
De prime abord, l'affiche de la finale de la O-League de l'OFC 2012 a un air de déjà-vue. D'un côté, on retrouve l'un des deux géants du football néo-zélandais, en l'occurrence Auckland City. De l'autre, une équipe montante de la région. À l'heure d'aborder son périlleux déplacement en Nouvelle-Zélande, l'AS Tefana présente néanmoins quelques particularités, qui la distinguent des autres challengers.
D'abord, les Tahitiens sont les premiers représentants de Polynésie à atteindre ce niveau de la compétition depuis l'adoption du nouveau format, il y a cinq ans de cela. Ensuite, l'AS Tefana est la première formation, depuis L'AS Pirae en 2006, à se hisser en finale du tournoi continental.
Double vainqueur de l'épreuve et tenant du titre, Auckland City partira avec la faveur des pronostics. Les supporters de Tefana rêvent pourtant de voir leur équipe marcher sur les traces de Hekari United. Lauréat du trophée en 2010, le club de Papouasie-Nouvelle-Guinée est à ce jour le seul à avoir brisé le monopole exercé par les Néo-Zélandais. Au terme de la deuxième manche, disputée le 12 mai au stade Louis Ganivet de Papeete, on connaîtra le nom du nouveau champion d'Océanie, qui représentera le continent lors de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2012.
Ambitieux Tahitiens
Contrairement à son adversaire, Tefana a dû puiser dans ses ressources pour forcer les portes de la finale. Les Tahitiens ont notamment remporté un duel à quitte ou double contre les Fidjiens de Ba, à l'occasion de la dernière journée. Pourtant, tout a commencé par une terrible défaite 10:0 contre Waitekere. Un record. Les insulaires ont fait preuve d'une détermination extraordinaire pour prendre leur revanche et boucler leur parcours sur un succès retentissant (5:0) devant Ba.
Il n'en fallait pas moins pour retrouver une différence de buts positive et accéder par la même occasion à la finale. Seule ombre au tableau, Tefana ne participera pas à l'épreuve continentale l'année prochaine, quelle que soit l'issue de la double confrontation contre Auckland. En effet, l'AS Dragan a remporté le championnat de Tahiti la semaine dernière.
Privés du milieu de terrain Sébastien Labayen pour cause de suspension, les visiteurs restent sur deux déplacements catastrophiques en Nouvelle-Zélande : outre la défaite record concédée à Waitakere en octobre, joueurs et supporters gardent un souvenir cuisant de la leçon (5:0) infligée par Auckland l'année précédente. "Nous ne serons effectivement pas favoris", reconnaît l'entraîneur Laurent Heinis. "La tâche s'annonce difficile mais nous miserons sur nos points forts. Auckland possède une bonne équipe mais je crois que notre statut d'outsider va jouer en notre faveur. Nous n'aurons pas à nous soucier de la pression."
Un favori qui doute
Présenté comme l'un des favoris dans la course au titre de champion de Nouvelle-Zélande, Auckland a subi une défaite inattendue en demi-finale. À l'approche d'une double confrontation décisive en O-League, ce revers tombe plutôt mal. Si Tefana semble sur la pente ascendante, il n'en va pas de même pour City, qui a conclu la phase de groupes par un nul contre Hekari et une courte défaite (1:0) sur le terrain de l'Amicale (Vanuatu).
L'entraîneur Ramon Tribulietx n'a pas oublié la performance courageuse de son équipe lors de la précédente Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Le technicien espagnol assure que ses joueurs rêvent de retrouver cette compétition. "Nous sommes très motivés. Nous avons commis un faux pas ce week-end mais nous allons vite nous reprendre et tout faire pour l'emporter. C'est le titre le plus prestigieux en Océanie. À nous de faire le nécessaire pour le conserver."











