Le Salvador met les bouchées doubles en préparation. L'an dernier, les protégés de Rudis Gallo avaient créé un précédent historique en offrant à la nation centraméricaine sa première qualification pour une Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA. L'exploit avait été fêté comme il se doit dans tout le pays. Malheureusement, une fois dans le grand bain, les Salavadoriens n'avaient pas réussi à exprimer leurs qualités, quittant la plage du Prado avec trois défaites dans les valises.
Forts de cette première leçon, les Cuscatlecos aborderont l'aventure émirienne dans un état d'esprit différent. Débarrassés du stress inhérent à un baptême du feu, ils voudront faire mieux que l'an dernier et, pourquoi pas, accéder au deuxième tour.
Avec les moyens du bord
La mission ne s'annonce pas facile car le groupe dans lequel a été versée la sélection salvadorienne n'a rien de rassurant. Il sera composé de la puissante Espagne, championne d'Europe en titre, de la Côte d'Ivoire, vice-championne d'Afrique, et d'un représentant asiatique restant à définir. Aussi Gallo a-t-il tenté de concocter une préparation aussi méticuleuse que possible afin que son équipe arrive sur le tournoi dans les meilleures dispositions.
En stage, les joueurs ont travaillé ensemble sur les plages salvadoriennes, ce qui a contribué à former un groupe solide et compact. Hélas, la sélection n'a pu trouver d'adversaires pour disputer des matches amicaux, si bien que l'entraîneur a été contraint d'improviser en cours de route. "L'équipe reste concentrée sur ce qui l'attend. Grâce à Dieu, nous n'avons pas de blessés à déplorer", affirme le sélectionneur, avant d'exprimer ses regrets. "Malheureusement, nous n'avons pas pu obtenir de matches de préparation avec des équipes sud-américaines ou le Costa Rica. Ça nous aurait été très utile, mais nous allons travailler au pays, en faisant notre maximum avec les moyens du bord".
Gallo sait que rien ne vaut une solide préparation collective pour compenser ce manque de confrontation au niveau international. Aussi a-t-il renouvelé sa confiance au groupe qui a décroché le ticket pour Dubaï 2009 lors du tournoi qualificatif de la CONCACAF. D'ailleurs, il a carrément décidé de reconduire les 12 joueurs concernés. "Ce processus ira jusqu'à la fin de la Coupe du Monde, en novembre prochain. Le groupe doit donc rester soudé. C'est pour ça que j'ai retenu les gars qui ont fait le tournoi qualificatif au Mexique. Nous travaillons dur et ça nous apporte beaucoup de motivation", indique-t-il.
Reconnaissance et requête
Avant de prendre part à la grand-messe de la discipline, les membres de la Bicolor version beach, très populaires dans leur pays, ont reçu les honneurs de l'Assemblée législative. Lors d'une cérémonie organisée sur la Plaza de las Banderas, l'encadrement technique et les joueurs ont été distingués et ont reçu un diplôme venant récompenser leur réussite. "C'est un petit détail très sympathique qui motive les garçons à bosser dur et à porter fièrement les couleurs du Salvador", savourait Gallo lors de la cérémonie. "Les parlementaires nous ont dit qu'ils sont fiers de ce groupe et ils nous ont demandé d'être un exemple pour toutes les disciplines sportives."
Pour rester la fierté de sa nation, la sélection a besoin des meilleures conditions. Le staff technique a donc demandé que la délégation arrive aux EAU le plus tôt possible. Pour l'instant, le programme prévoit un atterrissage quatre jours seulement avec le coup d'envoi. La requête a été entendue et il y a de bonnes chances pour qu'elle soit satisfaite. "L'entraîneur a formulé une demande au sujet du déplacement à Dubaï. Nous sommes en train d'étudier ce point pour allonger la durée du séjour", affirme Reinaldo Vázquez, président de la commission de normalisation du sport au Salvador.
C'est donc avec humilité mais détermination que la sélection salvadorienne de beach soccer suit son chemin. Le rendez-vous de novembre approche. Comme à chaque fois qu'ils posent leurs pieds sur le sable de la grande arène, les gladiateurs cuscatlecos seront prêts à relever le défi.


