Le 8 avril dernier, le club bolivien The Strongest a fêté ses 100 ans d'existence. Le club aurinegro fait partie des grands protagonistes de l'histoire footballistique du pays andin. Aussi mérite-t-il la reconnaissance de toute la famille du ballon rond. FIFA.com rend hommage au doyen du football bolivien.
Naissance d'une institution
En 1908, un groupe d'amis issus de la classe moyenne de La Paz décide de créer une équipe de football. Ils ont la vingtaine et sortent de leur service miliataire. Quand vient le moment de baptiser le club, la majorité souhaite y intégrer le terme anglais "strong", comprenez "fort" : le Strong Foot Ball Club est né. L'appellation évoluera, pour adopter sa forme définitive, à savoir The Strongest ("le plus fort").
La possibilité d'arborer un maillot à rayures vert foncé et jaune est envisagée, mais c'est finalement l'idée des membres fondateurs qui va s'imposer. Les bandes seront noires et dorées, à l'image de l'oiseau symbolique de La Paz, le chayñita, ou chardonneret noir. Pour ce qui est de la mascotte, la vigogne et le léopard se sont succédés, pour finalement laisser place au tigre, qui se veut le reflet de l'esprit estronguista : force, persévérance et soif de vaincre.
La légende en marche
The Strongest étant le doyen du football bolivien, il n'est pas étonnant qu'il soit associé aux premières compétitions. En 1911, le Département de La Paz organise la Copa Prefectura, première épreuve officielle en Bolivie, qui revient aux Mirasoles (les tournesols).
L'ère de l'amateurisme et du semi professionnalisme sera dominée par The Strongest, qui compte parmi les fondateurs de la fédération de football de La Paz. Sur les 29 compétitions disputées entre 1914 et 1949, le club décroche 13 titres et six deuxièmes places. Lors des premières éditions, ses ennemis intimes sont le Colegio Militar (aujourd'hui disparu) et l'Universitario de Sucre. Tout cela changera avec la naissance en 1925 d'une autre club dans la capitale : Bolívar (1925). Au fil du temps, naîtra une animosité acerbe entre les deux institutions paceñas.
La campagne 1930 restera dans les annales du club. Cette année-là, The Strongest rafle son dixième titre sans perdre le moindre match et sans encaisser un seul but.
La Guerre du Chaco, qui opposera la Bolivie au Paraguay entre 1932 et 1935, va occasionner un fait inédit : en hommage à José Rosendo Bullaín, ancien joueur estronguista disparu au combat, la bataille dans laquelle il perdit la vie sera baptisée la Batalla de Cañada Strongest.
Le professionnalisme fait son apparition en 1950, mais les Aurinegros doivent attendre 14 ans pour fêter leur premier sacre dans cette nouvelle ère. L'équipe titrée disputera la première Copa Libertadores du club, en 1965, décrochant au passage la première victoire à l'extérieur d'une formation bolivienne dans la compétition continentale.
En 1969, le club est frappé par une terrible tragédie, qui voit l'intégralité de son effectif périr dans un crash aérien. The Strongest relèvera la tête et, fidèle à son histoire, continuera à livrer bataille. Sa pugnacité est récompensée quand il remporte deux championnats de La Paz consécutifs (1970 et 1971), avant de s'adjuger le titre national en 1974.
La création de la ligue de football professionnel (LFPB) va s'accompagner de nouvelles réussites. The Strongest remporte d'ailleurs le premier championnat organisé sous l'égide de la LFPB, en 1977. Depuis, le club en a remporté six autres.
Aujourd'hui
Après avoir décroché deux titres lors de la mise en œuvre du système ouverture - clôture, en 2003, The Strongest a remporté la clôture en 2004. Depuis, l'armoire à trophées ne s'est pas garnie. C'est en 2005 que le club est passé le plus près de la gloire en terminant deuxième du Torneo Adecuación, championnat concentré entre février et juin afin de caler le football bolivien sur le calendrier international de la FIFA. La frustration avait été d'autant plus grande que le titre était revenu à Bolívar. En outre, cela fait depuis 2006 que l'on n'a pas vu le Tigre sur la scène internationale. Aussi les dirigeants ont-ils décidé d'injecter beaucoup de moyens dans l'édition 2008, où le club est en embuscade à la troisième place.
Le stade
The Strongest possède son propre stade, inauguré en 1987 et baptisé Rafael Mendoza Castellón en hommage à l'un de ses présidents les plus actifs. Auparavant, l'équipe se produisait au stade Hernando Siles de La Paz, adresse habituelle de la sélection bolivienne. Le club noir et doré avait du reste inauguré l'enceinte en 1930 par une victoire 4:1 face à son ennemi intime de l'époque, Universitario.



