Depuis une décennie, Petr Cech s'est imposé comme l'un des portiers les plus fiables de la planète. Si les Blues ont remporté en 2012 la première Ligue des champions de l'UEFA de leur histoire, ils le doivent en grande partie à l'efficacité de leur dernier rempart.

En finale, l'international tchèque a arrêté un penalty du Bayern Munich pendant la prolongation. Quelques minutes plus tard, il s'est de nouveau illustré en repoussant deux tentatives allemandes lors de la séance de tirs au but. Grâce à ce succès historique, Chelsea disputera la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2012, qui débute le 6 décembre prochain au Japon.

FIFA.com a rencontré l'ancien Rennais pour évoquer en sa compagnie Japon 2012, les évolutions du club londonien depuis son arrivée et les gardiens qui, selon lui, dominent actuellement la discipline.

Petr Cech, êtes-vous impatient de disputer la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2012 ?
J'ai hâte d'y être car c'est une compétition à laquelle je n'ai encore jamais eu l'occasion de participer. Rares sont ceux qui peuvent se vanter d'avoir remporté cette Coupe du Monde. C'est un tournoi très particulier, réservé aux vainqueurs des Ligues des champions. J'aimerais bien ajouter ce titre à mon palmarès. Après notre échec en finale de la Supercoupe d'Europe, ce trophée nous donnerait l'occasion de bien relancer notre saison.    

Cette compétition représente-t-elle quelque chose de différent pour vous et pour Chelsea ?
Ici, personne n'a connu ça. Ce sera donc une nouveauté pour tout le monde. Toutefois, nos joueurs ne manquent pas de vécu : les Espagnols ont gagné la Coupe du Monde, l'EURO et la Ligue des champions. Cette expérience nous sera précieuse, au moment d'aborder le tournoi. Ce sera aussi l'occasion de nous confronter à d'autres styles de jeu, notamment face aux Sud-Américains.

Chelsea a souvent échoué aux portes de l'exploit en Ligue des champions de l'UEFA. Vous avez-vous-même vécu quelques-uns de ces revers aux premières loges. Que représente ce premier sacre européen pour votre club ?
Cette victoire va nous permettre de prendre une autre dimension. Nous entendions sans cesse dire que nous étions une bonne équipe, que nous avions gagné tous les titres en Angleterre, mais que la Ligue des champions manquait à notre palmarès. Nous voulions absolument remédier à cette lacune. Nous étions régulièrement présents en demi-finale. Nous avons aussi joué de malchance à Moscou en finale de l'édition 2008, contre Manchester United. Mais tout cela nous a confortés dans l'idée que notre jour viendrait. C'est arrivé alors que plus personne ne croyait en nous. Pourtant, nous avons eu le sentiment de réaliser un bon parcours. Nous avons failli être éliminés à trois reprises et, à chaque fois, nous avons trouvé les ressources nécessaires pour inverser la tendance. On sentait que l'équipe avait mis toute son énergie dans la Ligue des champions, parfois au détriment du championnat. C'est à ce moment-là que nous avons compris que cette année serait peut-être la bonne.   

Qu'est-ce qui a changé, depuis votre arrivée à Londres ?
Je crois que les attentes ont changé, comme l'image du club en général. Quand je suis arrivé, Chelsea n'avait jamais gagné le championnat. José Mourinho venait d'être nommé et tout le monde disait : "si vous faites une bonne saison, vous vous qualifierez pour la Ligue des champions, ce serait déjà un début intéressant." Mais Mourinho est arrivé avec d'autres idées. Il ne voulait pas réussir ses débuts, il voulait gagner le championnat. L'équipe a rapidement trouvé ses marques et les résultats se sont enchaînés. Nous avons gagné deux titres d'affilée. Tout à coup, nous n'étions plus un prétendant parmi d'autres. Nous étions champions et nous voulions rester en haut de l'affiche. C'était un changement important. Nous sommes restés au sommet, ce qui n'est jamais chose facile. Certaines équipes remportent le championnat une fois et disparaissent. Ça n'était pas notre cas. Nous voulions nous maintenir parmi les deux premiers et jouer le titre tous les ans. Depuis que je suis là, nous avons régulièrement fait jeu égal avec Manchester United. Nous n'avons pas toujours eu le dessus mais nous étions toujours là, en tête, en demi-finale de la Ligue des champions, à disputer de grands matches. Un jour ou l'autre, nous allions forcément finir par remporter cette Ligue des champions. Ça nous a pris huit ans. C'est long mais nous avons souvent été malchanceux, au cours de cette période.   

Avez-vous été surpris de voir avec quelle rapidité l'équipe s'était relancée la saison dernière, notamment après la nomination de Roberto Di Matteo ?
Nous avons débuté la saison et, tout à coup, nous avons commencé à peiner en championnat. Nous avons dû nous battre comme des chiffonniers en Ligue des champions pour sauver notre saison. Nous avons gagné contre Valence à domicile, alors que nous étions sous pression. Nous avons validé notre billet en livrant un très bon match. C'était de bon augure. Le match aller contre Naples a changé beaucoup de choses. André Villas-Boas a été remercié et Roberto Di Matteo a pris la relève. Puis, nous avons enchaîné les bons résultats en coupe et en championnat. Tout ça nous a permis d'inverser la tendance contre Naples. Il fallait que l'équipe soit très forte pour se relancer de la sorte, après avoir totalement sombré à l'aller. Contre Barcelone, nous avons montré que nous savions gérer la pression. Nous l'avons encore prouvé en finale. Nous avons démontré une belle force de caractère dans ces matches. Les gens ont dit que nous avions eu de la chance. Je ne suis pas d'accord. Il faut jouer 13 matches pour gagner la Ligue des champions. On ne peut pas être chanceux à tous les coups. Il faut se battre, il faut bien défendre, il faut être bien organisé. Quand on joue à dix pendant une heure à Barcelone, on ne peut rien laisser au hasard. Nous avons franchi tous ces obstacles. Ça ne peut pas être de la chance.   

Avez-vous le sentiment de vous trouver au sommet de votre art ?
On dit souvent que les gardiens atteignent leur meilleur niveau avec la trentaine. C'est aussi mon impression. Je me sens bien. À vrai dire, je me suis toujours senti bien mais je suis heureux d'être arrivé à 30 ans et d'aimer encore mon métier. J'aime le football. Peut-être que cela se ressent dans ma manière de jouer.

Quels sont vos gardiens préférés, en Premier League et dans le reste du monde ?
On ne peut pas choisir un seul gardien car nous jouons tous dans des championnats différents. Le choix n'est pas facile mais je crois qu'il faut se baser sur la constance et sur l'impact du gardien sur les résultats de son équipe. On pense tout de suite à Iker Casillas, Manuel Neuer et Gianluigi Buffon, trois joueurs qui pèsent beaucoup sur les performances de leur club. Je crois que Joe Hart sera bientôt à leur niveau. Il joue régulièrement en Ligue des champions et en équipe d'Angleterre, ce qui constitue un gros avantage. Il a largement contribué au sacre de Manchester City la saison dernière et j'ai le sentiment qu'il est reparti sur les mêmes bases cette année. Je crois que c'est ainsi qu'il faut juger les gardiens. Ces types-là sont au sommet depuis des années et ils sont toujours aussi efficaces.