Rogerio Ceni, capitaine de São Paulo, lève fièrement le trophée de la Copa Libertadores, entouré par tous ses coéquipiers. Parmi eux : Diego Lugano, Cicinho, Junior, Mineiro, Josue, Amoroso, Luizao et Souza. La coupe passe de mains en mains, dans une ambiance de joie intense et difficilement descriptible.

Quatre ans plus tard, Souza, l'un des participants à cette épopée, n'a qu'une idée en tête : revivre un instant de bonheur comparable sous les couleurs de son nouveau club. En 2009, la campagne continentale du Grêmio a on ne peut mieux commencé, avec une qualification brillante pour les huitièmes de finale. Le Tricolor gaúcho a en effet bouclé le premier tour avec les meilleurs chiffres, tous groupes confondus. Après avoir écarté San Martin et Caracas, en huitièmes et en quarts de finale respectivement, l'équipe de Porto Alegre a vu son élan sérieusement freiné en demi-finale aller. Lorsque Fabinho inscrit le troisième but du Cruzeiro à mi-parcours de la deuxième mi-temps, portant le score à 3:0 pour la formation de Belo Horizonte, on ne donne plus cher des chances des ciel et noir.

C'est alors qu'intervient Souza. Sur un coup franc de 25 mètres, le milieu offensif gaúcho enveloppe un ballon qui vient caresser l'intérieur du poteau gauche de Fabio. Le gardien de la Raposa n'a pas le temps d'esquisser le moindre geste. À 3:1, la donne n'est évidemment plus la même en vue du match retour. "Le but de Souza nous permet d'espérer", commentait le président du Grêmio Duda Kroeff juste après la rencontre. "Si nous l'emportons 2:0 chez nous, nous jouerons la finale de la Libertadores."

"Nos supporters peuvent faire la différence"
C'est exactement ce que le Grêmio tentera de faire ce soir, à l'occasion de la réception du Cruzeiro dans son chaudron de l'Olimpico, à Porto Alegre. Si tous les supporters du Tricolor comptent beaucoup sur leur numéro 8 pour forcer le destin, le sentiment est réciproque.

"J'espère que le stade sera archicomble", affirme Souza. "Nous en avons besoin. Plus que jamais. Nos supporters peuvent faire la différence. Ils sont vraiment fantastiques et ce soir, ils auront devant eux 11 joueurs morts de faim."

Paulo Autuori, l'entraîneur du Grêmio, était aux commandes de São Paulo lors du sacre de ce dernier dans la Copa Libertadores 2005. Ironie du sort, c'est également lui qui a conduit le Cruzeiro au titre suprême continental en 1997. Il a donc assisté de près à la transformation de Souza en l'un des meilleurs joueurs du championnat brésilien. En 2005, le Tricolor paulista et son habile droitier avaient fait une véritable razzia sur les titres : championnat d'État pauliste, Copa Libertadores et Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.

À cette époque, Souza avait 26 ans et occupait la plupart du temps un rôle de remplaçant. Lorsqu'il entrait en jeu, c'était souvent à une position autre que son poste privilégié, à savoir milieu offensif. Aujourd'hui âgé de 30 ans, il est titulaire incontesté au Grêmio. Plus, il en est le joueur emblématique.

"Réaliser le match parfait"
Fort de ses cinq buts inscrits en 11 rencontres dans cette 50ème édition de l'épreuve reine en Amérique du Sud, Souza affiche une sincère détermination à la veille de cette demi-finale retour. "J'ai déjà traversé des périodes difficiles dans ma vie. Je n'ai pas toujours mangé à ma faim", explique-t-il. "Alors jouer un match devant 50 000 personnes ne m'intimide pas. Au contraire, j'adore ça."

Le natif de Maceio, comme Mario Zagallo et Pepe, le défenseur du Real Madrid, n'a de cesse d'encourager ses coéquipiers à livrer le match de leur vie afin d'atteindre la finale et, si possible, de marcher dans les pas de leurs ancêtres vainqueurs de la Libertadores en 1983 et 1995. Un exploit qui serait synonyme de qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Émirats arabes unis 2009. "Nous devrons réaliser le match parfait", résume-t-il.

"Il faudra être irréprochable dans tous les secteurs : marquage serré, pas d'erreurs, aucun but encaissé. Chaque joueur devra être à son meilleur niveau. Ça va être dur mais rien n'est impossible en football. En donnant tout ce que nous avons, nous avons une chance d'aller en finale."