Ricky Hatton est l'un des plus grands boxeurs britanniques de tous les temps. Champion du monde dans deux catégories différentes, le natif de Manchester totalise 45 victoires pour seulement deux défaites, concédées face à deux légendes de la boxe mondiale : Floyd Mayweather et Manny Pacquiao.

Mais peu de gens savent que Hatton aurait préféré remporter des titres avec ses pieds, plutôt qu'avec ses poings. Son grand-père et son père étaient eux-mêmes footballeurs et Ricky a un temps fréquenté le centre de formation de Manchester City. L'ancien milieu de terrain n'a pas été retenu par son club de cœur mais cette petite mésaventure ne l'empêche pas de s'intéresser au football et de suivre de près les résultats des Citizens.   

Hatton se prépare à faire son grand retour sur le ring, après trois ans d'absence. À la fin du mois, il affrontera l'Ukrainien Vyacheslav Senchenko à Manchester. Malgré un programme d'entraînement chargé, il a pris le temps de répondre aux questions de FIFA.com pour évoquer son autre passion.  

Ricky Hatton, vous venez d'une grande famille de footballeurs. Pouvez-vous nous la présenter ?  
Mon grand-père a joué pour l'équipe B de City et mon père évoluait en réserve à l'époque des Malcolm Allison, Joe Mercer, Franny Lee, Mike Summerbee et toutes les autres légendes du club. À 15 ans, j'étais inscrit au centre de formation de Manchester City. Ma famille a toujours été tournée vers le football ; personne ne comprend vraiment pourquoi je suis devenu boxeur. Mon père pensait que je marcherais sur ses traces et que je deviendrais footballeur. Au centre, j'étais dans la même classe que les frères Whitley, Jim and Jeff, qui ont fini en équipe première. Ça m'a fait plaisir pour eux.  

Vous avez reçu Wayne Rooney dans votre vestiaire avant certains combats et il lui est même arrivé de porter votre ceinture jusqu'au ring. Sa présence a-t-elle été une source d'inspiration ?  
Quelqu'un comme Wayne Rooney n'a pas besoin de publicité. Quand je suis devenu champion du monde, je n'avais pas besoin de faire parler de moi non plus. Mais j'avoue avoir été très flatté en apprenant qu'un autre sportif, lui aussi au sommet de sa discipline, voulait porter ma ceinture. J'ai demandé à plusieurs personnes de la porter, qu'il s'agisse de proches ou du petit James Bowes, un enfant atteint d'hydrocéphalie. Certains ont prétendu que Wayne n'était là que pour faire parler de lui. C'est faux. Il était là pour me motiver. Quand un champion de sa trempe vous témoigne un tel respect, vous ne pouvez pas rester indifférent. Si je lui ai demandé de porter ma ceinture, c'est parce que je le respecte pour tout ce qu'il a accompli dans le football. On peut dire que ça marche dans les deux sens.

En 2008, vous avez fait votre entrée sur la musique de Blue Moon, l'hymne de Manchester City, pour affronter Juan Lazcano au City of Manchester Stadium. Avez-vous réalisé un de vos rêves, ce jour-là ?  
J'ai fait mon entrée sur la musique de Blue Moon dès le début de ma carrière. Je portais les couleurs et le blason de City sur mon short. À cette époque, personne n'avait entendu parler de Ricky Hatton. J'ai pris mon premier abonnement à l'âge de 14 ans. J'ai toujours voulu boxer à Maine Road, l'ancien stade de Manchester City. J'ai accompli tant de choses dans ma carrière que j'ai finalement pu combattre dans le stade de mon équipe préférée. C'est un rêve qui s'est réalisé, oui. Quand je vais voir jouer City, il y a souvent entre 45 000 et 48 000 spectateurs. Le jour de mon match, il y avait 58 000 personnes ! C'était magique ! Je rencontre les joueurs du club, de temps en temps. Pour eux, je suis toujours le gamin de 14 ans de la tribune Kippax ! (rires) J'ai vraiment énormément de chance : je fréquente les joueurs, je discute avec eux et je suis traité comme un prince à chaque fois que je viens au club.

Qui étaient vos idoles, à l'époque où vous étiez dans la tribune Kippax ?
Il y avait beaucoup de bons joueurs à cette époque : Niall Quinn, Uwe Rösler, Peter Beagrie et Peter Walsh mais mon préféré reste Georgi Kinkladze. Chaque fois qu'il avait le ballon… nous ne pouvions pas nous lever de nos sièges car il n'y en avait pas à Kippax mais on sentait qu'il allait se passer quelque chose. Je connais Nicky Summerbee depuis quelques années maintenant. Il était dans l'équipe, à l'époque, et il fréquentait un boxeur du nom de Steve The Viking Foster. Je m'entraînais un peu avec lui, quand j'étais plus jeune. Un jour, Summerbee a amené Kinkladze au gymnase où nous nous entraînions. Je n'étais qu'un gamin à l'époque. Il n'était pas venu pour moi, il était là pour voir Carl Thompson, qui a affronté Chris Eubank à peu près à cette période. Mais j'ai eu l'impression de rêver en voyant mon idole entrer dans le gymnase. Colin Bell et d'autres sont considérés comme les meilleurs joueurs de l'histoire de City mais le meilleur footballeur que j'avais eu l'occasion de voir jouer en direct était sans conteste Kinkladze et tout à coup, il était là, dans notre gymnase.

Après des années difficile, on imagine que les supporters de Manchester City sont ravis d'avoir remporté le titre et de jouer en Ligue des champions de l'UEFA…
C'est génial. Je suis fou de joie pour le club et pour les fans. Nous avons l'un des meilleurs publics d'Angleterre. Nous jouons toujours à guichets fermés. Même lorsque nous sommes descendus en troisième division, les supporters étaient toujours présents. C'était d'autant plus difficile à vivre qu'à cette époque, nos rivaux gagnaient tout ce qu'il y avait à gagner. Ce n'était pas une partie de plaisir de voir l'autre club de Manchester devenir la formation la plus titrée du pays. Mais je crois que nous avons montré ce que nous valions vraiment au cours de cette période.

Qu'attendez-vous de votre équipe, cette saison ?
La saison dernière, le titre s'est joué pratiquement à la dernière seconde. Ça pourra difficilement être plus serré cette fois-ci. Chelsea sera là, tout comme United et City. Mon cœur penche évidemment pour les Citizens mais il est encore trop tôt pour avoir des certitudes. Ça va se jouer à pas grand-chose. Le titre a basculé à la différence de buts la dernière fois. Chaque point vaut donc très cher. Je sais que nous pouvons gagner mais, en vérité, ça se jouera entre ces trois clubs. City, United et Chelsea seront sur le podium mais pas forcément dans cet ordre.

Qui va remporter le FIFA Ballon d'Or 2012, selon vous ?
Les deux meilleurs joueurs du monde sont actuellement Messi et Ronaldo, ça ne fait aucun doute. Je n'aime pas le reconnaître mais Ronaldo est un grand joueur. Tout ce que je lui reproche, c'est d'avoir porté les couleurs de l'ennemi. Mais il n'en reste pas moins un très bon footballeur. Ces deux-là vont encore monopoliser les suffrages. Peut-être que cette année va sourire à Ronaldo. Il me semble avoir mieux débuté la saison que Messi.