
Douze victoires, un nul et une défaite, 44 buts inscrits, 8 buts
encaissés. Tel est l'impressionnant bilan de l'équipe
d'Allemagne depuis que Joachim Löw a repris les rênes de la
sélection des mains de Jürgen Klinsmann, l'année dernière. Sous
son impulsion, Michael Ballack, Miroslav Klose et les autres
régalent les fans du monde entier en proposant un football aussi
offensif que spectaculaire. Bref, les supporters de la
Mannschaft sont comblés en ce moment.
Dans le Groupe D des éliminatoires de l'Euro 2008,
l'Allemagne compte deux points d'avance sur la République
Tchèque et n'a plus besoin que d'un point face à la
République d'Irlande pour empocher définitivement son billet
pour la Suisse et l'Autriche. Au cours d'un entretien
exclusif accordé à
FIFA.com, Löw évoque tour à tour les ambitions de
cette nouvelle équipe d'Allemagne, les prochaines échéances
internationales et, bien sûr, la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique
du Sud 2010.
L'Allemagne a vécu une grande Coupe du Monde de la FIFA
l'année dernière. Aujourd'hui, elle occupe la première
place de sa poule dans les éliminatoires de l'Euro 2008. Où se
situe votre équipe, sur la scène internationale ?
Nous traversons actuellement une période faste. Les
innovations mises en place dans la perspective de la Coupe des
Confédérations 2005 et de la Coupe du Monde 2006 ont porté leurs
fruits. Pourtant, ces bons résultats ne m'ont pas fait changer
d'avis. Nous ne sommes pas encore revenus parmi l'élite.
Certes, nos récentes performances nous ont permis de reconquérir un
certain standing en Europe. Mais notre objectif doit être de
produire régulièrement des joueurs de grand talent, comme le font
l'Argentine et le Brésil depuis des années, et de les mener
jusqu'à l'équipe nationale. Nous devons encore progresser
dans ce domaine, si nous voulons nous inscrire dans un projet à
long terme.
Quels sont vos objectifs pour la Coupe du Monde de la FIFA,
Afrique du Sud 2010 ?
Notre priorité est de permettre à nos
internationaux de progresser sur le plan individuel. Nous devons
toujours chercher à faire mieux. Les progrès de chacun profitent à
l'ensemble du groupe. Nous travaillons notamment beaucoup sur
l'aspect tactique. En ce qui concerne le domaine sportif, nous
souhaitons nous concentrer sur les éliminatoires, avant de penser à
l'Euro proprement dit. Mais, évidemment, nous gardons un œil
sur des échéances à plus long terme. Récemment, nous avons intégré
beaucoup de jeunes en sélection. Nous devons poursuivre dans cette
voie. Optimiser la formation, développer notre réservoir de talents
et maintenir la pression sur les internationaux établis : voilà les
principes de base de notre politique à long terme.
Selon vous, quels sont les jeunes talents susceptibles de
s'imposer en sélection et de jouer un rôle important lors de la
prochaine Coupe du Monde de la FIFA ?
Nous avons déjà intégré plusieurs espoirs au sein
de l'équipe nationale. Nous suivons également de très près
certains jeunes talents, mais il faut leur laisser le temps
d'arriver à maturité. Je pense notamment à Toni Kroos, qui a
été très en vue lors de la Coupe du Monde U-17. Je tiens cependant
à ce qu'il poursuive tranquillement sa progression. Ceux qui
font leurs preuves au sein des sélections U-20 et U-21 sont
naturellement appelés à jouer un rôle en équipe nationale un jour
ou l'autre.
Autour de quels joueurs comptez-vous bâtir votre équipe ?
Tout au long des huit semaines qu'a duré la
dernière Coupe du Monde, une certaine hiérarchie s'est créée au
sein du groupe. Michael Ballack, Jens Lehmann, Torsten Frings,
Miroslav Klose, Bernd Schneider et Christoph Metzelder se sont
imposés comme de véritables leaders par leur professionnalisme et
leur sens du dialogue. Ils constituent une référence pour beaucoup
de jeunes joueurs. Parmi ces jeunes, certains sont en train de
prendre une dimension supplémentaire. Per Mertesacker, Philipp Lahm
ou Bastian Schweinsteiger sont appelés à prendre davantage de
responsabilités.
Selon vous, quelles ambitions l'Allemagne peut-elle
nourrir lors de l'Euro et de la prochaine Coupe du Monde de la
FIFA ?
Dans un premier temps, nous voulons réussir une
bonne performance en Suisse et en Autriche. C'est dans cet
esprit que nous travaillons dur, afin de pousser cette équipe à se
perfectionner encore et toujours. Nous comptons proposer un jeu vif
et inspiré, à l'occasion de cet Euro 2008. Naturellement, nous
espérons remporter le titre, car chaque fois que nous entrons sur
le terrain, c'est avec l'ambition de gagner. Cependant,
nous sommes bien conscients de ne pas être le grand favori de cet
Euro. Le titre se jouera certainement entre plusieurs équipes. Nous
avons également de grands projets pour la Coupe du Monde 2010. Nous
avons axé l'essentiel de notre réflexion autour de nos
sélections de jeunes. Dans la perspective de l'Euro, nous avons
mis au point un concept qui nous permettrait d'uniformiser
l'enseignement des plus jeunes au niveau national, notamment
via les centres de formation.
Quels sont, d'après vous, les favoris des deux
prochains grands tournois internationaux, en Suisse et en Autriche,
puis en Afrique du Sud ?
Pour l'Euro, je crois qu'il faudra compter
avec la France et l'Italie, mais aussi l'Espagne, les
Pays-Bas et l'Angleterre. La Suisse et l'Autriche
pourraient également créer la surprise. Pour la Coupe du Monde
2010, le Brésil et l'Argentine seront certainement une nouvelle
fois au rendez-vous. Le Mexique possède également une équipe
intéressante, qui propose un jeu tout en finesse. A moins que les
Africains, portés par l'euphorie de cette Coupe du Monde, ne
franchissent enfin un palier. Beaucoup de joueurs africains, comme
Didier Drogba, jouent aujourd'hui dans de très grands clubs
européens. Si les différentes sélections africaines parviennent à
régler leurs problèmes d'organisation, elles pourront briller.
Il suffit de repenser à la Coupe du Monde U-17
[remportée par le Nigeria] pour s'en convaincre. Des
pays comme le Ghana, le Cameroun et le Nigeria possèdent de solides
arguments. La Côte d'Ivoire ou l'Afrique du Sud, pays hôte,
pourraient eux aussi se distinguer.
Notre dernière question concerne l'équipe nationale
féminine. Jusqu'où Silvia Neid et ses joueuses peuvent-elles
espérer aller ?
Depuis longtemps, l'Allemagne s'est imposée
comme l'une des grandes nations du football féminin. Ici, tout
le monde est convaincu que cette équipe a les moyens de conserver
son titre. Compte tenu de son entrée fracassante dans la
compétition, l'Allemagne peut effectivement viser très haut. Le
football féminin a énormément progressé, techniquement et
physiquement, ces dernières années. Je m'attends donc à ce que
le grand public et les médias accordent de plus en plus
d'attention à cette discipline.
