Certaines équipes doivent leur grandeur au nombre de leurs supporters plus qu'à la qualité de leurs résultats. D'autres, au contraire, ont bâti leur prestige sur leurs performances, après avoir débuté dans la plus grande humilité. C'est le cas du Deportivo Toluca, l'un des clubs les plus titrés du football mexicain à ce jour et dont l'histoire est retracée par FIFA.com.

Naissance d'une institution
Le Deportivo Toluca voit le jour au cours de la deuxième décennie du XXème siècle, à la demande de passionnés de football qui aimeraient pouvoir pratiquer leur sport préféré de façon organisée. Dans une réunion tenue le 12 février 1917, plusieurs amoureux du ballon rond, avec à leur tête le propriétaire terrien d'origine allemande Manuel Henkel et l'entrepreneur Román Ferrat, signent l'acte de naissance du club et par la même occasion choisissent ses couleurs : maillot blanc et short bleu.

À cette époque, le football est surtout implanté dans les deux grandes métropoles du pays, Guadalajara et la capitale, Mexico. Pendant les premières années de son existence, Toluca doit se résigner à son statut d'équipe de province. Elle exerce sa domination sur le championnat régional de l'état de Mexico, mais ne rencontre les grands du football aztèque qu'à l'occasion de matches amicaux, lors desquels elle obtient souvent des résultats honorables.

La légende en marche
Toluca devra toutefois attendre jusqu'à la création du championnat de deuxième division, en 1951 à Mexico, pour pouvoir enfin évoluer sur la scène nationale. Après trois saisons passées au deuxième échelon du football aztèque, Toluca est promu parmi l'élite. Le jour de sa première sortie dans la cour des grands, le club organise des festivités d'avant-match, avec dans le rôle de maître de cérémonie un animateur déguisé en diable. C'est de cet épisode que date le surnom du Deportivo Toluca, les Diablos Rojos, le rouge faisant référence aux nouvelles couleurs adoptées par le club quelques années auparavant.

Le promu fait vite comprendre aux autres pensionnaires de l'élite qu'il n'est pas venu faire de la figuration. Toluca boucle sa saison inaugurale en première division à la troisième place et trois ans plus tard, obtient son premier trophée : la Copa México. Au cours des dix années suivantes, les Diablos Rojos jouent constamment les premiers rôles dans le football mexicain. Ils sont deux fois vice-champions. Cela dit, le sacre national leur échappe toujours de peu.

Au début des années 1960, Don Nemesio Díez, patron de la brasserie Modelo, rachète le club et le dote d'une structure digne des meilleures formations du pays. C'est logiquement qu'à l'issue de la saison 1966/67, Toluca est champion du Mexique pour la première fois de son histoire, après avoir battu en finale la redoutable équipe de León. L'année suivante, les Diablos Rojos défendent leur titre avec succès. Ils sont ensuite vice-champions en 1970 et accrochent à leur tableau de chasse un troisième titre de champion du Mexique en 1975. Cet exercice marque toutefois un premier chant du cygne pour le Deportivo Toluca qui, dans les deux décennies suivantes, est plus occupé à éviter la descente qu'à jouer le titre.

La situation dure jusqu'à l'arrivée au club d'un véritable messie, en la personne de José Saturnino Cardozo. Le Paraguayen est vite surnommé "El Diablo Mayor", et pour cause. Grâce à lui, Toluca renoue avec la gloire d'antan en remportant quatre titres de champion en 1998 (tournoi de clôture), 1999 (clôture), 2000 (clôture) et 2002 (tournoi d'ouverture). Cardozo reste à ce jour le joueur le plus prolifique de toute l'histoire du club, dans laquelle il occupe véritablement une place à part. Après son départ, en 2005, Toluca sera sacré champion pour la huitième fois, sous la houlette du grand stratège Américo Gallego.

Aujourd'hui
Ces dernières années, Toluca a repris place parmi les grands du football aztèque. Avec un effectif jeune dirigé par l'actuel sélectionneur du Mexique José Manuel de la Torre, les Diablos Rojos ont ajouté deux titres de champion supplémentaires à leur palmarès, grâce notamment aux exploits de l'attaquant chilien Héctor Mancilla. Ces deux nouvelles conquêtes ont notamment permis à Toluca de devenir le deuxième club le plus titré du Mexique, à égalité avec l'América, derrière les Chivas de Guadalajara.

Depuis deux saisons cependant, Toluca marque le pas, comme en témoigne sa non-qualification pour les play-offs du championnat du Mexique. Le scénario n'évolue pas lors de l'Apertura 2011. Cette irrégularité a comme conséquence une valse des entraîneurs. Le technicien actuel, Héctor Hugo Eugui, ancienne légende du club, est le troisième ^à prendre place sur le banc en autant de tournois.

Le stade
Surnommé "La Bombonera" ou "El Infierno", le stade Nemesio Díez est l'une des enceintes mythiques du football aztèque. Sa capacité est de 33 000 places, ce qui ne l'a pas empêché d'accueillir des rencontres lors des deux éditions mexicaines de la Coupe du Monde de la FIFA™, en 1970 et 1986. C'est l'un des terrains les plus redoutés par les visiteurs dans le championnat du Mexique.