Les noms Municipal et Comunicaciones évoquent immanquablement l’un des clásicos les plus brûlants d’Amérique centrale. Eternel absent de la Coupe du Monde de la FIFA, le Guatemala se rattrape sur la scène régionale à travers ses deux principaux clubs, dont les duels au sommet sont devenus légendaires. En témoigne la finale du tournoi d’ouverture 2009, qui a mis les deux géants face-à-face.
Surnommés l’Equipe du peuple, les Rojos de Municipal sont portés par un public ouvrier, à l’inverse des Cremas dont les supporters étaient à l’origine issus des classes aisées. Bien que le temps ait nivelé les différences sociales, cette composante a joué un rôle majeur dans l’histoire de leur rivalité.
Les origines
Fondé en 1936, Municipal décroche son premier championnat lors de la saison 1942/43 et entame alors une ascension météorique qui l’amène souvent à croiser la route de son voisin. A eux deux, Municipal et Comunicaciones remportent 18 titres entre 1950 et 1980, période où s’installe une rivalité qui ne fera que croître au fil des ans et ne semble pas près de s’apaiser.
Quelques chiffres
Le partage des lauriers n’a pas pris fin au terme des années 1980, loin de là. Depuis la finale remportée de haute lutte en décembre dernier, Municipal s’enorgueillit de 27 trophées, ce qui en fait le club le plus titré du championnat guatémaltèque. Comunicaciones le suit cependant de près, avec 22 triomphes à son actif.
Quant aux 247 clásicos disputés jusqu’ici, les statistiques sont tout aussi serrées, mais donnent également un léger avantage à l' "Equipe du peuple" : 87 victoires pour les Rojos contre 82 pour les Cremas et 78 nuls.
Anecdotes et petites phrases
Les fans des deux équipes ne manquent jamais une occasion de se chambrer. Les partisans rojos aiment à rappeler que Municipal est le seul club guatémaltèque vainqueur d’une Coupe des Clubs Champions de la CONCACAF, un fait d’armes qui remonte à 1974. Ce à quoi les supporters de Comunicaciones rétorquent que 1974 fut la seule année marquée par l’absence des puissantes cylindrées mexicaines. Les Albos sont, eux, restés par deux fois aux portes de la gloire, défaits précisément par les Aztèques.
Les équipes mexicaines sont très populaires au Guatemala, aussi n’est-il pas surprenant que les Cremas aient adopté le maillot de l’illustre América, tandis que Municipal a choisi les couleurs de Chivas, l’autre tête d’affiche aztèque. Comme de juste, leurs supporters ont également pris fait et cause pour les Águilas et les Rojiblancos.
Curieusement, les deux clubs affirment détenir le record du nombre de titres consécutifs… et ils ont tous deux raison. Comunicaciones s’est imposé à quatre reprises entre 1996 et 2000, avant la mise en place des tournois d’ouverture et de clôture. Pour sa part, Municipal a raflé cinq championnats entre 2004 et 2006. Ainsi, le premier a porté la couronne plus longtemps, et le second plus souvent.. autre prétexte à des échanges de vue enflammés !
Aujourd’hui
La rivalité entre Rojos et Cremas n’a rien perdu de son intensité. Les deux frères ennemis ne s’étant plus affrontés en finale depuis longtemps, les rencontres de décembre 2009 était attendues avec impatience. L’issue des deux chocs sous haute tension s’est jouée sur un seul but.
C’est à son attaquant, l’Argentin Martín Crossa, que Municipal doit d’avoir pris l’avantage à la 88ème minute du match aller. Au retour, les Rojos ont verrouillé leur défense, aidés par leur excellent portier Jaime Penedo, afin de s’assurer six mois de triomphe sur leur ennemi juré.
