Quand on parle football en Amérique centrale, on parle forcément du club hondurien d'Olimpia. Connu sous le nom du Viejo león (le vieux lion), le club hondurien est non seulement le plus titré du pays, mais aussi celui qui soulève les passions les plus ardentes.

Il est curieux de constater qu'à ses débuts, l'équipe olimpista ne pratiquait pas le football mais le baseball, le sport le plus populaire du pays à l'époque. Autant dire que personne ne lui prédisait alors un avenir aussi radieux, jalonné de plus de 30 titres nationaux et 8 internationaux sur la verte pelouse...

Naissance d'une institution
C'est au début de la deuxième décennie du 20ème siècle qu'un groupe d'amis de la batte décide de monter un club de baseball, histoire de s'adonner à leur passion dans les règles de l'art. Ils le baptisent "Nacional Olimpia" en l'honneur des Jeux Olympiques qui se disputent cette année-là à Stockholm. Avec le temps, ce 12 juin 1912 deviendra une date fondatrice de l'histoire du ballon rond hondurien.

Au bout de quelques années, le club fait une place au football, une discipline qui attire de plus en plus d'amateurs dans le pays et qui ne tardera pas à devenir le sport roi. Mais contrairement à l'esprit qui a inspiré la création d'Olimpia, ses joueurs, tout de blanc vêtus, font preuve d'une envie de vaincre quasiment viscérale qui va orienter de façon décisive l'incroyable trajectoire du club.

Le premier sacre arrive en 1928, au terme d'une finale particulièrement disputée face à Marathón de San Pedro Sula. La bataille est tellement âpre que ce duel devient d'emblée un derby. D'ailleurs, la rivalité est encore aujourd'hui très vive entre les partisans des deux clubs.

La légende en marche
C'est à la fin des années 1950 qu'Olimpia commence à imposer, titre après titre, son hégémonie sur le football hondurien. Entre 1957 et 1964, les Merengues, sous les ordres de Ricardo Rodríguez et Rolin Castillo, s'adjugent non moins de sept titres nationaux, laissant échapper la seule édition de 1962.

En 1965, le passage au professionnalisme altère à peine le cavalier seul d'Olimpia, qui retrouve les sommets en 1966/67 et 1967/68. Deux ans plus tard, le club remporte le championnat sans concéder la moindre défaite, un exploit qu'aucune autre formation n'a réussi depuis lors.

Par la suite, le Viejo león s'est montré tout aussi vorace, sauf pendant une courte période au début des années 1970. Et c'est sans doute pendant les années 1980 qu'il a rugi le plus fort, par exemple lorsque son contingent formait l'ossature de l'équipe nationale hondurienne à la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982. Ou encore lorsque le club a remporté la Coupe de Champions de la CONCACAF, avant de voir ses meilleurs éléments émigrer à l'étranger, à l'image de Dolmo et Juan Flores.

Aujourd'hui
Si la dernière décennie du siècle n'a pas permis à Olimpia de briller, le changement de millénaire lui a été particulièrement bénéfique. En effet, la formation olimpista a soulevé la coupe nationale à sept reprises depuis 2001 et son parcours victorieux ne semble pas près de s'arrêter. A l'heure actuelle, les Merengues dirigés par le Mexicain Juan de Dios Castillo vont disputer les demi-finales du championnat contre Real España, un choc qui s'annonce haletant.

Par ailleurs, le Viejo león a profité des années 2000 pour se distinguer sur la scène internationale. En 2001, il n'a échoué qu'en finale de la Coupe des Champions de la CONCACAF, mais en réalisant en chemin l'un des matches les plus accomplis de son histoire, à l'occasion d'une victoire 4:0 sur les Mexicains de Pachuca.

Le stade
Le stade "Tiburcio Carías Andino" est situé au cœur de la capitale hondurienne, Tegucigalpa, dans le quartier Morazán. Il a une capacité de 37 000 spectateurs et a été inauguré le 15 mars 1948.