Avec dix sacres professionnels à son actif, Emelec n'est que le troisième club le plus titré d'Equateur, mais la place de l'equipo eléctrico dans l'histoire du football national dépasse le cadre des statistiques. FIFA.com vous présente l'une des institutions les plus importantes du sport équatorien, qui fête en cette année 2009 ses 80 ans.
Naissance d'une institution
L'Américain George Lewis Capwell n'a pas encore 25 ans lorsqu'il pose ses valises en Equateur en 1926 pour prendre la tête de l'Empresa Eléctrica del Ecuador. Un an auparavant, les employés de cette société de production d'électricité ont formé une équipe de football baptisée Emelec. Cette formation a du reste remporté le championnat de Guayaquil dès sa première année d'existence.
Malgré le caractère extra-officiel et éphémère de cette première mouture, plusieurs de ses membres formeront le noyau du club sur le point de voir le jour à l'initiative de Capwell. Athlète accompli, le New-Yorkais voit dans le sport une façon de motiver ses employés. C'est ainsi que le Club Sport Emelec est fondé le 28 avril 1929, lors de l'Assemblée générale célébrée au cœur de l'Astillero, quartier traditionnel de Guayaquil.
La légende en marche
A ses débuts, l'institution possède des sections natation, baseball, boxe, basket-ball et athlétisme, mais le balompié prend très vite le dessus, même si Capwell freine des quatre fers. L'équipe de football possède même un maillot exclusif, couleur bleu nuit avec un col en V. Au fil du temps, la tunique évoluera vers le modèle le plus populaire : bleu électrique avec une bande diagonale gris plomb sur la poitrine.
En 1943, Emelec affronte pour la première fois Barcelona SC. Né dans le même quartier, ce dernier deviendra peu à peu son plus grand ennemi. Encore aujourd'hui, le derbi del Astillero reste l'événement le plus attendu des amoureux du football équatorien.
Au milieu des années 1940, grâce à sa puissance économique, Emelec se renforce avec l'arrivée de joueurs étrangers, ce qui lui vaut le surnom de Millonarios. Le prestige octroyé par ses titres de 1946 et 1948 sera amplifié par sa participation à la Copa de Campeones disputée au Chili en 1948. L'Eléctrico devient alors le premier club du pays à prendre part à une compétition internationale.
Au cours des années 1950, le football équatorien opère sa mutation vers le professionnalisme. Cette transition n'empêche pas Emelec de poursuivre sa moisson de titres, bien au contraire. Au niveau régional, il s'adjuge deux fois le titre de Guayaquil en 1956 et 1957, avec une équipe surnommée le Ballet Azul (le ballet bleu) en raison de son jeu léché. En 1957, il s'offre le plaisir de remporter le premier titre national du football équatorien.
Le Ballet Azul offrira une décennie dorée à Emelec puisqu'il décrochera cinq nouveaux titres. En 1962, il devient le premier club du pays à disputer la Copa Libertadores et à y remporter un match (4:2 face aux Colombiens de Millonarios). Les attaquants de cette équipe de rêve qui partira en tournée dans le monde entier sont baptisés Los Cinco Reyes Magos (les cinq rois mages).
En 1979, Emelec obtient sa cinquième étoile, mais l'année suivante, il vit l'année la plus triste de son histoire : la relégation. Après des années 1980 à oublier, le club retrouvera le chemin du succès dans les années 1990. Avec une équipe spectaculaire essentiellement composée de joueurs issus du centre de formation, Emelec signe sa premier passe de deux de l'ère professionnelle grâce à ses titres en 1993 et 1994. En 1995, il atteint la demi-finale de la Copa Libertadores, lors de laquelle il s'incline face à Gremio, futur vainqueur.
Aujourd'hui
Certes, Emelec peut se targuer de ne pas avoir traversé une seule décennie sans titre, même au 21ème siècle, mais les dernières années sont plutôt difficiles. Depuis son sacre en 2002, ses seuls faits d'armes sont une deuxième place en 2006 et une participation à la Libertadores en 2007. En cette année 2009 qui voit l'institution souffler ses 80 bougies, les supporters se reprennent à rêver puisque leur équipe est l'une des grandes animatrices du championnat en cours.
Le stade
La construction du stade George Capwell a débuté en 1943. A son inauguration, le 21 octobre 1945, sa première vocation était d'accueillir des parties de baseball. Malgré tout, l'enceinte accueillera son premier match de football dès le 2 décembre. Emelec se serait imposé 5:4 face à une sélection de Manta-Bahía. En 1947, le Campeonato Sudamericano (ancienne Copa América) est l'occasion de l'aménager spécialement pour le ballon rond.
Situé au sud de Guayaquil, le stade est sur le point d'être détruit par manque d'entretien dans les années 1970 et 1980. Il est officiellement rouvert en 1991 et, après plusieurs réaménagements, il devient une arène moderne pouvant accueillir 25 000 personnes. En 1993, il accueille des matches de la Copa América. Un projet destiné à porter sa capacité à 40 000 a été formulé.



