Les soirs de derby à Rome, dans le cadre majestueux et chargé d'histoire du Foro Italico, la ville éternelle a la fièvre. Quel que soit le classement de l'AS Rome et de la Lazio, les deux gladiateurs des temps modernes en décousent sur la pelouse de l'Olimpico.
Le derby du Campidoglio dépasse largement le simple cadre sportif. Depuis bientôt 80 ans, en schématisant cette rivalité exacerbée, il donne lieu à des retrouvailles bi-annuelles entre les Romains "du cœur profond de la capitale" et ceux "des nouveaux quartiers de la périphérie".
FIFA.com vous emmène à la découverte d'un derby très spécial en raison du cadre exceptionnel d'une ville dont les joutes font partie de son histoire.
Les
origines
Au début des années 1920,
la ville de Rome comptait pas moins de huit clubs évoluant en
première division régionale. Italo Foschi, président
de la Fortitudo Pro Roma, estimait que pour rivaliser avec les
puissantes formations du Nord, il fallait fusionner à l'image
de ce qui se passait dans plusieurs villes comme Florence, Naples ou
encore Bari.
Le 22 juillet 1927, l'Alba Audace, Roman et la Fortitudo s'unissent pour former l'Association Sportive Roma avec pour emblème la Louve du Capitole et pour couleurs le jaune et le rouge, anciennement de la Fortitudo. De 1929 à 1940, l'AS Rome évolue dans le Stade du Testaccio, dans le quartier du même nom, sans doute le plus populaire de la capitale et construit par Silvio Sensi, grand-père de l'actuelle présidente.
La Lazio aurait très bien pu entrer dans cette fusion mais le Général Giorgio Vaccaro, membre du club laziale et futur président de la Fédération italienne de 1933 à 1942, s'y est fermement opposé.
La Société Sportive Lazio a quant à elle vu le jour le 9 janvier 1900 à l'initiative de neuf jeunes romains. Réunis place de la Liberté - lieu où se retrouvent encore chaque année de nombreux supporters pour fêter l'anniversaire du club dans la nuit du 8 au 9 janvier - ils se sont inspirés de l'idéal sportif des Jeux Olympiques d'Athènes de 1896, ce qui explique la couleur bleue pâle du maillot de la Lazio, semblable à celle du drapeau de la Grèce.
La SS Lazio est avant tout un grand club omnisports comprenant une trentaine de disciplines. La section football instituée en 1902 mais officialisée en 1910 étant la sixième plus ancienne d'Italie.
Le premier derby romain a été remporté le 8 décembre 1929 par l'AS Rome, sur le terrain de la Rondinella, sur un but de Rodolfo Volk. La Lazio a dû attendre le 23 octobre 1932 pour s'adjuger sa première victoire (2:1) sur des buts d'Alejandro Demaria et Jose Castelli.
Quelques
chiffres
Même si ces derbies sont en
général serrés, l'AS Rome a un avantage très
net en championnat avec 44 victoires contre 33 pour la Lazio et 54
nuls. Le constat est similaire si l'on prend en considération
tous les matches opposant les deux équipes romaines : l'AS
Rome mène avec 58 victoires pour 60 nuls et 44 défaites,
196 buts marqués contre 157 encaissés.
L'AS Rome a également réussi la plus longue série de derbies victorieux en alignant cinq victoires consécutives entre le 30 octobre 1958 et le 13 octobre 1960 en encaissant un seul but (3:1, 3:0, 3:0, 1:0, 4:0).
Le premier derby disputé dans l'enceinte du Stade Olimpico, le 29 novembre 1953, s'est conclu sur un résultat nul (1:1).
L'AS Rome possède également les victoires les plus larges à domicile (5:0, 1933/34) et à l'extérieur (5:1, le 11 mars 2002).
Anecdotes
et petites phrases
Le 11 mars 1956, le derby romain a dû
être reporté en raison de fortes chutes de neige. Un
événement sans précédent dans l'histoire
du football romain. La Lazio s'est finalement imposée (1:0) le
4 avril 1956, une fois le soleil revenu.
L'attaquant suédois Arne Bengt Selmosson, Laziale de 1955 à 1958 et Romain de 1958 à 1961, est l'unique joueur à avoir marqué des buts dans le derby pour les deux équipes.
Le Romain Vincenzo Montella est le seul joueur à avoir réussi un quadruplé lors du derby (5:1, 11 mars 2002).
Le légendaire capitaine de l'AS Rome, Francesco Totti, présente la particularité de posséder le record de derbies disputés avec 30 participations mais d'être également celui qui en a perdu le plus (11). Petite consolation, dans ce classement insolite, il devance de très peu le tout aussi légendaire Silvio Piola (10 défaites).
"Des derbies j'en ai joué un grand nombre aussi bien à Milan, à Madrid comme à Londres. Mais c'est à Rome que la passion est la plus forte", estime Christian Panucci.
Aujourd'hui
Après un début de saison
difficile, l'AS Rome, dauphine attitrée de l'Inter Milan ces
deux dernières saisons, remonte peu à peu au
classement. Sixième avec 49 points, elle est cependant encore
à cinq unités d'une place qualificative pour la Ligue
des champions de l'UEFA, indispensable à son équilibre
financier. Dans le cas contraire elle serait obligée de se
séparer de certaines de ses vedettes.
La Lazio a suivi une courbe opposée. Longtemps dans les places européennes, elle est désormais neuvième à huit points de l'AS Rome qu'elle accueillera officiellement samedi au Stade Olimpico.

