Si le football se démocratise aux Etats-Unis, dans les vestiaires des autres sports majeurs du pays, il reste une énigme. Un championnat fait exception à cette indifférence : la NBA. Le championnat nord-américain de basketball compte plus de 70 joueurs internationaux. Et forcément, chez les Européens et Sud-Américains, le ballon rond intéresse. Pour le Slovène Goran Dragic (Phoenix Suns) et l’international français Nando De Colo (San Antonio Spurs), il relève même des premières amours.

"Je suis fan de foot depuis tout petit. J’y ai joué entre 9 et 11 ans, à toutes les positions. J’ai même été gardien de but. Je suis supporteur du RC Lens et la saison du titre j’allais voir plein de matches avec mon père à Bollaert", confie le shooteur des Bleus à FIFA.com. "J’ai joué au football jusqu’à 11 ans mais j’ai dû arrêter après une blessure. Mon père a évolué en première division en Slovénie, j’ai baigné dedans et je n’ai jamais décroché", avoue lui Dragic, tifoso passionné de l’AC Milan.

Quand il s’agit de donner sa préférence pour le FIFA Ballon d’Or, De Colo est le seul des six pensionnaires interrogés à ne pas donner sa faveur à Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi. Il s’explique : "Je voterais pour Iker Casillas. Comme l’Espagne a remporté l’EURO, ça doit être un Espagnol. Le Real Madrid a été champion et plutôt bon en Ligue des champions, même s’il n’est pas allé au bout. Casillas le mérite sur l’ensemble de sa carrière, il est tellement régulier. Pourtant mon joueur préféré c’est Andrés Iniesta, une arme offensive complète qui marque toujours les buts décisifs."

Le Brésil vote Leo...
Voilà donc pour la seule voix discordante. Dragic en tête, nos sondés n’ont de différents que le choix de l’élu. Pour le meilleur joueur suisse de l’histoire Thabo Sefolosha, les lauriers vont à Leo. "Franchement il est vraiment très, très impressionnant et en plus j'aime bien Barcelone", nous justifie l’ailier d’Oklahoma City, finaliste du championnat la saison passée.

Le Brésilien Anderson Varejao rejoint le club des pro-Messi. "Même s’il a déjà gagné trois fois, c’est pour moi encore le grand favori", nous confie le pivot des Cleveland Cavaliers. "Iniesta vient en deuxième pour récompenser le parcours de l'Espagne à l'EURO. Mais aussi parce qu'il est ultra complet et quasiment aussi important que Messi au FC Barcelone. Enfin, je mets Neymar en troisième. Il survole le championnat brésilien et a atteint un niveau qui lui permet d'être considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs joueurs du monde."

... les Balkans, Cristiano
Dans le camp opposé des admirateurs de Cristiano Ronaldo, le soutien au Madrilène se trouve dans les Balkans. Chez nos trois protagonistes de l’ex-Yougoslavie, le Portugais fait le plein. "Pour le Ballon d’Or, ça ne peut se jouer qu’entre Ronaldo et Messi. Je vais prendre le contre-pied de la majorité des observateurs en votant Ronaldo. Je préfère le jeu du Real, ils ont fait une grosse saison et lui a été phénoménal", assure Dragic.

Même son de cloche chez le Bosnien Mirza Teletovic : "Pour moi, c'est Cristiano Ronaldo qui le mérite. C'est un joueur complet et marque de n'importe quelle position. C'est un fantastique joueur, un athlète unique." L’ailier-fort des Brooklyn Nets développe son explication, en n’oubliant pas Zlatan Ibrahimovic dans les louanges. "Je trouve que Cristiano est extraordinaire, c’est le prototype du joueur moderne. Il a réalisé une saison super complète avec le titre de champion d'Espagne et la demi-finale de l'EURO, où il a été très bon. En deuxième, je mettrais Zlatan. C'est un joueur de classe mondiale et un leader qui permet aujourd'hui au Paris- Saint-Germain d'atteindre le très haut niveau."

Dans l’analyse du Monténégrin Nikola Vucevic, qui a grandi en Belgique, l’arme fatale du Real Madrid est un choix quasi obligatoire. "Il a marqué plus de cinquante buts la saison passée et a réalisé un super EURO avec le Portugal. Il a porté le Real sur ses épaules pour les emmener vers le titre, permettant de remettre en cause l'hégémonie du Barça sur la Liga. C'est un joueur qui sait tout faire, peut être le plus complet au monde." Chez l’Oncle Sam, les imports de la balle orange ont l’œil avisé quand le rond s’invite dans la conversation.