Plus ancienne équipe de football de Rome, la Lazio souffle régulièrement le chaud et le froid alternant gloire et relégation, gestion modèle et crise financière, titres et scandales. Avec seulement deux scudetti, les Romains ne possèdent pas un palmarès comparable aux grands d'Europe. Mais le club joue souvent les premiers rôles tant sur le plan sportif qu'extra-sportif avec une incroyable capacité à surmonter toutes les crises.

Par ailleurs, la rivalité entre la Lazio et l'AS Rome est un grand classique du football italien, un derby de feu qui enflamme régulièrement la Ville Eternelle.

Naissance d'une institution
La Societa Sportiva Lazio a vu le jour à Rome le 9 janvier 1900, place de la Liberté, à l'initiative de neuf jeunes Romains qui se sont inspirés de l'idéal sportif illustré par les Jeux Olympiques, Athènes 1896. C'est pour cette raison que les neuf membres fondateurs, dont Luigi Bigiarelli, initiateur du projet, ont choisi les couleurs du drapeau grec (bleu et blanc) avec l'aigle romain comme symbole.

La Lazio est avant tout un club omnisports de 38 disciplines, un des plus importants d'Europe, avec une section football née en 1902. En 1927, le général de la milice Giorgio Vaccaro réussit à convaincre le Parti National fasciste de ne pas inclure la Lazio dans le regroupement des clubs romains marquant la naissance de l'AS Rome. "Un quart de siècle après la Lazio" soulignent fièrement les supporters laziale.

Dès lors, la rivalité avec l'AS Rome déchaîne les passions entre clubs de supporters, chacun d'eux revendiquant le leadership sur la province du Latium. Le derby de l'Olimpico, offrant au minimum deux oppositions par an, en est devenu animé tant sur le terrain que dans les tribunes.

La légende en marche

Au début des années 1930, le président Remo Zenobi fait signer Silvio Piola, qui deviendra un des plus grand joueurs de l'histoire du football italien, inscrivant 274 buts en Serie A dont 143 sous les couleurs de la Lazio, où il évoluera neuf saisons. En 1937, la Lazio échoue d'un souffle derrière l'intouchable Bologne, malgré 21 buts de Piola.

Les Biancocelesti attendent 1958 pour remporter leur premier titre en battant la Fiorentina (1:0) en finale de la Coupe d'Italie. Au début des années 1960, la Lazio vit mal le boom économique et fait l'ascenseur à plusieurs reprises entre la Serie A et la Serie B. Mais en 1969, Umberto Lenzini, le nouveau président, amène un brin de fraîcheur en faisant signer Giuseppe Wilson et Giorgio Chinaglia, deux jeunes inconnus qui vont jouer un rôle décisif dans l'obtention du premier scudetto de 1974.

Dès son retour en Serie A en 1973, la Lazio sous la direction de Tommaso Maestrelli, termine troisième avec une équipe composée de jeunes du centre de formation. Ce même effectif, confirmé la saison suivante, remporte un titre inespéré en raison de l'état de ses finances. Mais rapidement, le tableau s'assombrit. En 1976, Maestrelli est foudroyé par la maladie et l'année suivante le maître à jouer Luciano Re Cecconi trouve la mort dans des conditions rocambolesques.

En 1980, le club touche le fond. Plusieurs de ses vedettes, dont le buteur Bruno Giordano, qui a remplacé Chinaglia parti rejoindre Pelé au Cosmos, sont arrêtés à la suite d'un scandale de paris. Reléguée en Serie B avec Milan, la Lazio replonge lors de la saison 1985/86, pour les mêmes motifs. Dans un premier temps, le club est d'abord relégué en Serie C puis réintégré en Serie B mais avec neuf points de pénalité. Les Biancocelesti évitent de peu la descente lors d'un match de barrage chargé d'émotion le 5 juillet 1987 contre Campobasso (1:0) avant de retrouver leur place dans l'élite en 1988 sous la direction d'Eugenio Fascetti.

Sous la présidence de Sergio Cragnotti, et avec l'arrivée du polémique mais idolâtré Paolo di Canio, les années 1990 sont les plus fastes de l'histoire du club. La venue des premières stars comme Aron Winter, Paul Gascoigne, Diego Fuser ou Giuseppe Signori et l'émergence d'un joueur d'exception comme Alessandro Nesta installent l'équipe dans le haut du tableau. Cragnotti remet la main à la poche pour attirer Christian Vieri, Marcelo Salas, Sinisa Mihajlovic, Dejan Stankovic, Fernando Couto, Juan Sebastián Verón, Roberto Mancini et autres Pavel Nedved qui, sous la baguette de Sven-Göran Eriksson, remportent en 1999 la dernière édition de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe et réalisent un doublé Championnat-Coupe d'Italie l'année suivante.

Au début des années 2000, les problèmes financiers ressurgissent. La Lazio mise alors sur des recrutements plus astucieux, sur son centre de formation et les débuts remarqués de Mancini en tant qu'entraîneur pour continuer à jouer dans la cour des grands.

Aujourd'hui
Claudio Lotito, qui a succédé à Sergio Cragnotti, a dû faire face à une grave crise financière et négocier une dette de l'ordre de 110 millions d'euros. La Lazio s'en est pourtant une nouvelle fois sortie en faisant étaler sa dette sur 23 ans. Ces déboires administratifs ont obligé la Lazio a recruter intelligemment, comme l'acquisition du jeune buteur argentin Mauro Zarate, 21 ans, et à puiser dans son centre de formation. Une politique qui fonctionne parfaitement car, en ce début de saison 2008, les Biancocelesti se retrouvent en haut du classement devant la Roma, l'éternel rival.

Le stade
La Lazio partage le stade Olympique avec l'AS Rome. Construit en 1953 dans le cadre majestueux du Foro Italico, "l'Olimpico" est propriété de la ville. Inauguré le 17 mai 1953 à l'occasion d'une rencontre entre l'Italie et la Hongrie, il a d'abord accueilli les Jeux Olympiques d'été en1960 puis les championnats d'Europe de football de 1968 et 1980 alors que sa capacité était de 82 000 places.

L'Olimpico a ensuite été rénové pour recevoir les championnats du monde d'athlétisme en1987 puis la Coupe du Monde de la FIFA 1990. Les tribunes sont couvertes depuis cette période. Le 29 mai 2009, l'Olimpico accueillera sa quatrième finale de la Ligue des champions après 1977, 1984 et 1996. De nombreux aménagements y seront apportés pour répondre aux normes de sécurité et sa capacité a été ramenée à 72 698 places.