Personne ne contestera la place de Marta parmi les footballeuses les plus talentueuses du monde. Il suffit d’assister à l’un des matches de la Brésilienne pour en avoir le cœur net. Ces derniers temps pourtant, la numéro 10 auriverde a peut-être du mal à ressentir qu’elle fait bien partie du gratin. La raison en est que la Seleção Brasileira peine à tenir sa place dans le cercle fermé des meilleures équipes de la planète.

Finaliste de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Chine 2007 et du Tournoi Olympique de Football Féminin, Pékin 2008, le Brésil s'est fait sortir en quart d'Allemagne 2011 par les États-Unis et au même stade lors du Tournoi Olympique de Football féminin 2012, face au Japon. Meurtrie par cette nouvelle désillusion, Marta n'a pu retenir ses larmes et a invité son pays à réfléchir sur son approche du football féminin, dont elle est depuis longtemps la tête de gondole.

Lors d’un entretien avec FIFA.com, la superstar avoue ne pas avoir digéré ces déconvenues et nous livre ses pronostics pour les récompenses qui seront remises le 7 janvier 2013 à l'occasion du Gala FIFA Ballon d'Or.

Marta, quel regard portez-vous sur votre saison 2012 ?
Je crois qu'elle aurait pu être meilleure. Au bout du compte, je travaille pour gagner le plus de titres possible, tout en sachant que ce n'est pas toujours facile.

Ressentez-vous de la frustration par rapport aux récents résultats de la Seleção ? Pensez-vous qu'ils compromettent vos ambitions en matière de distinctions personnelles ?
Je crois que personne ne se satisfait des derniers résultats. On a beaucoup de qualités et on doit mieux les exploiter. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous sur le plan collectif, c'est tout le groupe qui en pâtit. Et puis ça se répercute bien évidemment au niveau individuel.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites quant au besoin de changement au sein de la sélection brésilienne. Selon vous, quelle doit être la première étape ?
Je crois que la première étape, c'est de mieux organiser notre calendrier. Dans ce domaine, on est en retard par rapport à plusieurs pays : ça fait un moment qu'ils nous devancent. Il faut absolument remettre le sport au centre des priorités.

Les défaites face aux États-Unis à Allemagne 2011 et au Japon à Londres 2012 relèvent-elles de faits isolés ou le Brésil se situe-t-il aujourd'hui un cran en dessous des meilleures équipes du monde ?
Dans ma tête, je me passe un film ; j'y revois le match contre les Américaines et celui contre les Japonaises. Je crois qu'on aurait pu faire mieux. On doit apprendre à jouer ce type de matches, on doit se donner à 100 % sur chaque rencontre. On sait que sur les dernières années, on a laissé filer l'occasion de nous installer parmi les meilleures équipes du classement mondial, mais on sait aussi qu'on a les moyens de retrouver les sommets.

Le Brésil est-il devenu trop dépendant de votre talent ?
Je ne crois pas. Le plus important pour le Brésil, c'est de proposer le plus beau football du monde et de travailler dur pour bâtir un collectif solide. C'est évident que le talent individuel ne peut pas être mis de côté, mais quand on travaille bien collectivement, la dimension individuelle vient naturellement.

Si vous deviez voter pour la Joueuse de l'Année de la FIFA, qui choisiriez-vous ? Et pour l'Entraîneur de l'Année ?
Je voterais pour la Canadienne Christine Sinclair pour le titre de meilleure joueuse de l'année. Dans la catégorie entraîneurs, je pencherais pour Pia Sundhage.

Avez-vous été surprise par une autre joueuse en 2012 ? Une footballeuse qui a nettement progressé ?
J'aime beaucoup Sinclair. J'ai eu l'occasion de jouer dans la même équipe qu'elle et elle a toujours été excellente mais cette année elle a été, selon moi, la grande artisane de la médaille de bronze du Canada aux Jeux Olympiques.

Et chez les hommes, quels seraient vos choix ?
Lionel Messi reste le meilleur du monde. Dans la catégorie entraîneurs, j'aime beaucoup Sir Alex Ferguson.

Et pour le Prix Puskás de la FIFA ? Avez-vous vu les dix buts ? Quel est votre préféré ?
J'ai beaucoup aimé le but du Bolivien Mealla. C'est un geste qui sort de l'ordinaire, qu'on ne voit pas souvent.


La campagne FIFA “Live Your Goals” incite les jeunes filles à pratiquer le football. Que leur diriez-vous pour les motiver ?
Oui, la campagne "Live Your goals" est très stimulante. J’aimerais d’ailleurs m’y impliquer davantage. Malheureusement, dans le monde du football, énormément de jeunes filles luttent pour vivre leur rêve. Ça a été mon cas dans mon enfance. Mon conseil serait le suivant : Plus tu aimes le football, plus tu te dois d’être enthousiaste, passionnée et motivée par ce que tu fais. Cela aide à se surpasser. Et c’est en se surpassant qu’on atteint ses rêves. Il ne faut jamais abandonner !