À la veille de la finale retour de la Ligue des champions de la CAF 2009, la ville de Lubumbashi se prépare à faire une fête telle qu'elle n'en a plus connue depuis 40 ans. La défaite de son équipe phare, le TP Mazembe Englebert, au match aller, n'y change rien. Le fait est que le club du sud de la RD Congo n'a plus remporté le titre suprême du continent africain depuis plus de 40 ans. En outre, cela fait presque autant d'années que Lubumbashi n'a plus accueilli une rencontre de cette envergure. Mais pour que l'histoire se termine bien pour les Corbeaux, ces derniers devront renverser la vapeur après leur défaite, le week-end passé, face au Heartland FC. Chez eux à Owerri, les Nigérians avaient d'abord été menés au score, avant d'égaliser puis de prendre l'avantage (2:1).
À domicile, dans une enceinte qui surprenait par son dénuement et sa faible capacité, Mazembe ne s'est pratiquement jamais incliné depuis un an. Mais depuis quelques semaines, le stade Kenya subit une rénovation de fond en comble en vue de la finale. L'équipe de Lubumbashi avait certes perdu 2:0 chez elle en demi-finale retour contre Al Hilal, mais la partie s'était disputée au stade Kibasa Maliba. En outre, les Congolais avaient quelque peu relâché leur concentration en raison sans doute de leur large succès (5:2), à l'aller au Soudan.
L'excitation est telle à l'approche du grand rendez-vous de samedi que Mazembe a peaufiné sa préparation... à l'étranger, en l'occurrence à Harare. Cela avait déjà été le cas avant la finale aller. Il est vrai qu'au Zimbabwe, les joueurs dirigés par Diego Garzitto peuvent s'entraîner dans un anonymat relatif. "Tout reste à jouer. Je pense qu'avec l'appui de nos supporters, nous devrions pouvoir l'emporter à domicile", annonce le technicien franco-italien.
En RD Congo, on ne rêve que d'une chose : renouer avec le passé glorieux du football national de la fin des années 1960 et du début de la décennie 1970, à l'époque où le Zaïre dominait le football africain. Mazembe avait fait main basse sur la Coupe d'Afrique des Champions en 1967 et 1968, puis avait été finaliste malheureux deux fois d'affilée. Samedi, le président congolais Joseph Kabila assistera à la rencontre, en compagnie du gratin du football africain.
Le plus grand footballeur congolais de tous les temps, Pierre Kalala, sera lui aussi dans les tribunes, tout comme Tshimenu Bwanga, qui viendra de Belgique pour l'occasion. Avec le Zaïre, Bwanga a disputé la Coupe du Monde de la FIFA 1974 en Allemagne de l'Ouest. L'ancien capitaine du Tout Puissant prévient : "Cette défaite de l'aller n'est pas un mauvais résultat, à condition de faire un match très sérieux au retour. Si ce n'est pas le cas, les choses pourraient vite mal tourner".
"Cela me rappelle la finale 1970. La situation était identique. Nous avions perdu la finale aller 2:1 contre les Ghanéens d'Asante Kotoko. Au retour, nous avions concédé le nul 1:1. La clé du match pour les joueurs de Mazembe, samedi, sera de ne pas concéder de but et de rester concentrés pendant toute la partie".
Heartland, de son côté, atterrira Lubumbashi en provenance de Port Harcourt seulement 24 heures avant la rencontre. Plus tôt dans la compétition, en phase de groupes, les Nigérians avaient déjà affronté Mazembe et s'étaient inclinés 2:0. "Devant leur public, ils auront la pression. À nous de concrétiser les occasions que nous nous créerons. Je pense qu'il faudra marquer si nous voulons gagner cette coupe", prédit l'entraîneur du Heartland FC, Kelechi Emetole.
Le vainqueur de la Ligue des champions de la CAF représentera l'Afrique, le mois prochain à Abu-Dhabi, en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.


