Le match
Dans un stade olympique du Japon plein jusqu'aux cintres,
le Real Madrid a su faire preuve d'audace et d'efficacité
face au Vasco da Gama. Le premier but de la partie est inscrit
contre son camp par le défenseur central Naza. Au retour des
vestiaires, Juninho égalise d'une frappe énorme qui finit sa
course dans la lucarne d'Ilgner.
La seconde période donne lieu à un spectacle vibrant, avec de belles occasions de part et d'autre ; les supporters brésiliens croient même à un but des leurs. Si le Real Madrid contrôle mieux le cuir, il lui faut s'en remettre à l'assurance de son gardien pour éviter que les éclairs du Vasco n'endommagent ses filets. C'est alors que surgit Raúl, au moment où son équipe en a le plus cruellement besoin et où se profile une inéluctable prolongation. Lancé par une ouverture de 30 mètres de Seedorf, l'attaquant vedette des Merengues efface Vitor, mystifie Odvan et assoit le gardien Carlos Germano avant d'inscrire le but de la victoire.
L'homme du match
A tout juste 21 ans, Raúl González était déjà une star au
moment de se présenter à Tokyo. Aussi, cette finale
n'aura-t-elle fait qu'accentuer la popularité et
l'admiration d'aficionados fous amoureux de leur jeune
attaquant. Lancé dans la Liga à tout juste 17 ans il est entré dans
la légende du club et de l'équipe nationale à force de grosses
performances et de buts opportuns.
"J'ai reçu une super ouverture de Seedorf, j'ai dribblé Vitor puis Odvan et j'ai marqué en devançant la sortie du gardien. Ce dribble a été surnommé l'aguanis", se souvenait Raúl en toute simplicité.
L'entraîneur
"Quand on a des joueurs comme Raúl, on peut compter sur
eux pour faire la différence", déclarait Guus Hiddink,
l'entraîneur madrilène, après la rencontre. Le Néerlandais
offrait au Real Madrid la deuxième Coupe Intercontinentale de son
histoire après 38 ans de pénurie. La saison 1998/99 commençait donc
sur une bonne note, mais ce titre n'allait pas être suivi de
bons résultats, ce qui allait entraîner l'éviction du Batave,
sept mois après son arrivée à Bernabéu.
Hiddink débute sa carrière d'entraîneur au PSV Eindhoven à la fin des années 80, avant de diriger Fenerbahce (90/91) puis Valence (91/94). Entre 1995 et 1998, il préside aux destinées de l'équipe nationale des Pays-Bas. Après son bref passage à Madrid, il se tourne vers un nouveau défi : prendre les rênes de la République de Corée, avec laquelle il atteint la quatrième place de la Coupe du Monde de la FIFA 2002. Cet exploit lui vaudra de devenir une véritable idole pour les supporters asiatiques. Couvert de lauriers, il redevient l'entraîneur du PSV Eindhoven, un poste qu'il cumule avec sa nouvelle fonction à la tête de la sélection australienne.
Tokyo, Stade National, le 1er décembre 1998
Real Madrid bat Vasco da Gama 2:1
Spectateurs: 51514
Arbitre: Mario Sánchez (CHI)
Buts: Nasa (25' csc), Juninho (56'), Raúl
(83')
Real Madrid: Ilgner, Panucci, Sanchís, Sánz,
Roberto Carlos, Hierro, Redondo, Seedorf, Savio (Suker, 89'),
Raúl, Mijatovic (Jarni, 89')
Vasco da Gama: Carlos Germano, Wágner (Víctor,
75'), Odvan, Mauro Galvão, Felipe, Nasa, Luizinho (Guilherme,
85'), Donizete, Luizão