C'est pendant un cours de maths qu'est née l'idée de créer l'équipe de football aujourd'hui connue sous le nom de Botafogo. Voilà qui explique sans doute les chiffres fous qui ont jalonné ses 104 ans d'existence : une victoire 24:0, une série de 42 matches sans défaite dans le Brasileirao et 46 joueurs mondialistes, autant de records pour un club brésilien.

Installé face au mythique Pain de Sucre, O Fogão a éclaboussé le monde entier de son talent. Sous son maillot rayé noir et blanc, adopté en hommage à la grande Juventus, il a foulé les pelouses de plus de 100 villes à travers cinq continents. Et une soixantaine de clubs, du Cap-Vert à la République tchèque, portent son nom. FIFA.com vous narre l'histoire de Botafogo, où brille une pléiade d'étoiles brésiliennes.

Naissance d'une institution
Flavio Ramos et Emmanuel Sodre étaient tous deux penchés sur leur cahier d'algèbre lorsque leur vint l'idée de créer une équipe de football. Après avoir rapidement réuni un groupe d'amis âgés de 14 à 15 ans, ils fondent l'Electro Club le 12 août 1904. Ils le rebaptisent ensuite pour le nommer Botafogo Football Club jusqu'à la fusion avec le Club de Regatas Botafogo, où son nom définitif devient Botafogo de Futebol e Regatas.

O Fogão prend part au premier Campeonato Carioca en 1906 et un an plus tard, termine en tête de la compétition, à égalité de points avec Fluminense. S'ensuit une polémique qui durera 89 ans, aux termes desquels les frères ennemis du Clássico Vovô (le doyen des derbys) seront déclarés co-champions.

La légende en marche
Botafogo prend très vite goût aux scores homériques et le 24:0 qu'il assène au Sport Club Mangueira lors du Campeonato Carioca de 1909 reste inscrit au livre des records brésiliens. L'année suivante, O Glorioso (Le Glorieux) entame le tournoi par une défaite 1:4 face à l'America, puis, sous l'impulsion de Mimi Sodre et Abelardo de Lamare, remporte les neuf matches restants et coiffe la couronne avec 65 buts à son compteur.

Entre 1930 et 1935, Botafogo rafle cinq titres cariocas, s'offrant au passage 320 buts en 113 sorties. Si ces campagnes triomphales doivent beaucoup à l'ailier gauche Patesko et à l'attaquant Nilo, la grande figure de proue de l'équipe est le buteur Carvalho Leite. Arrivé au club à 18 ans, il signera 275 réalisations en 11 saisons, avant de mettre fin à sa carrière pour cause de blessure.

Carvalho Leite n'est pas le seul joueur à avoir consacré toute sa carrière à Botafogo. Après avoir vibré devant les exploits de Heleno de 1940 à 1947, les Botafoguenses découvrent le jeune Nilton Santos (22 ans), venu faire un essai. Attaquant de formation, il est placé au poste d'arrière gauche, où il détient le record des titularisations du club, avec 718 matches disputés en 16 ans.

C'est à l'instigation de Nilton Santos que Botafogo va gagner le gros lot en misant sur un jeune ailier du nom de Garrincha. Elevés au rang d'icônes, Santos et Garrincha joueront la plus belle symphonie de l'histoire du club, en compagnie de stars du calibre de Didi, Quarentinha, Zagallo, Amarildo et Paulinho Valentim. Ainsi, les Alvinegros accrochent à leur tableau de chasse les championnats cariocas de 1957, 1961 et 1962, année où ils s'adjugent en prime le tournoi Rio-Sao Paulo. Malheureusement pour eux, leur heure de gloire est troublée par le Santos FC, où sévit un certain Pelé, qui les vaincra en 1962, en finale de la Taça Brasil et en demi-finale de la Copa Libertadores.

Un nouveau groupe flamboyant, composé de Gerson, Paulo Cesar Caju, Rogerio, Jairzinho et Roberto Miranda, décroche la Taça Brasil en 1968, avant la plus longue période de disette jamais vécue par Botafogo. Une absence de titre qui n'empêchera pourtant pas O Glorioso, avec l'appui de l'étoile montante Osmar et du maître à jouer Mendonca, d'enchaîner 42 rencontres sans défaite d'octobre 1977 à juillet 1978, soit, encore à ce jour, 24 matches de plus que toute autre équipe de Rio dans le Brasileirao.

Botafogo voit enfin le bout de ses 21 années de vaches maigres en 1989, sur un but de Mauricio qui terrasse Flamengo en finale du Campeonato Carioca. Poursuivant sur sa lancée, il s'empare de la Coupe Conmebol en 1993, puis, deux ans plus tard, de son premier et seul Brasileirao.

La conquête du titre brésilien revient sans conteste à l'attaquant Tulio, le petit dernier de la longue lignée des glorieux numéros 7 de A Estrela Solitária. Si les supporters de Flamengo, Fluminense et Vasco revêtent des maillots floqués du 10 en hommage à Zico, Rivelino et Roberto Dinamite, les Botafoguenses, eux, portent une véritable vénération au n°7 et à ses illustres représentants, dont Paraguaio, Garrincha, Jairzinho, Rogério, Zequinha, Maurício et Túlio Maravilha.

Ce n'est que l'une des nombreuses originalités qui font tout le charme de Botafogo de Futebol e Regatas.

Aujourd'hui
Botafogo a flirté avec la relégation en 1999, 2000 et 2001. Finalement déchu l'année suivante, il s'est relevé pour reprendre aussitôt son rang parmi l'élite. Emmené par le meneur de jeu Lucio Flavio et le buteur Dodo, il a remporté le Campeonato Carioca en 2006.

Le stade
Fief du Botafogo, l'Estádio Olímpico João Havelange, surnommé l'Engenhão, a été inauguré l'an dernier. Il possède une capacité de 45 000 personnes, ce qui le situe parmi les plus grands stades d'Amérique du Sud.