Isiaka Olawale l'avoue : il préfère le football à onze à sa version à cinq sur le sable. Cela ne l'empêchera pas de défendre les couleurs du Nigeria en Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Bahamas 2017. "Nous avons dû surmonter bien des difficultés pour nous qualifier", confie à FIFA.com le capitaine nigérian de 33 ans. "Nous avons manqué les deux dernières éditions du tournoi. Notre défaite face aux Sénégal en demi-finale aux Seychelles nous a privés du voyage au Portugal. C'était très dur à vivre. En 2013, nous avons encore perdu contre les Sénégalais dans le dernier carré. Cette fois, nous avons rappelé quelques joueurs expérimentés pour les préliminaires. En tant que capitaine, j'ai pris la parole devant mes coéquipiers pour souligner la chance qui s'offrait à nous. Le championnat d'Afrique avait lieu chez nous, nous avions toutes les cartes en main." 

Versés dans le Groupe A, les Super Sand Eagles ont affronté la Côte d'Ivoire, l'Égypte et le Ghana au premier tour. "Les Ivoiriens et les Égyptiens sont des habitués des demi-finales et les Ghanéens ne sont pas mauvais non plus. Mais nous voulions absolument éviter de croiser à nouveau le Sénégal", avoue Olawale. 'Pour ça, il nous fallait terminer en tête de notre groupe."

Mission accomplie, et en guise de récompense, les locaux ont affronté le Maroc en demi-finale. En s'imposant 6:1, ils se sont ouvert les portes de la finale et validé leur billet pour les Bahamas. Leur parcours s'est certes achevé sur un revers face aux Sénégalais - encore ! -, mais les Super Sand Eagles sont tout de même repartis avec le sentiment du devoir accompli. Le Nigeria évoluera dans le Groupe B de l'épreuve bahaméene avec l'Iran, l'Italie et le Mexique. Bahamas 2017 marquera par ailleurs la quatrième participation d'Olawale au rendez-vous mondial. Présent en 2007 au Brésil puis en 2009 aux Émirats Arabes Unis, il était également du dernier voyage des Super Sand Eagles en phase finale. C'était en 2011, à Ravenne, en Italie. 

D'une sélection à l'autre
Olawale a débuté sa carrière sur les pelouses, et malgré sa riche expérience sur le sable, il évolue toujours au plus haut niveau dans cette discipline à onze, puisqu'il porte les couleurs d'El Kanemi Warriors, dans l'élite nigériane. "Quand je jouais au WA Tlemcen en Algérie, on s'entraînait souvent sur la plage. Je me suis rendu compte que j'étais à l'aise sur cette surface", explique-t-il. "De retour au Nigeria en 2006, on m'a proposé de rejoindre l'équipe nationale de beach soccer. Je ne voulais pas manquer une telle opportunité, même si ma préférence reste au football classique."

Il a d'ailleurs également honoré plusieurs sélections chez les Super Eagles lorsque l'Allemand Berti Vogts était en poste. "J'ai joué plusieurs matches avec le Nigeria. Je n'ai pas abandonné tout espoir de revenir en équipe nationale, mais il faut être réaliste : il y a beaucoup d'excellents milieux de terrain", admet-il. "Ça ne va pas être facile pour moi de me faire une place. Le football traditionnel m'a séduit le premier et il a ma préférence. Le beach soccer est beaucoup plus physique. Individuellement, il faut être très fort pour réussir dans cette discipline. À onze, un joueur en difficulté peut toujours se reposer sur ses coéquipiers. Mais je ne néglige pas pour autant tout ce que le beach soccer m'a apporté", conclut-il.