S'il est un pays centraméricain où le football a connu une belle progression ces dernières années, c'est bien le Panama. Ses habitants, qui vouaient jadis une passion exclusive au baseball, ont développé un intérêt impressionnant pour le ballon rond, au point d'en faire le sport national. Club le plus titré du pays, le Tauro FC incarne parfaitement les caractéristiques du nouvel état d'esprit canalero, fait de jeunesse et de qualité.
En à peine 26 ans d'existence, l'équipe albinegra a déjà remporté neuf championnats nationaux et fourni plusieurs éléments à la sélection nationale.
Naissance d'une institution
Avant les années 1980, le football professionnel n'existait pas au Panama. D'ailleurs, quand le chef d'entreprise italien Giancarlo Gronchi décide de créer le Tauro F.C., il le fait d'abord pour disputer le tournoi des colonies étrangères du pays (ADECOPA). Depuis sa fondation en 1984 jusqu'à 1988, il doit se contenter de participer à la Liga Distrital.
C'est donc en 1988 qu'avec six autres clubs, les Taurinos créent l'Asociación Nacional Pro Fútbol (ANAPROF) et disputent le premier championnat national. Ces deux actes fondateurs vont marquer la véritable naissance d'un football panaméen à la renommée très confidentielle à l'époque mais qui, deux décennies plus tard, est devenu l'un des bastions de la zone centraméricaine.
La légende en marche
Dès les premières éditions de la compétition nationale, le Tauro FC se fixe comme grand objectif d'être un acteur incontournable du football canalero. Avec ses maillots aux rayures noires et blanches rappelant la Juventus, club favori de Granchi, l'équipe se place d'entrée à l'avant-garde du championnat. Le premier but de l'histoire de l'épreuve est du reste inscrit par son attaquant Carlos Maldonado, face à Plaza Amador, qui deviendra le grand rival du Tauro dans le clásico panaméen.
Les Albinegros ne mettront pas longtemps à décrocher leur premier titre national, obtenu en 1989 sous la houlette de Miguel Mansilla. Le légendaire entraîneur uruguayen passera de nombreuses années à la tête de l'équipe. En 1991, le Tauro conquiert un deuxième trophée national qui laisse augurer d'un long règne. Pourtant, les Toros del Pedregal vont connaître une pénurie de cinq ans.
Ils brisent enfin la malédiction lors de la saison 1996/97 grâce à Patricio Guevara, auteur du but qui permet aux Taurinos de retrouver la voie du succès face à EuroKickers. Un an plus tard, le club réédite son exploit contre Árabe Unido avec un but de Luis Plúa. La saison 1999/2000 le voit ajouter un nouveau sacre qui s'avère encore plus savoureux car obtenu contre le grand ennemi Plaza Amador. Idole du club, Víctor René Mendieta signe un doublé en finale.
Aujourd'hui
Le 21ème siècle a vu le Tauro FC conquérir quatre nouveaux titres : deux en 2003, un en 2006 et le neuvième en 2007. Il est ainsi le club le plus sacré de la jeune histoire du football canalero. Cela dit, la réussite l'a fui lors des dernières éditions. Il a atteint la finale des deux tournois de l'année 2008, mais à chaque fois, il a échoué sur cette dernière marche.
Pour rompre la malédiction, le légendaire Miguel Mansilla a quitté le poste d'entraîneur, qu'il occupait depuis 20 ans, pour laisser place au Colombien Gonzalo Soto. L'équipe a donc abordé le Tournoi d'ouverture 2009 avec la ferme intention de renouer avec la gloire. Mais la malédiction de la deuxième place a de nouveau frappé les Toros, battus 3:2 par Árabe Unido au terme d'un match haletant. Ils devront donc attendre six mois pour conquérir un dixième titre conforme à leur standing.
Le stade
Depuis janvier 2009, le Tauro dispute ses matches sur le terrain synthétique de la Ciudad Deportiva Irving Saladino, alias Mini Estadio Rommel Fernández. À chaque match du club, les supporters remplissent la petite tribune de 800 places.



