Porte drapeau du football de l'Italie méridionale, le SSC Naples (Societa Sportiva Calcio Napoli) est, à l'image du FC Barcelone en Espagne, l'orgueil de toute une ville où ses supporters se donnent rendez-vous le dimanche au Stade San Paolo pour la grande communion du football.

L'ombre de Diego Maradona a longtemps plané sur ce club atypique de Campanie au modeste palmarès. Et malgré les difficultés rencontrées, Naples a toujours survécu. Aujourd'hui, il tente de renouer avec les succès et le faste de la fin des années 80.

Naissance d'une institution
Les origines du Napoli remontent au début du XXème siècle, à fin 1904 plus précisément. C'est sous l'impulsion de William Poths, un Anglais employé sur le port par une compagnie maritime commerciale, que le Naples Football Club voit le jour.

Sur la scène internationale, MacPherson, Scafoglio et Chaudoir sont les premiers buteurs de l'histoire du club à l'occasion d'un match amical contre l'équipage du bateau Arabik (3:2). Ce résultat est d'autant plus surprenant que les visiteurs avaient auparavant battu le Genoa (3:0), l'un des clubs phares de l'époque en Italie.

Le championnat étant réservé aux équipes du Nord, Naples a longtemps dû se contenter de Coupes secondaires. En 1913, le club s'adjuge son premier Tournoi de Campanie et déchaîne les passions après la Première Guerre Mondiale avec notamment une victoire de prestige à Rome contre la Juventus (3:1).

En 1921, le club fusionne avec l'Union Sportive Internationale de Naples pour donner naissance à l'Internaples. Cinq ans plus tard, le club devient l'AC Napoli avant de prendre son appellation d'aujourd'hui, SSC Napoli, en 1964.

Pendant une quarantaine d'années, Naples alterne bons résultats et périodes de crises. Et s'épuise dans la lutte avec les puissants clubs du Nord aux moyens financiers sans commune mesure. Néanmoins, les Partenopei remportent deux Coupes d'Italie en 1962 et en 1976 et terminent deux fois à la deuxième place du championnat en 1968 et en 1975.

Habituée au second rôle, la ville est propulsée sur le devant de la scène avec l'arrivée de celui qui deviendra l'idole des tifosi, Diego Maradona. Le 5 juillet 1984, l'Argentin débarque en provenance de Barcelone.

La légende en marche
Rarement dans l'histoire du football, la fusion n'a été aussi totale entre un joueur et une ville. En l'espace de quelques mois, Maradona est devenu une sorte de demi Dieu. Au sommet de son art, l'Argentin a porté l'équipe et la ville à bout de bras avant de recevoir le renfort de plusieurs grands noms comme Alemao ou Ciro Ferrara.

Des sommets sont atteints lors de la saison 1986/87 où le trio Diego Maradona - Bruno Giordano - Antonio Careca, la fameuse ligne MA-GI-CA, a fait se pâmer tout le Sud. Pendant sept ans, Naples a été le club référence de l'Italie remportant deux scudetti, une Coupe de l'UEFA et terminant deux fois à la deuxième place.

En l'espace de quelques saisons, Naples a effacé des années de disette à courir derrière les grands clubs du Nord. Mais le départ de Maradona, en 1991, a mis un terme à cet état de grâce. Naples a alors entamé un lent mais irréversible déclin, et touché le fond avec la relégation en Série C1 en septembre 2004.

Aujourd'hui
Dans sa déchéance, Naples a su rebondir. Le retour au premier plan a été possible grâce au président Aurelio De Laurentiis, 59 ans, producteur de cinéma à succès. Il a repris le club au moment de sa faillite et plutôt que de verser dans la folie des grandeurs, il a opté pour une montée en puissance progressive sous la houlette du directeur sportif Pierpaolo Marino et de l'ancien entraîneur Edy Reja, aujourd'hui remplacé par Roberto Donadoni.

Le premier s'est illustré par la finesse de son recrutement tandis que le second, 63 ans, après plus de 25 ans passés à la tête d'équipes peu renommées, est devenu l'un des techniciens italiens les plus en vogue.

Résultat, Naples a retrouvé une place dans la première partie du tableau de Serie A et selon le sélectionneur Marcello Lippi c'est aujourd'hui l'équipe qui "produit le football le plus pétillant et le plus intéressant".

Le stade
Naples dispute tous ses matches au "San Paolo", dans le quartier de Fuorigrotta, inauguré le 6 décembre 1959 à l'occasion de la rencontre Naples - Juventus (2:1). A l'origine, le stade avait une capacité de 85 012 places, réduite à 60 240 au fil des ans.

Cette enceinte de forme ovale a été rénovée à deux reprises. D'abord en 1980 à l'occasion du Championnat d'Europe de l'UEFA et pour la Coupe du Monde de la FIFA en 1990.

San Paolo a accueilli cinq rencontres de la Coupe du Monde de la FIFA 1990 dont la fameuse demi-finale Italie-Argentine.