Club parmi les plus populaires du Maroc, le Raja de Casablanca peut également se targuer d'apparaître comme un grand nom de la scène footballistique africaine. Sur le plan national, son histoire se mesure à l'aune de la rivalité qui l'oppose à son adversaire de toujours, le Wydad de Casablanca (WAC), autre club de la capitale économique du royaume.

Dans les épreuves de coupes, le Raja a connu cette année des fortunes diverses. Ayant terminé à une historique onzième place lors de la saison 2006/07, le club n'a pas disputé la moindre compétition continentale. En revanche, il a pu participer à la Coupe arabe et à celle du Trône.

A l'occasion de la cinquième Ligue des champions arabes, les Rajaouis ont réussi à se qualifier pour la phase de poules en éliminant successivement les modestes Palestiniens du Chaabab Rafeh au premier tour avant de passer l'obstacle des Soudanais d'Al Merrikh. Contre ces derniers, finalistes de la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupes en 2007, le Raja a fait la différence lors du match aller en ramenant un méritoire nul du Soudan (2:2).

Les Marocains ne sont ensuite pas parvenus à sortir du groupe qui les a opposés à Al Faycali (Jordanie), l'Entente de Sétif (Algérie) et Al Majd (Syrie). Malgré une belle campagne - notamment une victoire à domicile (1:0) sur Sétif, double vainqueur en 2007 et 2008 - les joueurs de Casablanca ont fini derrière les Algériens et quitté la compétition.

Sur le plan national, les Casaouis ont échoué de peu en Coupe du Trône en s'inclinant en quarts de finale face au Moghreb Athlétic de Tétouan (0:1).

La légende en marche
Avec le WAC et les FAR, le Raja possède l'un des plus beaux palmarès du football marocain. Contrairement à ses deux plus sérieux concurrents - qui ont beaucoup trusté les titres dans les années 50, 60, 70 et début 90 pour le WAC et les années 60 et 80 pour les FAR - les Rajaouis se sont révélés depuis la fin de la décennie 80. Ainsi, ses supporters auront du attendre près de 40 ans - le club ayant été fondé en 1949 - et l'année 1988 pour inscrire enfin leur nom au panthéon des équipes championnes. Ce déclic aura un véritable effet psychologique sur le club qui décrochera en un temps record, de 1996 à 2004, sept autres couronnes nationales.

Entre 1996 et 2001, le géant demeurera l'équipe à battre en alignant six titres de champion. Un exploit qu'aucune formation n'a jamais égalé. Cette période faste trouvera son apogée en 1999 où le Raja s'imposera comme la meilleure équipe africaine avec des victoires en Ligue des champions de la CAF, en Super-Coupe d'Afrique et en Coupe Afro-asiatique.

De quoi offrir au club une qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2000, au Brésil. Une compétition quittée au premier tour après trois défaites face aux Corinthians (0:2), Al Nassr (3:4) et le Real Madrid (2:3).

Dans la vitrine du Raja figurent également six Coupes du Trône (1974,1977, 1982, 1996, 2002,2005).

Sur le plan international, le bilan s'est enrichi de plusieurs autres trophées. La plus prestigieuse des épreuves africaines, la Ligue des champions, a été enlevée à trois reprises (1989, 1997, 1999), tandis que la Coupe de la CAF (2003), la Super-Coupe d'Afrique (1999), la Coupe Afro-asiatique (1999) et la Ligue des champions arabes (2006) se sont offertes une fois au club.

Aujourd'hui
Depuis l'euphorie de la décennie 90, le club de Casablanca peine à retrouver l'ivresse des sommets. Ses derniers titres nationaux remontent aux années 2004 (championnat) et 2005 (Coupe du Trône) et les attentes des supporters sont de plus en plus manifestes. Sur ces cinq dernières années, rares sont les entraîneurs qui ont tenu plus d'une saison en poste. L'urgence des objectifs rendent difficiles la mission des techniciens qui ont à composer avec un effectif fréquemment chamboulé.

Ceci-dit, les dirigeants du Raja essaient de structurer le club en lui donnant des bases solides qui lui permettront de rivaliser avec les ténors du pays. Ainsi, plusieurs accords de sponsoring ont été signés ces derniers mois et une carte d'abonnement, une première au pays, a été lancée l'été dernier pour fidéliser davantage les supporters.

Le stade
Faisant partie d'un grand complexe sportif situé au cœur de la ville, dans le quartier du "Maarif", le stade Mohamed V est occupé conjointement avec le grand rival du Wydad. D'une capacité de 60 000 places, il a été inauguré le 6 mars 1955, avant de subir plusieurs transformations au cours de son existence. En 2007, le stade a même été doté d'une pelouse semi-artificielle de qualité internationale. Les sièges des tribunes officielles et latérales ont été améliorés à cette occasion et la piste d'athlétisme renouvelée.