Quand Emmanuele Zurlo a rejoint l'Italie il y a deux ans, la Squadra azzurra a renforcé son secteur offensif. Mais pas seulement. Pour sa première participation à la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, le joueur de 27 ans est aujourd'hui le meilleur buteur de l'équipe. Avec sept réalisations en quatre matches, il coiffe tous ses coéquipiers. Au sens figuré… comme au sens propre.

Zurlo est aussi adroit balle au pied que ciseaux à la main. Il a donc gagné la confiance de la délégation italienne aussi bien pour faire trembler les filets adverses que pour faire tomber les cheveux en trop. "C'est avant tout un plaisir. Je me suis d'abord coupé les cheveux à moi-même. Après, j'ai réussi à avoir quelques 'cobayes', et le résultat a été plutôt bon. Le nombre de mes clients a augmenté et peu à peu, je suis devenu le coiffeur officiel de la sélection. Aujourd'hui, le chef de notre délégation est venu à notre hôtel pour que je lui coupe les cheveux", explique l'Italien au micro de FIFA.com. "Je fais le gros du travail à la machine, puis je peaufine avec les ciseaux".

Comme pour tout bon artisan, la reconnaissance a fini par venir. "Vous savez quoi ? L'autre jour, j'ai reçu un appel d'un joueur de la Suisse. Il m'a demandé si je pouvais lui couper les cheveux. Si ça commence à ne plus aller pour moi sur le sable, je saurai comment me reconvertir", lance-t-il en rigolant.

Le salon attendra
S'il maintient son niveau sur la plage, Zurlo devra patienter encore quelque temps avant d'ouvrir un salon de coiffure. Avant le coup d'envoi de Portugal 2015, il n'avait jamais disputé une Coupe du Monde. Aujourd'hui, après quatre rencontres au cours desquelles il a toujours été buteur, il est deuxième meilleur finisseur de la compétition avec sept réalisations, une de moins que le Paraguayen Pedro Morán et le Suisse Noel Ott, qui ont tous les deux fait leurs valises.

"Pour être honnête, je suis le premier surpris, car je n'imaginais pas marquer autant de buts ici", poursuit Zurlo, auteur de deux des trois buts italiens, dont celui de la victoire 3:2, en quart de finale face au Japon. "Ces deux dernières années, j'ai appris à me sentir beaucoup plus à l'aise aux côtés de mes coéquipiers. Pas seulement offensivement, mais également dans le travail collectif que nous faisons pour revenir défendre chaque fois que nous perdons le ballon."

De fait, l'Italie possède la meilleure défense de la compétition, avec seulement neuf buts encaissés en quatre matches. Avec autant de sécurité derrière, il "suffit" pour s'imposer d'avoir quelqu'un devant, comme Zurlo, capable de transformer quelques opportunités. C'est comme ça que les Transalpins ont conquis, avec quatre victoires en autant de sorties, leur place en demi-finale contre Tahiti.

"Nous étions parfaitement conscients que contre l'Italie, il y aurait peu de buts, et qu'il allait falloir profiter de chaque opportunité", a commenté le technicien brésilien du Japon, Marcelo Mendes. "Nous connaissions Zurlo et sa qualité devant le but adverse. Nous avions mis au point un système pour le neutraliser. Ça a marché pendant un temps, mais c'est un très grand joueur. Il ne lui faut pas beaucoup d'occasions pour marquer."

Un très grand joueur. C'est d'ailleurs pourquoi il n'est pas encore très connu comme coiffeur.