Les clubs et les équipes nationales ont tous ou presque leur surnom, en référence à la couleur du maillot, l'histoire du pays ou les origines de l'équipe.  Le surnom de l'Olympiakos Le Pirée est tout autre : Thrylos, la légende. Le titre peut sembler présomptueux, mais n'a pourtant rien d'usurpé, comme le confirme un survol de l'histoire du club le plus titré de Grèce.

Naissance d'une institution
Le 10 mars 1925, neuf personnalités en vue du port du Pirée se réunissent pour fonder l'Olympiakos. Le choix du nom de leur équipe doit représenter le talent, la puissance athlétique, l'éthique, la noblesse d'esprit et le goût de l'effort… En somme, les qualités traditionnellement associées à l'esprit olympique. L'écusson du club représente d'ailleurs un jeune athlète de l'antiquité grecque.

Dans les premiers temps, la famille Andrianopoulos influe lourdement sur le destin de l'Olympiakos. Andreas, le patriarche, compte parmi les membres fondateurs. Ses fils, eux, se distinguent sur le terrain : Giannis, Dinos, Giorgos et Vassilis évoluent tous aux avant-postes. Ils seront rejoints plus tard par Leonidas. Un sixième frère, Stelios, effectue un bref passage au club sans toutefois faire preuve du même talent balle au pied.   

Dinos, Vassilis et Giorgos mènent l'Olympiakos à son premier titre de champion de Grèce, au terme de la saison 1930/31. Présents sur tous les fronts, les trois hommes ont également participé au premier match disputé par l'équipe nationale, le 7 avril 1929. Au cours de cette période, le club du Pirée enregistre le premier record de son histoire, en restant invaincu en Grèce entre mars 1926 et février 1929. Le Thrylos remporte 30 de ses 36 matches, marque 129 buts et en encaisse 42.

La légende en marche
Par la suite, l'Olympiakos est sacré champion à cinq reprises en sept ans. Toujours plus nombreux, les supporters créent une atmosphère fantastique lors des matches à domicile mais suivent également leur équipe à travers tout le pays. Dès cette époque, les matches contre le Panathinaïkos sont âprement disputés. Les deux équipes entretiennent une forte rivalité et chaque victoire doit être conquise de haute lutte.     

Malheureusement, la Deuxième Guerre mondiale et la guerre civile viennent interrompre la progression du club. Mais l'Olympiakos reprend sa marche en avant dès la réouverture du championnat. C'est à cette époque que la formation du Pirée reçoit le surnom de Thrylos. En 1960, l'Olympiakos compte 15 titres de champion sur 23 saisons disputées, et neuf Coupes de Grèce. Les Kokkini ont également réussi le doublé à six reprises. Habitué à régner sans partage, le club phare du pays se devait de recevoir un surnom d'exception. 

Les Grecs s'illustrent aussi sur la scène européenne. Dans les années 60, ils atteignent à trois reprises les huitièmes de finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe. Le Thrylos doit cependant patienter jusqu'en 1987 pour réaliser le même tour de force en Coupe d'Europe des Clubs Champions. Parallèlement, l'Olympiakos dispute de nombreux matches amicaux contre des formations renommées, qu'il s'agisse du FC Barcelone, de l'Internacional Porto Alegre ou de Galatasaray. En 1960/61, les Grecs remportent une victoire de prestige (2:1) contre Santos, qui compte alors dans ses rangs un certain Pelé.

Aujourd'hui
Au cours des 20 dernières années, le Thrylos a continué d'étoffer son palmarès. Entre 1997 et 2003, l'Olympiakos remporte sept titres consécutifs, avant d'enchaîner sur une série de cinq sacres de rang entre 2005 et 2009. Les supporters grecs gardent un excellent souvenir de la saison 1998/99, ponctuée par un remarquable parcours en Ligue des champions de l'UEFA. Opposé à la Juventus en quart de finale de l'épreuve reine européenne, l'Olympiakos ne s'incline que par un petit but d'écart. Depuis 1996, les Kokkini totalisent 13 participations à la Ligue des champions de l'UEFA.

En outre, l'Olympiakos a su attirer dans ses rangs de nombreux internationaux grecs, ainsi que de grandes stars étrangères. Le Joueur mondial de la FIFA Rivaldo, le Danois Dennis Rommedahl, le Brésilien Giovanni ou encore l'ancien champion du monde Christian Karembeu se sont ainsi succédés au Pirée. "Les Grecs adorent le football. Ce sont de vrais fans, au sens premier du terme : ils aiment le jeu et ils encouragent leur équipe de la première à la dernière minute, même s'il leur arrive parfois de se laisser emporter par la passion", confiait le Français dans un entretien accordé à FIFA.com.

Les grands noms du football n'ont pas seulement défilé sur le terrain mais aussi sur le banc de touche. Récemment, Zico et Oleg Blokhin ont eu l'occasion d'exercer leurs talents d'entraîneur au Pirée.

Pour ceux qui douteraient encore du caractère légendaire de ce club d'exception, citons un dernier chiffre : en 2011, l'équipe du Pirée comptait 38 titres de champion à son palmarès, soit plus que tous les autres clubs grecs réunis. Il n'en fallait pas moins pour ancrer définitivement le club dans la légende.

Le stade
Le stade George Karaiskakis est plus que centenaire. Inauguré en 1895 dans la perspective des Jeux Olympiques 1896, l'enceinte devait servir de vélodrome. Le stade a accueilli son premier match de football en 1920. Quarante ans plus tard, le site a fait l'objet d'une rénovation complète. C'est à cette occasion qu'il a hérité du nom de George Karaiskakis, héros de la révolution grecque de 1821. Depuis 2006, le stade abrite également le musée du club. Il accueille régulièrement 33 000 spectateurs.