Il a débuté à Gremio en 1994 et rejoint le Bayer Leverkusen trois ans plus tard. Le Brésilien Emerson s’est ensuite construit une carrière pleine de succès en Europe, remportant des titres en Serie A italienne avec la Roma, la Juventus et l’AC Milan, club avec lequel il a gagné la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2007, puis en Espagne au sein du Real Madrid. En équipe nationale, il aura également connu un joli parcours. Au fil des 20 années pendant lesquelles il a porté le maillot auriverde, il a été finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998 et de la Coupe des Confédérations de la FIFA 1999.

Mais le temps passe vite et l’ancien joueur est aujourd'hui, à 40 ans, engagé dans le monde de football d’une façon différente, en tant que FIFA Legend. Ce nouveau rôle l’a amené jusqu’au sable des Bahamas pour le Tirage au sort officiel de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2017. FIFA.com s’est entretenu en exclusivité avec lui pour évoquer ses nouvelles fonctions et la compétition qui aura lieu à Nassau du 27avril au 7 mai.

Emerson, en tant que Brésilien, vous avez dû jouer un peu au football sur le sable. Quels souvenirs en conservez-vous ?
Au Brésil, on commence toujours sur le sable, puis on passe au futsal et on finit sur la pelouse. J’ai commencé à neuf ans et j’ai tapé pour la première fois dans un ballon sur le sable. Cela aide beaucoup. Le contrôle du ballon, l’un des grands défis quotidiens pour les professionnels, est plus facile à acquérir quand on l’a appris tout jeune sur le sable. Avec le temps, tout devient plus simple et naturel sur les autres surfaces. Après, je suis passé au football classique mais je peux vous garantir que cette première étape de ma vie m’a énormément apporté.

Le Brésil a une équipe très forte. Quel regard y portez-vous à l’approche du Tirage au sort ?

Indépendamment du groupe dans lequel le Brésil sera versé, on sait que ce sera très équilibré. Il y a des équipes qui n’ont pas de tradition très marquée dans le football normal, mais qui sont très fortes sur le sable. Le Brésil a une belle équipe et peut réussir une belle compétition, mais ce n’est pas le seul. Tous les matches seront compliqués, mais les Brésiliens, avec leur effectif, sont prêts à réussir un beau parcours.

Vous étiez un joueur puissant qui aimait le défi physique. Le Beach Soccer propose un jeu différent, où il faut beaucoup courir. Qu’est-ce qui fait un bon joueur de Beach Soccer ?

C’est un jeu totalement différent, à commencer par la surface, le sable, qui complique beaucoup les choses. Il y a donc des différences techniques. Les joueurs lèvent beaucoup le ballon pour les transmissions. Le terrain est plus petit et il y a différents moyens de déplacer le ballon que je n’ai, à titre personnel, pas eu le temps d'approfondir. Je pense que j’aurais donc du mal à jouer, il me faudrait un temps d’adaptation. C’est pour que ça que je suis admiratif de ce que réussissent les joueurs de Beach Soccer.

Les Bahamas, l’équipe hôte, ne font pas partie des favoris, mais elles vont jouir du soutien du public…

L’équipe locale aura, en effet, un avantage certain grâce à ses supporters et à l’ambiance qu’ils génèrent. Ils vont vraiment pousser leur équipe. Cela donne plus de responsabilité, mais c’est vraiment une aide dans ce genre de compétitions.

Vous êtes présent ici en tant que FIFA Legend. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Pour moi, c’est une fierté car il y a peu de joueurs qui peuvent jouer ce rôle. Je pense que l’on s’est souvenu du travail que j’ai fait pendant de longues années dans les différentes équipes où je suis passé et avec le Brésil. Quand on a joué pour son pays, on laisse un héritage important. Donc je tiens à remercier la FIFA de l’occasion qui m’a été donnée.

La FIFA, sous la nouvelle présidence de Gianni Infantino, veut que le football revienne à la FIFA et la FIFA au football. Est-ce une bonne idée de faire appel aux professionnels ?
J’ai eu l’occasion de rencontrer le Président Infantino et j’ai été séduit par ce qu’il m’a dit et par ce qu’il compte faire de la FIFA, par la place qu’il veut donner aux sportifs dans tous les débats autour du football. La FIFA a une très grande responsabilité. L’image donnée en ce moment est très bonne. Je pense que les gens sont contents de voir la mentalité actuelle du Président. En tout cas, il peut compter sur moi et sur tous les sportifs. Je pense que chacun apportera ce qu’il sait faire.

En tant que nouvel ambassadeur du Beach Soccer, vous avez pu découvrir le stade de la Coupe du Monde…
Oui et je l’ai trouvé très bien ! Tout est très bien organisé. Il faut féliciter tous ceux qui ont contribué à ce projet. Les Bahamas, c’est le bonheur. Les gens chantent dans la rue et le peuple va transmettre toute cette joie de vivre sur le sable. Sur ce point, les Bahamiens ressemblent aux Brésiliens. Nous aussi nous sommes habitués à vivre le football de façon joyeuse.