Après 132 matches disputés, la Copa Libertadores 2009 connaît enfin ses deux finalistes : les Argentins d'Estudiantes de La Plata, tombeurs du Nacional Montevideo, et les Brésiliens du Cruzeiro, qui ont écarté leurs compatriotes du Grêmio. Ironie du sort, les deux finalistes ont déjà croisé le fer dans la phase de groupes de cette 50ème édition de l'épreuve suprême sud-américaine. À cette occasion, la Raposa s'était imposée 3:0 à Belo Horizonte et le Pincha 4:0 à La Plata. FIFA.com revient maintenant sur toute l'action des demi-finales retour.

Le match
Nacional (URU) 1:2 Estudiantes de La Plata (ARG)
Buts : Alexander Medina (75') pour le Nacional ; Mauro Boselli (52' et 90'+1') pour Estudiantes

S'il manquait encore un examen à Estudiantes pour justifier son statut de candidat au titre continental, le Pincha l'a passé avec mention en Uruguay. En l'absence de Juan Sebastián Verón et devant 50 000 supporters entièrement dévoués à la cause de leur adversaire, l'équipe de La Plata a battu Nacional et validé ainsi son billet pour la cinquième finale de Libertadores de son histoire, la première depuis 1971.

Quelles ont été les atouts des visiteurs au Centenario de Montevideo ? De la discipline d'abord, pour ne pas céder les rares fois où Nacional a poussé, avec autant de cœur que de déchet technique ; de la solidarité, afin d'assurer un marquage redoublé et ne pas donner d'espace à l'adversaire ; enfin du sang-froid, pour profiter au mieux des occasions et être en mesure de défendre assez haut. Au bout du compte, les Pincharratas signent un succès convaincant sur l'ensemble des deux matches (3:1) et sont à une finale de leur quatrième couronne continentale.

L'homme du match
Mauro Boselli (Estudiantes)

À l'aller, l'attaquant de 24 ans avait perdu un face-à-face avec le gardien Rodrigo Muñoz. Cela n'a manifestement pas entamé sa confiance, comme en témoigne le doublé qu'il a réussi à Montevideo : ouverture du score sur un ballon piqué au-dessus du portier sorti à sa rencontre, deuxième but dans les arrêts de jeu sur un tir du droit, après avoir dribblé le dernier rempart de Nacional. Avec sept réalisations, Boselli pointe ainsi en tête du classement des buteurs de cette Libertadores, à égalité avec deux autres joueurs dont les équipes respectives sont toutefois déjà éliminées de la compétition.

La stat
800 - Comme le nombre de minutes successives pendant lesquelles Mariano Andújar n'a pas été battu en Copa Libertadores. Le gardien d'Estudiantes établit ainsi un nouveau record sur la scène continentale. Avant la réduction du score de Medina, Andújar s'était incliné pour la dernière fois le 10 mars dernier, lorsque Léider Preciado avait offert le but de la victoire au Deportivo Quito à cinq minutes du terme. Le précédent record était détenu par un autre argentin, Hugo Gatti, resté invaincu pendant 766 minutes entre les éditions 1975 et 1976 de la Copa Libertadores. Gatti avait débuté sa série à River Plate, pour la terminer sous le maillot de... Boca Juniors.

Entendu...
"C'est très triste. Nous arrivons tout près de la finale et c'est d'autant plus dur, car le rêve avait grandi. Mais il faut savoir quitter la compétition la tête haute. Ce que nous avons réalisé est bon pour le football uruguayen. Cela faisait longtemps qu'un club de notre pays n'était pas allé aussi loin", Alexander Medina, attaquant de Nacional


Le match
Grêmio (BRA) 2:2 Cruzeiro (BRA)
Buts : Rever (54'), Souza (74') pour Grêmio ; Wellington Paulista (34' et 36') pour Cruzeiro

Cruzeiro a une nouvelle fois démontré son extraordinaire capacité à frapper au meilleur moment. En parvenant à neutraliser Grêmio (2:2) à Porto Alegre, la formation de Belo Horizonte atteint sa première finale de Libertadores depuis 1997, la quatrième de son histoire.

Dans cette demi-finale retour, le verdict est tombé dès la première mi-temps, dans un scénario similaire à celui du match aller : le Tricolor gaúcho a fait le jeu et la Bestia Negra s'est chargée de marquer des buts. Après le doublé de Wellington Paulista en première période, les locaux ont réussi à recoller au score. Par orgueil, mais aussi et surtout parce que Cruzeiro, qui dès lors aurait dû encaisser cinq buts pour être éliminé, a quelque peu relâché sa vigilance.

L'entraîneur Adilson Batista peut encore gommer quelques imperfections défensives, mais il peut aussi compter sur une attaque réellement impressionnante. En 12 matches, ses hommes ont toujours trouvé la faille, à une exception près : contre Estudiantes à La Plata, leur futur adersaire en finale...

L'homme du match
Wellington Paulista (Cruzeiro)

Après avoir ouvert le score à l'aller, l'attaquant cruzeiriste a encore utilisé à la perfection son sens du déplacement pour se retrouver libre de tout marquage et donner à son équipe une avance de deux buts en autant de minutes : le premier sur une passe en retrait de Kléber et l'autre de la tête sur un centre de Léo, après avoir déjoué le piège du hors-jeu. Avec cinq réalisations dans l'édition 2009 de la Copa Libertadores, l'attaquant de 26 ans est aujourd'hui le meilleur finisseur de son équipe.

La stat
2 - Comme le nombre de finales de Libertadores disputées par Cruzeiro contre des équipes argentines. En 1975, il avait battu River Plate 3:2 lors de la belle (4:1 à l'aller, 1:2 au retour). L'année suivante, contre Boca Juniors, la troisième rencontre (1:0 à l'aller et 0:1 au retour) avait tourné à l'avantage des Argentins, à l'issue de la série des tirs au but (0:0 après prolongation).

Entendu...
"Je ne crois pas que les matches que nous avons déjà disputés contre Estudiantes puissent servir de référence. Une finale est quelque chose à part. Celui qui aura le plus envie et qui produira le plus de jeu l'emportera, c'est clair. Ce qui est certain, c'est que notre équipe a tout ce qu'il faut pour aller au bout", Kléber, attaquant du Cruzeiro