Le match
Le trophée intercontinental remporté en 1968 représente, à
n'en pas douter, le plus haut fait d'armes du club,
notamment grâce à la manière dont il a été conquis. Manchester
United faisait alors figure de grand favori et semblait destiné à
conserver son titre. Seule une poignée de joueurs et quelques
centaines de supporters de La Plata rêvaient de l'impossible
exploit.
Ce sentiment fut renforcé par le match aller, disputé en Argentine. En effet, la victoire 1:0 de l'Estudiantes (but de Marcos Conigliaro à la 28è minute) semblait insuffisante en vue du match retour. Ce résultat fut même célébré par les footballeurs et supporters anglais ; une réaction que conforta la presse spécialisée, qui prédisait un triomphe aux Red Devils de Manchester.
Ce fut donc à la surprise générale que le club argentin prit l'initiative en début de rencontre, inscrivant le premier but au terme d'une action bien travaillée, véritable marque de fabrique de l'équipe : sur un centre de Raúl Madero, Juan Ramón Verón marquait de la tête, assommant du même coup les 63 500 supporters de Manchester (7'). S'ensuivirent les inoubliables arrêts de Alberto Poletti, l'égalisation tardive de Morgan (89'), puis le silence : El Pincha devenait le premier club étranger à s'imposer dans le mythique stade d'Old Trafford.
La star de l'équipe
Si Juan Ramón Verón, buteur gaucher aussi habile
qu'efficace, était considéré comme le meilleur joueur de
l'équipe, c'est avant tout le groupe tout entier qui fut
salué après cette victoire. L'Estudiantes représentait une
machine parfaitement huilée, chacun de ses joueurs accomplissant
une tâche bien précise. La stratégie, étudiée avec soin depuis le
banc de touche, était idéalement exécutée sur l'aire de jeu.
Alberto Poletti dans les buts, Carlos Pachamé à l'arrière,
Carlos Bilardo au milieu et Verón en attaque illustraient dignement
le mot d'ordre d'
el Pincha : l'union fait la force.
L'entraîneur
Pour définir Osvaldo Juan Zubeldía, il suffit de mentionner
une phrase qu'il prononça avant le match retour contre
Manchester United, alors que tout le monde avait déjà enterré
l'Estudiantes : "Remportons d'abord la victoire sur
nous-même, alors nous pourrons battre nos adversaires." Telle
fut la mentalité inculquée par l'entraîneur argentin à ses
joueurs : avec du travail, de la rigueur et le sens du sacrifice,
rien n'est impossible.
Zubeldía forma un groupe très uni, mais également une équipe quasi parfaite dans le domaine tactique. Il su exploiter le meilleur de ses joueurs, mais toujours au profit de l'ensemble. Selon la presse de l'époque, il remportait ses matchs d'abord lors des entraînements, qui étaient comparés à des "laboratoires". Ne négligeant aucun détail, il fut un précurseur dans les domaines du coup de pied arrêté et du système du hors-jeu. Ses succès à la tête de l'Estudiantes sont la marque de celui qui, pour beaucoup, a révolutionné le poste de directeur technique.
Estudiantes de la Plata bat Manchester United 1:0
Lieu: Buenos Aires, le 25 septembre 1968
Stade: La Bombonera
Spectateurs: 35000
Arbitre: M.Hugo Sosa Miranda (PAR)
But : Marcos Conigliaro (28')
Estudiantes de La Plata: Poletti, Malbernat,
Aguirre Suárez, Hugo Medina, Bilardo, Pachamé, Madero, Ribaudo,
Conigliaro, Togneri, Verón
Ent.: Osvaldo Zubeldía
Manchester United: Stepney, Anthony Dunne,
Foulkes, David Sadler, Burns, Pat Crearand, Bobby Charlton, Nobby
Stiles, Morgan, Denis Law, George Best
Ent. : Matt Busby
Manchester United et Estudiantes de la Plata 1:1
Lieu: Manchester, le 16 octobre 1968
Stade: Old Trafford
Spectateurs: 63 500
Arbitre: M. Constantín Zecevic (YUG)
Buts : Verón (7'), Morgan (89')
Manchester United : Stepney, Anthony Dunne,
Foulkes, Brebban, Pat Crearand, David Saddler, Morgan, Brian Kidd,
Bobby Charlton, Denis Law (Sartori), George Best
Ent. : Matt Busby
Estudiantes de La Plata: Poletti, Malbernat,
Aguirre Suárez, Hugo Medina, Bilardo, Pachamé, Madero, Ribaudo
(Echecopar), Conigliaro, Togneri, Verón
Ent. : Osvaldo Zubeldía
Cartons rouges : George Best, José
Medina