Il y a encore quatre ans, personne ou presque ne connaissait Umm Salal. En l'espace de quelques mois, ce club autrefois modeste s'est pourtant imposé comme l'un des principaux acteurs du football qatari. Après avoir remporté la Coupe de l'Emir du Qatar en 2008, cette équipe basée à une vingtaine de kilomètres au nord de Doha a créé la surprise en s'invitant en demi-finale de la Ligue des champions de l'AFC. Désormais, joueurs et supporters se prennent à rêver de remporter la plus prestigieuse des compétitions asiatiques et de représenter le continent lors de la prochaine Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.

FIFA.com s'est entretenu avec le président Sheikh Faisal Bin Hamad Al-Thani, l'entraîneur Gérard Gili et le capitaine marocain Aziz Ben Askar pour tenter de comprendre comment cette obscure formation de deuxième division avait pu s'élever si rapidement vers les sommets du football asiatique.

Umm Salal a été fondé en 1979 sous le nom d'Al-Ta'awun, avant d'être rebaptisé Umm-Salal Sports Club en 2004. Pour Sheikh Faisal, ce changement d'identité marque un tournant dans l'histoire du club. "Notre réussite actuelle est le résultat d'un effort commun, entamé à cette époque. Quand j'ai pris les commandes du club, il se trouvait en deuxième division. Nous avons alors décidé qu'il fallait progresser par paliers. Le premier objectif que nous nous sommes fixé fut d'accéder à la Stars League".

Une ascension fulgurante
"Pour notre première saison parmi l'élite, nous visions simplement le maintien", poursuit Sheikh Faisal. "Nos résultats ont largement dépassé nos espérances, puisque nous avons terminé dans les quatre premiers. En outre, nous avons également remporté la Coupe de l'Emir du Qatar".

"Dans une large mesure, nos ambitions ont été récompensées par notre qualification pour les demi-finales de la Ligue des champions. Toutefois, nous ne comptons pas en rester là. Nous ne serons satisfaits qu'une fois que nous aurons remporté cette compétition. Nous souhaitons également gagner d'autres titres, notamment le championnat du Qatar".

Umm Salal a accédé à la première division qatarie sous la houlette de Hasan Harmatullah. L'année suivante, c'est le Français Laurent Banide qui a mené l'équipe à la victoire en Coupe du l'Emir du Qatar. Cependant, beaucoup estiment aujourd'hui que l'arrivée de Gérard Gili a permis au club de franchir un palier.

L'ancien entraîneur de Marseille se veut pourtant modeste : "Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est avant tout parce que tout le monde s'est donné à fond au cours des dix derniers mois. Mon discours est très bien passé, ce qui explique que nous nous trouvions dans une position si favorable".

Il nous reste encore trois matches à disputer pour remporter ce titre. Nous avons la possibilité de devenir la meilleure équipe d'Asie, alors il faut y croire !
Gérard Gili, entraîneur du club qatarie d'Umm Salal

Gili voit son association avec Umm Salal comme un heureux mariage. Toutefois, le technicien français espère que les dirigeants poursuivront leurs investissements, afin de permettre à son équipe de s'imposer comme l'une des places fortes du football qatari sur le long terme. Son président a d'ores et déjà annoncé que le club allait se doter d'un centre de formation calqué sur celui d'Arsenal.

De son côté, le capitaine Aziz Ben Askar avoue que les joueurs sont les premiers surpris de leur réussite actuelle, d'autant que personne ne les imaginait dépasser la phase de poules. "Pour être honnête, nous ne nous attendions pas à aller si loin. Nous avons pris un bon départ contre Al-Jazira et les victoires se sont enchaînées ensuite".

"Notre réussite en Ligue des champions témoigne de la qualité du championnat du Qatar et des efforts réalisés par le club. L'équipe n'a pas beaucoup bougé depuis quatre ans. Hasan Harmatullah a posé les fondations de la belle maison que nous sommes en train de construire aujourd'hui", poursuit le Marocain.

Umm Salal est la première formation qatarie à atteindre ce stade de la compétition depuis l'adoption du nouveau format en 2003. Désormais, Sheikh Faisal a fixé pour objectif à ses joueurs de remporter la compétition pour accéder à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2009. "Etre champion d'Asie, ce serait déjà formidable, mais jouer contre les meilleures équipes du monde, ce serait encore mieux. Tout le monde rêve d'évoluer un jour à ce niveau", confie le président.

Et Gili de conclure : "Il nous reste encore trois matches à disputer pour remporter ce titre. Tout ce qui nous intéresse pour le moment, c'est de poursuivre sur notre lancée. Nous avons la possibilité de devenir la meilleure équipe d'Asie, alors il faut y croire !"