Le 26 octobre 1988, le Nacional battait les Argentins de Newell's Old Boys 3:0 au Centenario de Montevideo et s'adjugeait ainsi sa troisième Copa Libertadores. Cinq mois plus tard, le 21 mars 1989 précisément, naissait à 400 kilomètres de là Paysandú Marcelo Nicolás Lodeiro. Le rapport entre les deux ? Rien de moins que le rêve bolsilludos de soulever le trophée suprême sud-américain pour la quatrième fois...
Si la relation entre les deux événements peut paraître exagérée, le milieu offensif n'en demeure pas moins l'un des principaux artisans de la belle campagne du Nacional dans la Copa Libertadores 2009. Preuve en est, il est le meilleur buteur de son équipe (quatre réalisations) dans la compétition. Mais pour disputer la septième finale continentale de son histoire, le club de Montevideo devra remonter le 0:1 concédé en demi-finale aller contre les Argentins d'Estudiantes, à La Plata.
En dépit de son jeune âge, Lodeiro analyse la situation avec sang-froid. "D'un point de vue personnel, jouer un match aussi important est un rêve. Je veux en profiter à fond, car c'est le genre de choses que vous risquez de ne vivre qu'une seule fois dans votre vie. Pour le groupe, pour le club et même pour le football uruguayen, c'est également un rendez-vous capital, car il y a déjà 20 ans que nous n'avons plus gagné la Copa Libertadores", affirme Nico en exclusivité pour FIFA.com, à quelques heures du match retour contre les Pincharratas.
Les leçons de l'aller
Si la défaite à La Plata a mis fin à l'invincibilité du Nacional dans le tournoi, la leçon semble avoir été retenue. "Nous avons eu pas mal de possession mais nous avons manqué de profondeur et abusé des longs ballons vers l'avant. Leurs défenseurs renvoyaient systématiquement de la tête, sans être vraiment inquiétés. Au retour, nous devrons évoluer plus haut et pratiquer un jeu plus triangulaire pour que nos attaquants soient moins isolés. C'est ainsi que nous pourrons trouver la faille dans leur défense. Nous sommes optimistes. Un avantage d'un but n'est pas décisif. Nous pouvons très bien renverser la vapeur", insiste Lodeiro.
L'un des principaux sujets de conversation à l'approche de cette demi-finale retour est l'absence confirmée de Juan Sebastián Verón. Le fer de lance et capitaine du Pincha s'est blessé et le milieu de terrain du Bolso, fidèle à son style, admet ne pas s'en plaindre : "C'est évidemment mieux pour nous s'il ne joue pas. À l'aller, nous avons relâché notre surveillance pendant une seconde. Il ne lui en a pas fallu plus pour se mettre en position, frapper et marquer le seul but de la partie. Cela dit, Estudiantes est une équipe compacte et parfaitement rodée en attaque comme en défense, avec ou sans Verón. Ça va encore être une rencontre extrêmement difficile".
Les supporters du Nacional n'avaient pas fait le déplacement à La Plata, les dirigeants des deux clubs n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur le nombre de billets réservés aux visiteurs. Même scénario donc pour ce match retour où, dans son antre du Centenario, le Bolso sera soutenu par 60 000 aficionados qui ont déjà préparé un tifo composé de ballons rouges, bleus et blancs. La pression monte-t-elle ? "Oui, c'est normal. Non seulement c'est à nous d'aller chercher le résultat, mais en plus il y a longtemps que le club n'a pas disputé un match aussi important. La pression fait partie du football : il faut l'assumer et réussir à l'utiliser en votre faveur".
"J'aime les responsabilités"
À 20 ans, Lodeiro occupe déjà un rôle-clé au Nacional. "Je suis le milieu de terrain le plus avancé, un peu à la manière d'un numéro 10. Par conséquent, le jeu de l'équipe dépend beaucoup de moi. Ça ne me dérange pas. Au contraire, j'aime bien ce genre de responsabilités. Mais je ne veux pas tirer la couverture à moi : si nous sommes en demi-finale, c'est avant tout grâce au collectif", prend-il le soin de préciser.
Lodeiro joue comme il parle, franchement et sans détours. "Je dis ce que je pense et je me comporte de la même façon balle au pied. En règle générale, je suis les consignes de l'entraîneur mais parfois, j'entreprends des choses qui sortent de l'ordinaire, aussi bien dans mon positionnement que dans mes gestes techniques. Par exemple, je n'hésite pas à faire des petits ponts, même si ça n'est pas particulièrement recommandé par le coach. C'est mon style. C'est comme ça", déclare-t-il ouvertement.
Son nom circule déjà en Europe et sa participation à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009 ne pourra qu'accroître sa notoriété. Pourtant, Lodeiro ne pense qu'au présent. "Je me sens chez moi au Nacional. Je suis né loin à l'intérieur des terres et je suis arrivé ici très jeune. C'est ici que j'ai grandi et je veux rester dans l'histoire de ce club. Je suis un supporter fanatique du Nacional et mon vœu le plus cher est de lui rendre tout ce qu'il m'a donné. J'en ai maintenant l'opportunité".


