L'histoire de l'Olympiastadion de Munich est inextricablement liée aux exploits du 'Bombardier', Gerd Müller. Qui mieux que le meilleur buteur de toute l'histoire de la Mannschaft aurait pu baptiser le stade le 26 mai 1972 ? Devant plus de 80 000 spectateurs médusés, le solide attaquant allemand inscrivait quatre buts lors d'une large victoire 4-1 contre l'Union Soviétique.
Le stade Olympique de Munich est sans aucun doute l'une
des enceintes les plus extraordinaires au monde. Ce chef
d'œuvre constitue un formidable exemple de fonctionnalité
associée à une architecture stylisée. Si certains le trouvent un
peu daté, c'est surtout à cause de la distance qui sépare les
spectateurs du terrain. Pourvu d'une toiture d'une surface
de 75 000 mètres carrés, l'Olympiastadion fait aujourd'hui
encore le bonheur de ses visiteurs. Pour beaucoup, cette
réalisation marque un tournant dans l'histoire de
l'architecture.
A l'automne 1967, le gouvernement lance un grand concours
national afin de trouver le candidat idéal pour réaliser un projet
aussi important. L'année précédente, le Comité international
olympique avait décidé d'accorder l'organisation des Jeux
Olympiques 1972 à la ville de Munich. Malheureusement, à
l'époque, la capitale bavaroise ne dispose d'aucun
équipement sportif digne de ce nom. L'Olympiastadion est donc
bâti en moins de six années, ce qui constitue un exploit
remarquable, surtout si l'on tient compte du fait que le stade
est entouré d'un vaste parc qui comprend un lac de 80 000
mètres carrés.
Le site de trois kilomètres carrés retenu pour la
construction, l'Oberwisenfeld, a longtemps servi de terrain
d'exercice à l'armée de Bavière avant d'être reconverti
en aéroport. Ce sont les architectes du cabinet Günter Behnisch et
associés qui remportent finalement le grand concours, leur idée
d'ajouter un toit amovible faisant la différence. Totalement
révolutionnaire à l'époque, ce concept est aujourd'hui
considéré comme essentiel. On peut donc dire que le stade Olympique
de Munich est la version moderne de son homologue de Berlin,
construit pour les Jeux de 1936.
Précisément trois mois après le match d'inauguration, 80
000 spectateurs se pressent à nouveau dans les gradins pour
assister, sous un soleil de plomb, à la cérémonie d'ouverture
des Jeux Olympiques le 26 août 1972 et au défilé des 121
délégations présentes.
Les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de la
FIFA
L'Olympiastadion est régulièrement le cadre de grands
événements sportifs, que ce soit au plan national ou international.
Ses travées ont vu défiler quelque 50 millions de spectateurs en 32
ans. Sa pelouse de 105 mètres de long pour 68 mètres de large est
pourvue d'arroseurs automatiques et d'un système de
chauffage. Aujourd'hui, la capacité du stade a été réduite à 63
000 spectateurs.
Outre les Jeux Olympiques de 1972, le stade Olympique restera
également dans les mémoires comme le stade dans lequel la R.F.A. a
remporté, le 7 juillet 1974, la finale de la Coupe du Monde de la
FIFA en surclassant les Pays-Bas, pourtant largement favoris.
Déjà championne d'Europe en titre, la R.F.A. débute la
compétition avec l'étiquette de grande favorite.
Malheureusement, ses prestations décevantes lors du premier tour,
surtout en comparaison du football étincelant pratiqué par les
'
OranjesMécaniques' la voient rapidement reléguée au rang
d'outsider.
En finale, les Néerlandais, qui ont pratiqué un football de
rêve pendant tout le tournoi, prennent l'avantage après deux
minutes de jeu seulement. Uli Hoeness accroche Cruyff dans la
surface de réparation et Johan Neeskens transforme le penalty. Les
Allemands reviennent à égalité à la 25e minute, sur un penalty
inscrit par le pétulant Paul Breitner.
A deux minutes de la mi-temps, c'est au tour de Gerd
Müller d'inscrire son nom au tableau d'affichage en
profitant du bon travail de Jürgen Grabowski et Rainer Bonhof. Le
score ne changera plus et la R.F.A. remporte la Coupe du Monde de
la FIFA, au grand dam des Bataves. Müller se souvient :
"J'ai récupéré le ballon, je me suis retourné, j'ai
tiré et c'est rentré. C'était aussi simple que ça. Ce but
est sans aucun doute l'événement le plus important de ma
carrière, même si j'avais été plus prolifique quatre ans
auparavant", avait-il un jour déclaré à
FIFA.com.
La génération hollandaise suivante garde un meilleur souvenir
de l'Olympiastadion : c'est en effet ici que les Pays-Bas
ont battu l'URSS 2-0, en finale de l'Euro 88. La
fantastique reprise de volée de Marco van Basten en pleine lucarne
n'a pas fini de faire parler d'elle.
Des surprises
En 1993, l'Olympique de Marseille remporte la finale de
la Ligue des champions face au Milan AC grâce à un but du défenseur
Basile Boli. Quatre ans plus tard, c'est le Borussia Dortmund
qui remporte cette même épreuve en surclassant, à la surprise
générale, la Juventus Turin (3-1). Au fil du temps, le stade
Olympique a vu défiler les meilleures équipes du monde. Les clubs
les plus prestigieux comme l'Inter Milan, le FC Barcelone, le
Real Madrid et Manchester United sont tous venus défier le Bayern
Munich dans son antre. Les plus grands artistes ont également
défilé sur cette pelouse, dont Diego Maradona, en demi-finale de la
Coupe UEFA 1988/89 avec Naples.
Hélas, cette pelouse chargée d'histoire n'est plus
témoin des exploits des meilleurs joueurs. Le Bayern Munich a en
effet déménagé à l'orée de la saison 2005/06 pour
s'installer au tout nouveau Stade de la Coupe du Monde de la
FIFA, situé au nord de la ville.
Dans un sens, le Bayern Munich partage un peu de son succès
avec l'Olympiastadion : 18 titres de champion, 11 Coupes
d'Allemagne, 4 Coupes d'Europe des clubs champions ou Ligue
des champions (1974, 1975, 1976 et 2001), le titre d'équipe de
l'année 1976 et celui de Champion du Monde des Clubs en 1976 et
2001.
