Tahiti a écrit l'un des contes de fées de l'année 2013. La nation polynésienne a participé à la Coupe des Confédérations de la FIFA en juin 2013 et quelques mois plus tard, elle est devenue le deuxième pays océanien après la Nouvelle-Zélande à accueillir un tournoi mondial, à savoir la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA.

Sous le soleil de Papeete, les Tiki Toa (dieux guerriers) ont fait honneur à leur surnom en atteignant les demi-finales contre des adversaires souvent plus réputés. Du même coup, Tahiti est entré dans l'histoire en devenant le premier représentant de l'OFC à se hisser dans le dernier carré d'un tournoi de la FIFA. En outre, Raimana Li Fung Kuee a décroché le Ballon de Bronze adidas de Tahiti 2013, une première pour un joueur des îles du Pacifique.

Rejouer la partition de 2013
Le succès de Tahiti sur le sable est basé sur un mélange d'aisance technique naturelle et de puissance physique au-dessus de la moyenne sur la scène mondiale. À Portugal 2015, le défi sera de montrer à la planète que cette réussite n'était pas le fruit du hasard. "Cela va être difficile cette année, car l'effet de surprise ne jouera plus en notre faveur. Nous sommes attendus", explique Li Fung Kuee au micro de FIFA.com au sujet du tournoi qui aura lieu en juillet prochain. "Nous voulons prouver que nous méritons notre place parmi l'élite de la discipline et que notre performance à la dernière Coupe du Monde n'était pas un coup de chance."

Li Fung Kuee estime que Portugal 2015 sera une expérience spéciale, en particulier pour les joueurs lusitaniens. "Jouer une Coupe du Monde devant sa famille et ses amis est quelque chose d'extraordinaire. C'est unique dans la vie d'un sportif. Et puis, c'était totalement irréel de voir qu'une petite île du Pacifique pouvait rivaliser avec des géants comme le Brésil, la Russie et l'Espagne."

Il y a deux ans, Tahiti avait effectué une préparation de longue durée sous la houlette de l'entraîneur suisse Angelo Schirinzi. Li Fung Kuee reconnaît volontiers que les Tiki Toa n'arriveront pas au Portugal aussi bien préparés qu'il y a deux ans. Peut-être, mais au vu de ses prestations lors des deux dernières éditions du Mondial, Tahiti semble capable de sortir d'un groupe comprenant également la Russie, le Paraguay et Madagascar.

Les affinités de Tahiti avec le football de plage ne datent pas d'hier. Elle a ainsi organisé la première édition du Championnat de Beach Soccer de l'OFC, il y a dix ans sur la petite île de Moorea. De plus, l'héritage de Tahiti 2013 continue de se faire sentir. Schirinzi est allé à Papeete récemment diriger un stage FIFA à destination des entraîneurs de beach soccer, avec l'aide du sélectionneur de Tahiti à l'occasion de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013, Eddy Etaeta, et du joueur des Tiki Toa, Tearii Labaste. Plus d'une vingtaine de techniciens et d'entraîneurs aspirants, dont Li Fung Kuee, sont venus des quatre coins de la Polynésie française pour écouter les conseils pratiques et théoriques du prestigieux stratège suisse.

Sable et gazon
Intenable à son poste d'ailier sur le sable, Li Fung Kuee est, au même titre que plusieurs de ses coéquipiers, un double international. Il n'a pas participé à Brésil 2013 pour pouvoir se concentrer sur la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA qui se déroulait quelque mois plus tard. Produit du centre de formation du FC Nantes, il a évolué à l'AS Dragon puis à l'AS Pirae, participant même à la Ligue des champions de l'OFC avec ces deux clubs.

L'année prochaine, Tahiti a rendez-vous avec les qualifications océaniennes pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018™. Cela dit, c'est sur le sable que Li Fung Kuee, âgé de 30 ans et né de parents chinois et polynésien, se trouve le plus à l'aise. Cela tombe bien, c'est sur cette surface que se situe son prochain grand rendez-vous : Portugal 2015.