Tout le problème de l'Afrique se trouve résumé par cette formule bien connue : les gens sont pauvres parce qu'ils sont en mauvaise santé, ou les gens sont en mauvaise santé parce qu'ils sont pauvres. La nouvelle initiative "le football au service de la santé" mise en place par le Centre d'Evaluation et de Recherche Médicale de la FIFA (F-MARC) pourrait devenir l'une des clés de voûte du programme "Gagner en Afrique avec l'Afrique", en offrant à tous les footballeurs et supporters africains le plus beau des cadeaux : la santé.
La santé constitue notre bien le plus précieux et bénéficier de conditions de vie optimales fait partie des droits de l'homme les plus fondamentaux. Pourtant, si l'espérance de vie moyenne dépasse les 80 ans dans certains pays, dans d'autres, comme en Afrique, en Amérique du Sud, en Océanie et en Asie, elle n'atteint pas les 40 ans. Dans ces régions, une personne sur deux meurt en bas âge. Malheureusement, lutter contre ce fléau n'est pas chose aisée.
A l'heure actuelle, une chose est sûre : l'argent manque, et manquera encore longtemps, pour couvrir l'ensemble des frais médicaux des pays émergents et des pays développés. Les médecins, les gouvernements et les organisations sanitaires sont conscients de cet état de fait et tous tentent d'apporter une réponse au problème. Evidemment, il n'existe aucun remède miracle. Néanmoins, une passion commune à des milliards d'individus offre des possibilités encore inexploitées à ce jour. Il s'agit du football.
La médecine du football
Au cours des 14 dernières années, le Centre d'Evaluation et de Recherche Médicale de la FIFA (F-MARC) a investi dans la recherche afin d'améliorer la pratique du football, de comprendre la cause des blessures et de mettre en place un programme de prévention baptisé "le 11". L'application des mesures préconisées pourrait permettre de réduire considérablement les frais médicaux liés à la pratique du football. On compte aujourd'hui quelque 250 millions de footballeurs à travers le monde. Les économies réalisées sont donc potentiellement très importantes.
Dans cette optique, les médecins sont appelés à jouer un rôle essentiel. Ils sont là avant tout pour veiller à la santé de leurs patients, pour prévenir et soigner les maladies ou les blessures. La victoire ne fait donc pas partie de leur vocabulaire de base.
Le F-MARC veut faire du football une activité saine destinée au plus grand nombre. La pratique du sport est ici perçue comme un outil éducatif universel susceptible de contribuer au bien-être de tous.
Thérapie par le football
L'exercice physique n'a pas pour unique vocation de contribuer à se maintenir en forme. En effet, le sport est désormais considéré comme un outil thérapeutique capable de lutter contre la plupart des troubles liés à notre mode de vie actuel : l'obésité, le diabète, l'hypertension et les maladies cardio-vasculaires. Alors, pourquoi un médecin ne prescrirait-il pas 45 ou 60 minutes de football, le sport universel, trois fois par semaine afin de tacler ces maladies ?
Et pourquoi ne pas profiter de la vaste popularité de ce sport pour faire passer des messages simples et efficaces sur la meilleure façon de se protéger des maladies infectieuses, comme le SIDA, la tuberculose ou la malaria ? Ces trois maladies sont à elles seules responsables en Afrique de trois millions de morts par an. La Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 constitue donc une formidable occasion de s'adresser directement à ceux qui sont les plus menacés par ces épidémies.
Donner le coup d'envoi
Afin de faire du "football pour la santé" un succès, le F-MARC souhaite développer un programme similaire au "11", basé cette fois-ci sur la prévention des maladies. Avec l'aide de médecins africains et d'associations comme l'AMREF (la fondation pour la recherche médicale en Afrique), cette initiative pourrait devenir l'une des clés de voûte du programme "Gagner en Afrique avec l'Afrique", en offrant à tous les footballeurs et les supporters africains le plus beau des cadeaux : la santé.
