En ce mardi 1er avril 2008, le football va revêtir son costume de fête : San Lorenzo de Almagro souffle ses 100 bougies et tout le football argentin saluera l'histoire de ce club né dans un quartier modeste, qui a su se battre pour évoluer jusqu'à occuper le cœur de milliers de hinchas. Aujourd'hui, ses nombreux fans, qui suivent le club aux quatre coins du pays, le considèrent avec fierté comme l'un des grands clubs du pays. El Ciclón mérite-t-il pareil honneur ? FIFA.com va vous raconter son histoire : faites-vous donc votre avis...

Naissance d'une institution
En 1908, un gamin qui jouait au football dans un coin du quartier d'Almagro manque de se faire renverser par un tramway. Le père Lorenzo Massa, qui avait assisté à la scène, décide de laisser les jeunes jouer sur le terrain de la chapelle à condition qu'ils se rendent de temps en temps à la messe. Les fils et descendants d'immigrés européens forment alors une équipe tellement forte qu'ils décident de fonder un club de football.

Certains membres fondateurs proposent de baptiser le club Los Forzosos pour mettre en avant sa puissance, mais c'est la seconde proposition qui fait l'unanimité : San Lorenzo, en hommage au Père Massa. Celui-ci refuse dans un premier temps, mais finit par accepter l'appellation en référence au Saint et à la bataille de San Lorenzo, haut fait de l'histoire de l'Argentine. Ainsi, le 1er avril 1908 voit naître le club de San Lorenzo de Almagro.

La légende en marche 
Les premiers équipements du club furent fournis par le Père Massa en personne : il s'agissait d'un jeu de maillots à rayures verticales bleu et grenat. Ce sont toujours ces couleurs qui ornent la tunique du club à l'heure actuelle.

Il est aisé d'identifier l'origine de leurs premiers surnoms ( Forzosos, Santos et Azulgranas), tout comme celui de Cuervos (corbeaux), en référence à la soutane noire portée par Massa pour assister aux rencontres. Il y en eut bien d'autres par la suite, correspondant aux différents chapitres de l'histoire du club. En 1932, par exemple, San Lorenzo recruta des joueurs originaires du centre du pays, qui donnèrent au club son premier titre un an plus tard, d'où le surnom de Gauchos de Boedo.

Cette équipe fut également surnommée el Ciclón (le Cyclone), non seulement en raison de la manière dont elle dominait ses adversaires, mais aussi par commodité pour la presse sportive, qui se plaisait ainsi à l'opposer à son ennemi héréditaire, le Club Atlético Huracán, surnommé el Globo (la Montgolfière).

Une des formations les plus célèbres de San Lorenzo fut celle qui, après son titre de champion acquis en 1946, réalisa une tournée triomphale en Europe. Après une victoire 4:1 sur l'Atlético Aviación (l'ancêtre de l'Atlético Madrid) et une défaite face au Real Madrid sur un score identique, San Lorenzo enchaîna une série de huit matches sans défaite, avec deux cartons pleins contre l'Espagne (7:5 et 6:1) et une fessée administrée au Portugal (10:4).

L'âge d'or du club s'étala entre 1968 et 1974, période où les Matadores décrochèrent quatre titres. En 1981, des erreurs de gestion firent de San Lorenzo le premier grand club à rétrograder. Le séjour en deuxième division ne fut qu'éphémère, puisque el Ciclón effectua son retour parmi l'élite un an plus tard, à la suite d'une saison phénoménale.

Avec des attaquants tels que José Sanfilippo (cinquième buteur argentin de tous les temps) ou Héctor Scotta, qui détient encore le record de 60 buts en une saison (1975), San Lorenzo fut la première équipe à devenir championne sans subir le moindre revers (championnat Metropolitano de 1968). En outre, le club possède le record du plus grand nombre de points inscrits en tournois courts (47 lors du tournoi de clôture en 2001) et du plus grand nombre de succès de rang (13 entre le tournoi de clôture 2001 et le tournoi d'Ouverture 2002). San Lorenzo serait également le club qui a vendu le plus de billets dans l'histoire du foot argentin derrière Boca Juniors et River Plate.

Aujourd'hui
Cependant, San Lorenzo est le seul grand club à n'avoir jamais remporté la Copa Libertadores. Première équipe argentine à disputer cette compétition lors de son lancement, en 1960, elle n'en a jamais atteint la finale malgré trois incursions dans le dernier carré. Ainsi, pour son centième anniversaire, le club a tout mis en œuvre pour enfin remporter le précieux trophée : il a prolongé le contrat de Ramón Díaz, l'entraîneur qui a mené l'équipe au titre l'an passé, et a fait venir des recrues de choix, avec l'arrivée d'Andrés D'Alessandro et de Diego Placente.

Le stade
Après avoir joué pendant des années sur un terrain prêté, San Lorenzo loua des terrains dans le quartier de Boedo, où il inaugura le Nuevo Gasómetro en mai 1916 avant de l'acquérir en 1928. L'adjudication forcée de ces terrains en 1982, conséquence de la pire crise jamais connue par le club, figure parmi les moments les plus sombres de son histoire. Cette période d'errance prit fin en décembre 1993, avec l'inauguration du Nuevo Gasómetro dans le quartier du Bajo Flores.