Le match
Du début à la fin, l'Etoile Rouge donne l'impression
que le titre intercontinental ne peut pas lui échapper. Depuis le
sacre de Bari, l'équipe a perdu le milieu de terrain Robert
Prosinecki, mais peut toujours compter sur les talents de Dejan
Savicevic, Vladimir Jugovic ou encore Sinisa Mihajlovic. Ce jour-là
à Tokyo, les Yougoslaves sont tellement dominateurs qu'ils
parviennent à s'imposer confortablement malgré l'expulsion
Savicevic juste avant le repos.
Ils mènent 1:0 depuis la 19e minute, grâce à un but de Jugovic sur un centre de Savicevic. Peu avant l'heure de jeu, Sinisa Mihajlovic décoche une frappe lointaine. Jose Moron, le gardien de Colo Colo, ne peut que repousser le ballon et Jugovic, encore lui, reprend victorieusement à bout portant. Mihajlovic est également à l'origine du troisième but. Il reste 18 minutes à jouer lorsqu'il adresse un joli centre aérien à destination de Darko Pancev, qui trouve les filets d'une belle reprise du pied droit.
La star de l'équipe
Tout comme Savicevic et Mihajlovic, Jugovic a ensuite connu
une brillante carrière en Italie. Intelligent, extrêmement adroit
balle au pied, il fut élu Homme du match de cette Coupe Toyota. En
1996, il inscrit le penalty victorieux de la Juventus, après être
entré en cours de jeu, en finale de la Ligue des champions de
l'UEFA. La même année, il ajoute une deuxième Coupe Toyota à
son palmarès, lorsque la Vieille Dame bat River Plate. Deux ans
plus tard, il participe avec la Yougoslavie à la Coupe du Monde de
la FIFA, France 1998.
L'entraîneur
Avant de conduire l'Etoile Rouge au trophée
intercontinental, Vladimir Popovic avait déjà fait ses preuves à
Belgrade. Dans les années 1960, il porte plus de 500 fois le
maillot rouge et blanc. Il devient capitaine de l'équipe et
remporte quatre championnats de Yougoslavie. Sa carrière de joueur
se termine en Amérique du Sud, où il se lance dans le coaching.
Après avoir fait ses classes au Venezuela et en Colombie, il
revient au pays.
En 1991, il remplace Ljupko Petrovic, le coach qui avait emmené le club jusqu'au titre européen suprême. Pour son deuxième mandat d'entraîneur dans la capitale serbe, il introduit un style plus offensif. Lors de sa première saison aux commandes, ses joueurs empochent un nouveau championnat yougoslave, ainsi que la Coupe Toyota. Il prend ensuite la direction du Pérou, où il devient sélectionneur national. Son dernier poste d'entraîneur le conduit en Afrique du Nord, où il se voit confier les rênes de l'équipe de Libye.
Tokyo, Stade National, le 8 décembre 1991
Etoile Rouge bat Colo Colo 3:0
spectateurs: 60000
Arbitre: Kurt Röthlisberger (SUI)
Buts: Jugovic (19' et 58') et Pancev
(72')
Expulsion: Savicevic (Etoile Rouge, 43')
Etoile Rouge: Milojevic, Belodedici, Radinovic,
Najdoski, Vasilijevic, Mihajlovic, Stosic, Jugovic, Ratkovic,
Savicevic, Pancev.
Colo Colo: Morón, Garrido, Margas, Miguel Ramírez
(Rubio, 60'), Salvatierra (Dabrowski, 65'), Mendoza,
Vilches, Barticciotto, Pizarro, Yánez, Martínez.