Tête d’affiche de grosses productions telles que 300, Que justice soit faite et Le chasseur de primes, Gerard Butler fait partie des acteurs les plus demandés à Hollywood. L’Écossais est aussi un supporter acharné du Celtic Glasgow.

Dans son dernier film, Playing for Keeps, qui sortira aux Etats-Unis le 7 décembre, il joue le rôle de George Dryer, ancienne star du Celtic et de Liverpool qui tente de remettre sa vie d’aplomb dans une banlieue résidentielle américaine.

FIFA.com s’est entretenu avec l’acteur pour évoquer le Celtic d’hier et d’aujourd’hui, ses matches passés dans le kop des supporters et ses souvenirs des derbies de la Old Firm. Il nous confie également ce qu’il a ressenti en campant une ancienne coqueluche des Hoops et des Reds.

En tant que supporter inconditionnel, vous avez dû réaliser un rêve en incarnant un ancien joueur du Celtic…
C’est évident. Je suis médiocre dans tellement de choses que si j’ai l’occasion de me faire passer pour excellent à quelque chose - et plus particulièrement si c’est un rêve - alors je ne la laisse pas passer. Quand j’ai enfilé les maillots du Celtic et de Liverpool, nous avons tourné les premières scènes en studio, en utilisant des extraits de vrais matches ; et j'ai reproduit certaines actions. Donc j’ai joué et couru avec les maillots de Celtic et Liverpool et j’ai marqué des buts, j’ai mis des têtes plongeantes, des bicyclettes. J'avais du mal à réaliser que je faisais ça devant 60 000 ou 70 000 spectateurs !

Vous avez vécu un peu la même chose lors d’une rencontre caritative au Celtic Park avec quelques légendes du club.
Si je devais faire le bilan de ma carrière, ce serait certainement le meilleur moment, juste pour moi, du point de vue des émotions, du plaisir et de l’excitation. C’était extraordinaire. Je suis allé voir beaucoup de matches du Celtic quand j’étais gamin, des rencontres de Coupe, des matches européens, des derbies de la Old Firm. J’ai ça en moi. Je crois que c’est pour ça que ça me touche plus profondément que le fait d’apparaître en public lors d’une première à Hollywood. Ça m'a ramené dans l'univers où j'ai baigné, à mon histoire, ma passion, la passion de ma famille, tous les souvenirs que je garde du stade, de ces moments où j’étais carrément à deux doigts d’exploser d’excitation, de passion, de colère ou de joie. On n’a qu’une envie, comme les milliers de personnes autour de soi : être sur ce terrain. Être sur ce terrain, jouer, s’échauffer, crier, puis donner le coup d’envoi et jouer. C’était indescriptible. À ce moment-là, je n’arrêtais pas de me répéter de rester calme, mais je savais que je vivais une expérience inoubliable.

Quels sont vos souvenirs les plus marquants en tant que supporter du Celtic ?
La victoire 2:0 contre le Real Madrid au Celtic Park. Johnny Doyle avait marqué de la tête. Je me souviens aussi du match retour que j'avais écouté à la radio, tout seul à Paisley. Le Real menait 2:0 et avait mis un troisième but juste avant la fin, ce qui nous avait éliminés. Mon souvenir le plus marquant, c’est donc d’être passé de l’effervescence de la victoire contre le Real à la désillusion de la défaite deux semaines plus tard.

Parlez-nous des derbies contre les Rangers…
Pour les derbies de la Old Firm, l’atmosphère était indescriptible. C’est triste à dire, mais cette rivalité ne venait pas juste de la compétition, mais d'un sentiment quasi haineux. En tout cas, ça créait une atmosphère incroyable, on le sentait vraiment, parfois ça virait à une immense hystérie. Ça allait au-delà d’un simple match de foot. Mes souvenirs les plus intenses viennent pour la plupart de matches passés debout à Parkhead, dans la Jungle (surnom de la tribune nord).

Avez-vous été inspiré par certains joueurs ?
C’est clair que Kenny Dalglish était mon préféré. Il m’a entraîné lors d’un match caritatif auquel j’ai participé entre l’Angleterre et le Reste du Monde. C’était mon plus grand héros donc cette situation était assez extraordinaire.

Les Lisbon Lions - l'équipe du Celtic qui a remporté la Coupe d'Europe des Clubs Champions  1967 - devaient être des légendes durant votre enfance...
Bien sûr, à peu près tous les chants qu'on entonnait à Parkhead et dans la famille leur étaient dédiés. Il y avait des histoires à propos de chacun d’eux. Les Lisbon Lions jouaient à une époque où l’Écosse battait même les Anglais. On avait une équipe très douée sur le plan technique. Le Celtic a gagné huit fois le championnat entre 1965 et 1975.

Le Celtic a décroché un superbe résultat en battant le FC Barcelone lors de la dernière journée de la Ligue des champions de l'UEFA. Avez-vous vu le match ?
Je travaillais à Dubaï mais j’ai réussi à trouver un bar irlandais et ça m’a rappelé ces victoires. Mais quel match ! C’est sans aucun doute le moment le plus fou que j’aie vécu en regardant un match du Celtic depuis... depuis toujours en fait !

Et pour finir, parlons du FIFA Ballon d’Or, qui va bientôt être attribué. Selon vous, qui sont les favoris dans la catégorie entraîneurs et dans la catégorie joueurs ?
Je crois que c’est Roberto Di Matteo, tout simplement pour ce qu’il a fait en menant Chelsea à la Ligue des champions. Il n’avait pas forcément la meilleure équipe d’Europe, mais sûrement l’une des meilleures tactiques. Ensuite, je ne vais pas être original, mais comment ne pas citer Lionel Messi ? Il est tout simplement merveilleux à regarder jouer. Tout ce qu’il fait, ses dribbles, ses buts, ses passes décisives venues de nulle part… C’est tout simplement le meilleur joueur du monde.