusion dont souffrent souvent les sans-logis. A cette occasion, 500 joueurs originaires de 48 pays se retrouvent à Copenhague, au Danemark.
De nombreuses personnalités ont prêté leur concours à un événement dont la taille et l'importance ne cessent d'augmenter dans le calendrier international. L'an dernier, Pelé s'était rendu au Cap pour l'édition sud-africaine. Cette année, Eric Cantona a accepté d'être l'ambassadeur de la compétition.
Avoir un but
Cantona ne s'est pas fait prier pour s'investir dans
la Coupe du Monde des Sans-abri et agir pour un problème qu'il
trouve "très préoccupant, en France et dans le monde
entier". "Canto", ou "The King" pour les
supporters de Manchester United, a largement contribué à la
domination des
Red Devils sur le football anglais dans les années 90. Dès
son arrivée au Danemark, il a offert son expertise et ses conseils
aux participants, lors d'une séance de questions-réponses.
A priori, sa recette du succès est plutôt simple : avoir un
but dans la vie. "Quand on est joueur, on va à
l'entraînement et on essaye de toujours faire partie du onze de
départ. Le plus important, c'est de se réveiller chaque matin
avec la volonté d'aider, avec un but. C'est vrai pour tout,
pas seulement pour le foot."
Selon les statistiques fournies par le comité organisateur de la dernière édition de l'épreuve, 92 % des participants avaient retrouvé une forme de motivation au cours du tournoi et 73 % ont maintenant une vie meilleure. On comprend donc où Cantona veut en venir...
Un second souffle
D'ailleurs, le tournoi n'est pas terminé que le
football a déjà eu une influence positive sur la vie des joueurs
danois. Ainsi, Ken Bell Rasmussen, meilleur buteur de l'équipe,
a retrouvé sa mère après 17 ans d'absence. Le deuxième jour de
la Coupe du Monde a aussi été pour Kenny Christensen, ancien
toxicomane aujourd'hui âgé de 42 ans, l'occasion de fêter
ses deux ans de sevrage.
Selon Christensen, le football lui a donné un second souffle.
S'investir dans la Coupe du Monde des Sans-abri lui a permis
d'avoir "quelque chose d'autre que la drogue pour
donner du sens à la vie. Je voudrais que ça ne finisse jamais,
déclare-t-il. Le football est ma passion".
Son coéquipier, Frank Clifforth, est lui aussi un ancien toxicomane et alcoolique. Si la vie ne lui a pas toujours souri, le football lui a redonné de la force : "Quand j'étais petit, j'étais heureux de jouer au football, mais la vie a arrêté d'être un jeu", confie-t-il à FIFA.com. "Rejouer aujourd'hui me donne l'impression d'avoir gagné, d'avoir vaincu mon agressivité. Aujourd'hui, je suis calme, je suis tranquille. Je n'imaginais même pas que cela arriverait un jour".
